Situation des droits de l’Homme au Soudan du Sud

36ème session du Conseil des droits de l’Homme

Dialogue interactif approfondi sur la situation des droits de l’Homme au Soudan du Sud

Intervention de la France

Genève, le lundi 18 septembre 2017

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne. Elle remercie la commission pour son travail.

Nous exprimons notre vive préoccupation concernant l’accroissement des violences à grande échelle dans le pays. Les civils continuent d’être pris pour cible, en violation du droit international humanitaire, et paient un trop lourd tribut à l’absence d’avancée politique.

Dans ce contexte, nous restons profondément préoccupés par l’ampleur et la gravité des violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire commises par les parties au conflit au Soudan du Sud, en toute impunité, susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Sur le plan humanitaire, le conflit a des conséquences dramatiques sur les populations sans que l’aide humanitaire dont elles ont besoin puisse leur parvenir. Les humanitaires sont pris pour cible (17 d’entre eux ont été assassinés depuis le début de l’année) et l’aide humanitaire est régulièrement pillée. Avec près de 10 millions de personnes actuellement en situation d’insécurité alimentaire, la crise alimentaire au Soudan du Sud est la plus importante en cours sur le continent Africain. Le nombre de réfugiés en Ouganda a atteint le triste seuil du million alors que plus de 2 millions de sud-soudanais sont toujours en situation de déplacement internes dont près de 220 000 dans les sites de la MINUSS.

Nous appelons une nouvelle fois toutes les parties à cesser ces actes de violence.
Deux ans après la signature de l’accord de paix d’août 2015, aucun progrès concret n’a été fait pour mettre en œuvre les mesures prévues dans cet accord pour lutter contre l’impunité. C’est pourtant indispensable afin de mettre un terme au cycle de violences et de représailles, et indissociable de tout processus de réconciliation nationale.

La France exhorte le Soudan du Sud à faciliter la mise en place rapide du Tribunal hybride avec l’appui de l’Union africaine afin que les responsables présumés des violations des droits de l’Homme répondent de leurs actes. Elle appelle également le gouvernement transitoire d’union nationale à appliquer l’ensemble des dispositions de l’accord de paix.

La France appelle toutes les parties à continuer à coopérer pleinement avec la commission.

Je vous remercie./.

publié le 18/09/2017

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