Résolution extrême pauvreté et droits de l’Homme

35ème session du Conseil des droits de l’Homme

Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté

Intervention du Représentant Permanent adjoint de la France

Genève, le jeudi 8 juin 2017

La version prononcée fait foi.

Merci Monsieur le Président,

La France s’associe à l’intervention de la délégation européenne.

Monsieur le Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme,

Nous vous remercions pour la présentation de votre rapport. Vous avez choisi de centrer vos travaux sur la question du revenu universel de base comme alternative aux systèmes de protection sociale existants. S’il n’existe pas de consensus autour de ce concept, nous reconnaissons votre contribution essentielle pour l’avancée des discussions dans ce domaine.

Nous souscrivons à votre approche qui vise à assurer une meilleure prise en compte du droit au travail, à la sécurité sociale et à un niveau de vie suffisant au premier plan des préoccupations relatives aux droits de l’homme et des politiques publiques. Cette approche multidimensionnelle s’inscrit bien dans le cadre de l’agenda 2030, et de ses objectifs du développement durable transversaux et complémentaires.

L’accroissement des inégalités économiques constitue un problème structurel à l’échelle mondiale, qui touche tous les Etats. L’extrême pauvreté est, dans ce contexte, un phénomène aux causes et aux conséquences étroitement liées. Les discriminations dont sont l’objet les personnes les plus vulnérables peuvent contribuer à accentuer leur situation d’exclusion. Et c’est parce que l’extrême pauvreté empêche un individu de jouir de ses droits économiques et sociaux, qu’elle l’empêche aussi d’avoir accès à certains de ses droits civils et politiques.

Au plan international, la France promeut une approche fondée sur les droits dans le cadre de sa politique d’aide au développement afin de garantir un accès égal aux opportunités économiques et sociales et de ne « laisser personne de côté ».
Elle appelle tous les Etats à ne ménager aucun effort pour mettre en œuvre le premier objectif de développement durable relatif à l’éradication de la pauvreté et à mettre en œuvre dans leur système interne les principes directeurs sur la lutte contre l’extrême pauvreté qui ont été adoptés par ce Conseil en 2012 pour faire des droits de l’Homme une réalité pour les personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

La France porte à cette session du Conseil avec le groupe des amis sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme une résolution visant à renouveler votre mandat. Nous comptons sur le soutien d’un nombre important d’Etats, comme en 2014 où la résolution avait reçu le coparrainage de 108 délégations, témoignant de l’importance de cette problématique pour le Conseil des droits de l’Homme et pour la réalisation universelle des droits de l’Homme.

Pour conclure, Monsieur le Rapporteur spécial, la France souhaiterait vous poser la question suivante : comment pouvons-nous faire évoluer les indicateurs et la comptabilisation de l’extrême pauvreté afin d’améliorer les politiques publiques visant à éradiquer ce phénomène ?

Je vous remercie./.

publié le 09/06/2017

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