Voeux de l’ambassadeur Nicolas Niemtchinow aux ONG.

L’Ambassadeur Nicolas Niemtchinow a présenté ses vœux le 22 janvier aux ONG, actives à Genève dans le domaine humanitaire et des droits de l’homme.

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Il est d’abord revenu sur le contexte particulièrement lourd de ce début d’année 2015 suite aux attentats perpétrés à Paris et a rappelé que la France sort de cette épreuve avec une détermination totale pour défendre au plan international, et notamment au Conseil des Droits de l’Homme à Genève, les libertés d’expression et de la presse.

L’Ambassadeur a ensuite rappelé que nous assistons aujourd’hui à une multiplication des crises :
- au Moyen-Orient, où une organisation barbare, Daesh, tente de prendre la dimension d’un Etat et déstabilise toute une région,
- en Europe de l’Est, où le conflit ukrainien a déjà fait plus de 5000 morts et remet en cause les principes sur lesquels notre sécurité collective était fondée depuis la fin de la guerre froide,
- en Afrique de l’Ouest, où Ebola s’ajoute à la menace terroriste de Boko Haram pour déstabiliser de nombreux pays (Nigeria, Tchad…).

Dans le monde globalisé actuel, ces crises ne peuvent plus être regardées comme régionales et le rôle de Genève se trouve être déterminant à double titre y répondre :
- ces crises présentent à la fois une dimension humanitaire (car il faut répondre à l’urgence) et une dimension « droits de l’Homme » (car il faut s’attaquer à la racine de ces crises pour y mettre un terme durablement),
- si le Conseil de sécurité se trouve à New-York, le Conseil des droits de l’Homme, et de nombreuses agences des Nations Unies telles que le Haut-commissariat pour les réfugiés, le Comité international de la Croix-Rouge et l’Organisation mondiale de la santé sont à Genève,

Genève a donc un rôle majeur à jouer : non seulement pour définir la réponse de la communauté internationale à tous ces défis, mais aussi et surtout pour la mettre en œuvre sur le terrain.

L’Ambassadeur a tenu à souligner auprès des ONG présentes que la France se mobilisera en 2015 en faveur de la lutte contre l’impunité et d’une réponse humanitaire efficace.

En matière de lutte contre l’impunité, la France entend rester très active sur le dossier syrien où elle continuera de soutenir le travail de la Commission d’enquête internationale sur la situation des droits de l’Homme qui effectue un travail essentiel de collecte des preuves des crimes commis en Syrie. La France continuera également de défendre un accès effectif des acteurs humanitaires aux populations les plus vulnérables en Syrie comme dans les pays voisins. La France promouvra enfin un meilleur respect du droit international humanitaire, en partenariat avec le CICR et la Suisse, dans un contexte où des reculs majeurs en matière de respect du droit international humanitaire ont été constatés, et qui ne sont plus acceptables, avec la militarisation des écoles et des hôpitaux, mais aussi avec des humanitaires et des enseignants pris pour cibles.

En matière de lutte contre l’impunité, la France continuera de soutenir l’action de l’experte indépendante sur la situation des droits de l’Homme en République Centrafricaine, Mme Keïta-Bocoum, en faveur de la reddition de compte, condition préalable à toute réconciliation nationale. En ce qui concerne le Mali, la France entend œuvrer de concert avec ses partenaires malien et africains au renouvellement du mandat de l’expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme au Mali. Des efforts en matière de justice et de réconciliation sont en effet nécessaires pour stabiliser le pays.

L’Ambassadeur a aussi rappelé l’engagement de la France au Conseil des Droits de l’Homme sur certaines thématiques prioritaires, telles que la lutte contre la peine de mort, la lutte contre les disparitions forcées et les détentions arbitraires ou encore la protection de l’espace de la société civile, la sécurité des journalistes et des défenseurs des droits.

Au plan humanitaire, la Mission de la France continuera à mobiliser les différents acteurs à Genève au sein du groupe des amis du Sahel. Pleinement engagée dans la préparation du Sommet humanitaire mondial, la Mission s’attachera à nouer un dialogue étroit et régulier avec toutes les ONG en vue d’identifier ensemble les idées qui permettront concrètement de bâtir l’action humanitaire de demain.

Pour conclure, l’Ambassadeur a rappelé que la France accueillera la conférence sur le climat à Paris, la COP 21 et que le défi sera d’aboutir à un accord mondial, engageant 193 pays pour que la température n’augmente pas de plus de 2 degrés. Pour y parvenir, la France œuvrera avec tous les Etats mais aussi avec tous les acteurs non étatiques : les ONG, les think-tank, les entreprises, les chercheurs, les collectivités locales et les jeunes de tous les pays, qui ont, chacun, un rôle déterminant à jouer pour relever ce défi majeur pour l’avenir de notre planète.

publié le 16/02/2016

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