Situation des droits de l’Homme en Syrie

41ème session du Conseil des Droits de l’Homme

Dialogue interactif avec la Commission d’enquête internationale en Syrie

Intervention de la France

Genève, 2 juillet 2019

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,

La persistance de la crise en Syrie est intolérable. Aux traumatismes infligés au peuple syrien par les organisations terroristes s’ajoute la terreur du régime d’Assad qui poursuit sa politique de répression sanglante et menace la sécurité régionale. Les offensives du régime touchent en premier lieu les populations et infrastructures civiles, et sont à l’origine de violations massives des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

La situation à Idlib constitue une catastrophe humanitaire qui menace de s’aggraver. Les frappes aériennes et bombardements indiscriminés ou ciblés de la coalition des forces russes et syriennes touchent des écoles, des hôpitaux et des camps de déplacés, multipliant les victimes civiles. Ces attaques sont inacceptables. Il y a donc urgence à rétablir le cessez-le-feu et à ce que la Russie respecte ses engagements, notamment en exerçant les pressions nécessaires sur le régime. Dans le contexte de ces attaques, la France met en garde contre toute nouvelle utilisation d’armes chimiques. Alors que 11,7 millions de réfugiés ont besoin d’aide humanitaire, l’accès aux services humanitaires est extrêmement restreint.

La France remercie la Commission d’enquête internationale pour son travail d’investigation rigoureux et essentiel, complémentaire de celui du IIIM. Comme souligné dans vos rapports, des actes susceptibles de constituer des crimes guerre et crimes contre l’humanité ont été – et continuent d’être – commis. La lutte contre l’impunité doit rester une priorité, car sans poursuite et condamnation des responsables de ces exactions aucune paix n’est possible.

La France est pleinement mobilisée pour qu’une solution politique durable et inclusive mettant fin aux violations systématiques des droits de l’Homme soit trouvée. En effet, seule la mise en place d’un processus politique crédible et irréversible, sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité, permettra de mettre un terme à la tragédie syrienne et de faciliter le retour sûr et volontaire des réfugiés et des déplacés syriens, lequel devra nécessairement s’appuyer sur une approchée fondée sur les droits et sur des conditions sécuritaires et politiques propices aujourd’hui absentes.

Je vous remercie.

publié le 02/07/2019

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