Sahel : la France participe à une table ronde sur la sécurité dans les écoles

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale pour l’éducation (24 janvier), cette mission a organisé conjointement avec l’organisation internationale pour la francophonie (OIF), la représentation permanente du Niger, la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) et l’ONG Save the Children une table ronde sur le thème « Déclaration sur la sécurité dans les écoles : état des lieux en Afrique francophone ». L’augmentation et la complexification des attaques constitue un sérieux challenge pour la continuité éducative dans une région où 60 % de la population a moins de 25 ans.

Constat d’une augmentation et complexification des attaques

L ’Ambassadeur représentant permanent de la francophonie, Georges Nakseu Nguefang a rappelé en introduction qu’entre 2015 et 2019 plus de 11 000 attaques avaient été perpétrées contre des écoles faisant plus de 20 000 victimes dans le monde. En Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale, entre 2017 et 2019 le nombre d’établissements scolaires contraints de fermer a été multiplié par 3 avec, à ce jour, plus de 3300 écoles qui ne peuvent plus accueillir d’enfants et adolescents.

Le taux de déscolarisation est exponentiel et les lieux d’éducation sont régulièrement ciblés par les groupes armés terroristes (GAT) à des fins militaires (recrutement, enrôlement voire formation).

Ces attaques empêchent les jeunes et les enfants de faire usage de leurs droits fondamentaux, à commencer par le droit à la vie, à la sécurité et à l’éducation, ce qui représente un manque de perspective économique pour les enfants dans ces pays déjà touchés par de forts taux de pauvreté. Le droit à l’éducation des filles et des adolescentes est également particulièrement menacé, la fermeture des écoles les expose au travail précoce et aux mariages forcés.

Appel à un soutien à la « Déclaration sur la sécurité dans les écoles »

Cette table ronde a permis d’apporter des réponses majeures et d’esquisser les bonnes pratiques que les États pourraient entreprendre. Elle a également permis d’analyser et de questionner les synergies possibles et nécessaires entre les gouvernements, la communauté internationale, la société civile et les acteurs académiques en vue de contribuer à la prise en compte de la Déclaration dans la pratique des états.

La « Déclaration sur la sécurité dans les écoles » endossée en juin 2015 est un engagement politique international pour prévenir les attaques visant les étudiants et les écoliers dans des conflits armés.

Sur les 106 États signataires de la Déclaration, 55 sont membres et observateurs de la francophonie, ce qui témoigne de l’attachement de la Francophonie aux droits fondamentaux conditionnant le bien-être des enfants. 

Lors de cette table ronde, l’Ambassadeur Représentant permanent de l’OIF a réitéré le soutien de la Francophonie à toutes les initiatives onusiennes, dont les résolutions du Conseil de sécurité, réaffirmant le droit à l’éducation. Le Niger a joué à ce titre un rôle important lors de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies en septembre 2020 pour l’adoption de la première Déclaration présidentielle sur les attaques dans les écoles.

La France s’investit en faveur de l’éducation dans la zone sahélienne


L’Ambassadeur Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève, François Rivasseau, a rappelé dans le cadre de son intervention que la France avait sensiblement augmenté son aide bilatérale dans le domaine de l’éducation et qu’un soutien important était apporté à l’UNESCO, notamment dirigé vers les jeunes victimes de la montée de l’extrémisme au Sahel. La France s’est également réengagée en 2018 au sein du Partenariat mondial pour l’éducation avec une contribution de 200 millions d’euros pour le cycle 2018-2020.
Parce que les filles sont particulièrement victimes de violences et touchées par les inégalités, la France soutient, par ailleurs, la mise en place d’environnement protecteurs pour les filles au sein des écoles via l’Initiative « Priorité à l’égalité » qui intervient dans les pays du Sahel.

Dernière mise à jour le : 2 février 2021