Partage des responsabilités par des voies d’admission des réfugiés syriens

Retrouvez la déclaration de la France sur le partage au plan mondial des responsabilités par des voies d’admission des réfugiés syriens, prononcée par le Représentant permanent de la France le 30 mars 2016 à l’Office des Nations Unies à Genève.

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=== Réunion de haut niveau sur le partage au plan mondial des responsabilités par des voies d’admission des réfugiés syriens ===

Déclaration du Représentant permanent de la France
(mercredi 30 mars 2016)




Monsieur le Haut-Commissaire,

Excellences,

La France souhaite vous remercier, et à travers vous, le Secrétaire général pour avoir, par cette réunion, donné une nouvelle impulsion à la mobilisation de la communauté internationale en faveur des réfugiés syriens.

La France voudrait tout d’abord saluer la générosité de la Turquie, du Liban, de la Jordanie, de l’Irak et de l’Égypte. Le sens du partage et la solidarité des communautés hôtes sont exemplaires. Je voudrais aussi saluer la Grèce dont la générosité et la solidarité méritent tout notre soutien.

Monsieur le Haut-Commissaire,

Les Nations unies ont déployé, avec l’ensemble des acteurs humanitaires, un effort sans précédent pour venir en aide aux millions de Syriens affectés par le conflit, qu’ils soient déplacés ou réfugiés. Nous devons continuer à soutenir les efforts des pays de premier accueil afin de permettre aux réfugiés de vivre dans des conditions décentes et afin qu’ils puissent retourner, volontairement et durablement, dans leurs foyers. En aidant ces pays, nous contribuons à préserver la stabilité de toute la région. C’est un enjeu politique ; c’est aussi un défi en matière de développement. Notre vision doit porter sur le moyen et le long terme, notamment en soutenant les économies des pays de premier accueil. La Conférence de Londres en dernier a permis une mobilisation de la collective à laquelle la France a pris sa part, par un engagement financier considérable sur une période de trois ans.

Monsieur le Haut-Commissaire,

Le drame des réfugiés et des migrants vers l’Europe nous interpelle tous. Afin de prévenir le risque que représente pour ces personnes la traversée de la Méditerranée et pour lutter contre les trafics auxquels elle donne lieu, il convient de fournir des options légales et sûres aux personnes ayant besoin de protection, dans un esprit de solidarité.

La France veillera à prendre toute sa part dans le cadre des discussions actuelles entre la Turquie et l’Union européenne. La France s’est précédemment engagée à accueillir 30 000 personnes entre 2016 et 2017 dans le cadre d’un accord européen de relocalisation à partir de la Grèce et de l’Italie. Une partie de ces personnes pourront venir de Turquie. Dès lors que l’ensemble des conditions préalables à la mise en place de ce programme seront réunies, 6.000 Syriens pourraient, par ce biais, arriver de Turquie en France.

Par ailleurs, la France s’inscrira pleinement dans ses engagements européens au titre de la réinstallation. Elle accueillera dès 2016, à ce titre, 1 000 réfugiés à partir du Liban et 500 à partir de Jordanie, en plus des 480 réfugiés déjà identifiés et pour lesquels le transfert vers la France est imminent. L’effort engagé depuis 2014 est donc considérablement renforcé.

Outre les engagements pris dans le cadre européen, la France conduit des efforts à titre national pour favoriser l’accueil des réfugiés syriens par diverses voies d’admission.

Depuis 2013, au-delà des demandeurs d’asile arrivés spontanément sur son territoire, la France a déjà accueilli plus de 3 900 réfugiés syriens en besoin de protection en provenance, notamment, du Liban, de Jordanie, de Turquie, et d’Egypte. Parmi eux, près de 1 000 réfugiés syriens ont été accueillis depuis 2014 au titre des programmes de réinstallation et d’admission humanitaire menés en étroite collaboration avec le HCR.

Cet accueil au titre de la réinstallation s’ajoute aux efforts importants conduits par la France pour offrir des voies légales d’accès au territoire par le biais de la délivrance de visas par nos ambassades et consulats, en particulier dans les pays voisins de la Syrie.

La France dispose en effet d’un dispositif de visa au titre de l’asile qui permet de prendre en compte, au-delà des cas signalés par le HCR, la situation de Syriens en besoin de protection se trouvant dans un pays de premier asile et qui présentent une vulnérabilité particulière ou ont des liens, notamment familiaux, avec la France. Depuis 2013, cela s’est traduit par un accord à la délivrance de près de 2 900 visas au titre de l’asile à des ressortissants syriens ou palestiniens de Syrie. Outre cet accueil au titre de la protection, près de 27 500 visas ont été délivrés depuis 2013 à des ressortissants syriens, dont plus de 5 700 visas de long séjour, soit plus qu’un triplement sur cette période.Cet effort d’accueil se poursuivra résolument, dans la ligne de la tradition d’asile et d’accueil de la France, et dans un esprit de solidarité.

La France poursuivra sa politique de délivrance de visas de longue durée depuis ses ambassades et consulats. Elle continuera d’apporter une attention particulière aux visas au titre de l’asile, mais aussi aux visas à l’attention des étudiants, ceux qui, demain, pourront, grâce aux diplômes obtenus, contribuer à la reconstruction future de la Syrie. En tout, plus de 2 500 personnes pourront bénéficier de ces voies légales d’accès.

Cet effort de solidarité doit être partagé. Il est important que tous les pays membres de la communauté internationale, outre les pays du Moyen Orient et les pays européens, y prennent toute leur part.

Enfin, la France souhaite rappeler qu’il n’y aura de solution à la crise des réfugiés autre que politique. La France y travaille, avec ses partenaires, pour mettre en œuvre une transition politique en Syrie, sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité.

Je vous remercie./.

publié le 05/04/2016

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