Syrie - adoption de la résolution 2042

Déclaration d’Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes

La France se félicite de l’adoption de la résolution 2042. Nous espérons qu’elle marque un tournant vers une sortie de crise en Syrie et qu’elle ouvre la voie à une cessation totale des violences.

La résolution adoptée le 14 avril 2012 à l’unanimité permet de déployer en Syrie au cours des prochaines heures une première équipe des Nations unies chargée d’évaluer la réalité de la cessation de la violence et de tester le sérieux des engagements syriens. L’objectif mis en avant par la France est de parvenir rapidement au déploiement d’une mission robuste des Nations unies chargée de vérifier la mise en œuvre du plan Annan : avec cette résolution, le Conseil de sécurité fait sien cet objectif.

Le Conseil de sécurité a endossé le plan d’action défini par M. Annan, qui vise à faciliter la transition politique de la Syrie vers un système démocratique, afin de répondre enfin aux aspirations exprimées avec courage par le peuple syrien. Ce sont les conditions de ce processus politique que nous cherchons aujourd’hui à créer sur le terrain, en faisant cesser la violence et en redonnant au peuple syrien l’espoir qu’une solution politique et pacifique est possible. La France renouvelle son soutien au Secrétaire général des Nations unies, et à l’Envoyé spécial conjoint, M. Kofi Annan, dont la tâche est aussi difficile qu’essentielle. C’est autour leurs efforts, et avec le plein soutien de la Ligue arabe, que nous sommes parvenus à retrouver une unité d’action.

Il appartient désormais aux autorités syriennes de respecter leurs engagements, notamment en retirant leurs troupes et leur armement lourd des villes, comme l’a demandé M. Kofi Annan. A cet égard, les attaques subies par la population civile aujourd’hui à Homs confirment les doutes que l’on peut avoir sur la réalité de l’engagement du régime syrien. Nous saurons très rapidement si la Syrie met en œuvre ses engagements. Si ce n’est pas le cas, il sera de la responsabilité de tous les membres du Conseil de sécurité de réfléchir aux mesures qu’il conviendra de prendre. Nous jugerons le régime syrien à ses actes, et à rien d’autre.

La France ne tolérera pas que la population syrienne continue de subir une répression sauvage. A cet égard, la liberté de manifestation (qui est un droit rappelé dans le plan Annan) doit être respectée sans aucune restriction par le régime de Damas.

publié le 20/04/2012

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