Intervention de la France - Situation des droits de l’Homme au Soudan du Sud

Session spéciale du Conseil des droits de l’Homme sur le Soudan du Sud

Intervention de la France

14 décembre 2016

JPEGMonsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

La tenue de cette session spéciale est particulièrement opportune compte tenu de la gravité de la situation des droits de l’Homme dans le pays, comme cela a été documenté et souligné par de nombreux rapports et communiqués des Nations Unies, y compris récemment de l’envoyé spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide et de la Commission des droits de l’Homme au Soudan du Sud.

La France est extrêmement préoccupée par la dégradation de la situation des droits de l’Homme au Soudan du Sud. Les exactions commises par les parties au conflit pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Ces violations se sont intensifiées malgré les engagements des parties pour mettre un terme aux violences et mettre œuvre l’accord de paix signé en aout 2015.

La France condamne tous les crimes commis, dont certains sur un fondement ethnique, tel que les meurtres, l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre, le recrutement et l’utilisation d’enfants, la destruction d’infrastructures, les attaques ciblées à l’encontre des écoles, des hôpitaux, des travailleurs humanitaires et du personnel des Nations Unies. Ces attaques sont inacceptables et doivent cesser.

La France souligne l’importance de mettre un terme au cycle de l’impunité au regard de l’ampleur des crimes commis ces dernières années au Soudan du Sud. Nous appelons une nouvelle fois à la mise en œuvre des dispositions de l’accord de paix relatives à la justice et à la réconciliation, telle que la mise en place d’un tribunal hybride, avec l’appui de l’Union africaine. Tous les auteurs de violations et des atteintes aux droits de l’Homme, quel que soit leur statut ou leur fonction, doivent répondre de leurs actes devant la justice. C’est indissociable de tout processus de réconciliation nationale.

[C’est pourquoi la France soutient le projet de résolution présenté aujourd’hui pour adoption, qui doit permettre à la Commission des droits de l’Homme de contribuer activement à la lutte contre l’impunité en enquêtant sur les exactions commises et en établissant des responsabilités afin d’aider le travail de la justice.]

La France salue l’engagement du Soudan du Sud à coopérer avec la Commission et d’autres mécanismes des Nations Unies. Mais cet engagement doit désormais se traduire sur le terrain par des mesures concrètes pour mettre un terme aux violences. La France exhorte en particulier toutes les parties à libérer les enfants enrôlés dans leurs rangs, conformément aux engagements qui ont été pris.
Il est également indispensable que le Gouvernement de transition assume pleinement les responsabilités qui lui incombent au premier chef pour la protection de ses populations et mette un terme aux restrictions sur l’exercice des libertés fondamentales et aux pressions exercées sur la société civile et sur les médias, afin de contribuer à l’apaisement.

La France appelle toutes les parties à s’engager en faveur d’un règlement politique inclusif du conflit, seule issue possible à la crise. Il est essentiel que le gouvernement prenne rapidement des mesures pour mettre en œuvre l’ensemble des dispositions de l’accord de paix.

Je vous remercie./.

publié le 15/12/2016

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