Session spéciale du Conseil des droits de l’Homme sur la situation à Gaza

Le Conseil des droits de l’Homme a tenu le 23 Juillet une session spéciale sur la situation à Gaza. Cette session convoquée à l’initiative de la Palestine et de l’OCI a permis d’organiser un débat sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem Est. Une résolution à été adoptée à cette occasion.

Intervention de la France

Monsieur le Président,

Au dix-septième jour de guerre ouverte entre Israël et le Hamas, la conclusion d’un cessez-le-feu ne peut plus attendre et doit permettre la relance d’efforts pour apporter une solution de fond.

Le bilan est accablant. Côté palestinien, plus de 630 morts et plus de 100.000 déplacés ; des enfants morts par dizaines ; des familles entières anéanties ; des destructions de maisons et d’infrastructures ; plus de 3.500 blessés pris en charge dans des hôpitaux débordés qui opèrent sans eau, sans électricité, sans médicaments.

C’est la troisième offensive menée par Israël sur la bande de Gaza depuis 2008. L’effet de surprise est passé, nous en savons les conséquences. Comme les fois précédentes, dans la situation actuelle, personne ne peut gagner.

Monsieur le Président,

Notre priorité immédiate est la conclusion d’un cessez-le-feu, sur la base de la proposition égyptienne endossée par la Ligue arabe. Des efforts diplomatiques intenses sont en cours, dans de nombreuses capitales régionales. Il convient de faire converger les efforts régionaux de médiation.

Il n’est pas acceptable qu’un pays soit menacé par des roquettes et que des roquettes tombent sur lui. Il n’est pas non plus acceptable que la riposte israélienne suscitée par ces tirs ait coûté la vie à plus de 600 Palestiniens dont une majorité de civils. Cela signifie :

- L’arrêt immédiat des tirs de roquettes du Hamas sur Israël, dont la sécurité est un droit absolu. La population civile ne peut pas être soumise à l’angoisse permanente des alertes ;
- L’arrêt immédiat de l’offensive israélienne en cours. Certes Israël cherche à cibler le Hamas, organisation que la France - et ses partenaires européens - a reconnue comme terroriste. Les faits n’en restent pas moins têtus : désormais plus de 600 morts, dont 75% sont des civils selon les Nations Unies et une grande partie des enfants, ce qui témoigne d’un usage excessif de la force contraire au droit international humanitaire.

Pour autant, nous le savons,

La trêve doit répondre aux causes profondes du conflit, aux préoccupations des parties et à une relance du processus de paix.

Gaza doit pouvoir reprendre vie, ce qui implique une ouverture immédiate, permanente et inconditionnelle des points de passage pour l’aide humanitaire, les biens commerciaux et les personnes de et vers Gaza, conformément à la résolution 1860 du CSNU. Ill importe de travailler à la levée du blocus de Gaza.

La sécurité d’Israël doit être garantie, de manière absolue, ce qui implique notamment que le Hamas et les autres groupes terroristes renoncent à la violence et qu’une lutte plus efficace soit engagée contre les trafics d’armes, tout en oeuvrant au rétablissement du contrôle - y compris sécuritaire - de l’Autorité palestinienne sur la bande de Gaza, en vue d’une réunification des Territoires palestiniens.
Il importe d’associer étroitement l’Autorité palestinienne, partenaire de la paix d’Israël, aux efforts de sortie de crise.

Il faut, enfin et surtout, œuvrer à une relance des négociations de paix sur la base des paramètres internationalement agréés en vue de la création de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. C’est la meilleure sinon l’unique garantie que nous n’assistions plus, comme par trois fois depuis 2008, à une répétition tragique des éruptions de violence.

Je vous remercie./.

Intervention de Mme Pillay

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publié le 16/02/2016

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