Situation des droits de l’Homme au Cambodge

36ème session du Conseil des droits de l’Homme

Dialogue interactif avec la Rapporteur spécial sur le Cambodge

Intervention de la France

Genève, le mardi 26 septembre 2017

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,

Je m’associe à la déclaration prononcée par l’Union européenne.

Permettez-moi avant tout de saluer le travail mené par Mme Rhona Smith et son équipe, et la remercier pour ce rapport qui conforte hélas notre inquiétude quant à l’évolution de la situation des droits de l’Homme au Cambodge.

Madame la Rapporteur Spéciale,

L’année écoulée a permis de constater des développements très préoccupants pour la démocratie au Cambodge. Au vu de la situation actuelle, que votre rapport présente avec précision, les autorités semblent ne pas avoir mis en œuvre tous leurs engagements.

La France reste préoccupée par les modalités de mise en œuvre de la loi adoptée en 2015 sur l’enregistrement des ONG, qui doivent être définies dans le respect des libertés fondamentales. La France exprime également sa préoccupation par la fermeture de plusieurs médias au Cambodge. La France tient à rappeler son attachement à la liberté d’expression, notamment de la presse, la liberté d’association, et la liberté de manifestation pacifique et au rôle indispensable de la société civile dans le développement politique et économique d’un pays. Nous encourageons les autorités cambodgiennes à faciliter l’expression de leur société civile.

La France est également préoccupée par la récente arrestation de M. Kem Sokha, président du principal parti d’opposition au Cambodge. La France insiste sur l’importance, pour le Cambodge, à l’approche des prochaines élections législatives en juillet 2018, de reprendre la voie d’une démocratie pluraliste, respectueuse des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Avec ses partenaires européens, la France se tient aux côtés des autorités cambodgiennes pour soutenir leurs efforts en ce sens.

Un système judiciaire indépendant est le garant d’une justice équitable, tel que garanti par le Pacte international des droits civils et politiques, auquel le Cambodge est partie. À ce titre, nous sommes préoccupés par la détention de plusieurs défenseurs des droits de l’Homme et opposants politiques. Nous appelons également les autorités cambodgiennes à faire toute la lumière sur l’assassinat du commentateur Kem Ley le 10 juillet 2016.

Les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes dans la société cambodgienne demeurent préoccupantes. Comme vous le savez, la France est engagée pour la lutte contre les violences envers les femmes et pour leur autonomisation. Nous encourageons le Cambodge, partie à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, à prendre toutes les mesures nécessaires afin de mettre fin aux discriminations dont elles font encore l’objet.

Enfin, nous restons attachés au travail de justice effectué par le Tribunal Khmer Rouge et souhaitons qu’il puisse mener sa mission à son terme. Nous continuerons à y apporter notre appui ainsi qu’aux parties civiles représentant les victimes. Il y a 25 ans, Paris accueillait les Accords pour le Cambodge, mettant ainsi fin à une guerre civile de plus de seize ans. Aujourd’hui comme en 1991, le message de la France est un message de paix et de stabilité et qui passe par le respect des droits de l’homme et de la démocratie. .

La France encourage donc les autorités cambodgiennes à poursuivre leur coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

Je vous remercie./.

publié le 02/10/2017

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