Burundi : "la lutte contre l’impunité est cruciale"

36ème session du Conseil des droits de l’Homme

Dialogue interactif avec la Commission d’enquête internationale sur le Burundi

Intervention de la France

Genève, le mardi 19 septembre 2017

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne. Elle félicite la Commission d’enquête internationale pour son travail et regrette l’absence de coopération des autorités burundaises.

La France réitère sa forte préoccupation face à la persistance des violations des droits de l’Homme commises au Burundi depuis avril 2015, tel que les cas d’exécution extrajudiciaire, d’arrestation et de détention arbitraire, de disparitions forcées, de torture et de violences sexuelles.

Nous condamnons également le maintien des restrictions imposées aux libertés fondamentales, et la répression qui continue de s’exercer à l’encontre de l’opposition, des défenseurs des droits de l’Homme et des médias indépendants.

La conclusion de la Commission d’enquête selon laquelle il existe des motifs raisonnables de croire que plusieurs de ces violations peuvent constituer des crimes contre l’humanité doit retenir toute notre attention. C’est pourquoi il est nécessaire que la Commission poursuive son travail afin qu’elle puisse approfondir ses enquêtes, en vue de l’établissement des responsabilités.

La France appelle le Burundi à coopérer avec la commission. Elle l’appelle aussi à rétablir la coopération avec le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, qui doit être en mesure de rétablir l’ensemble de ses activités, et à faciliter le déploiement de l’ensemble des observateurs de l’Union africaine.

Plus de deux années après le début de la crise au Burundi, la fragilité de la situation et la persistance des violations graves continuent de justifier un suivi de la situation par le Conseil des droits de l’Homme et par l’ensemble de la communauté internationale.

La lutte contre l’impunité est cruciale pour que le cycle de la violence cesse. Il est indispensable que les responsables de violations répondent de leurs actes devant la justice, quelle que soit leur affiliation.

La France rappelle que la résolution politique de la crise ne peut être que politique et doit passer par la mise en place d’un dialogue politique inclusif et concerté, en vue de préserver le modèle burundais de coexistence et les acquis des accords d’Arusha. La France renouvelle tout son soutien à la médiation régionale et au travail de facilitation mené par l’ancien président Mkapa. Elle appelle le Burundi à s’engager sur la voie du dialogue à cet égard.

Je vous remercie./.

publié le 20/09/2017

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