Premier anniversaire de la stratégie humanitaire 2018-2022 de la France

La stratégie humanitaire 2018-2022 de la France a été lancée il y a un an, jour pour jour. Quelles actions concrètes ont été mises en œuvre par la France à Genève depuis son adoption le 22 mars 2018 pour réaliser ces objectifs ?

Découvrez les trois principales réalisations de la Représentation permanente de la France à Genève, en coopération avec les Etats et les organisations :

1- L’adoption historique de deux pactes mondiaux pour les réfugiés avec le HCR, et les migrations avec l’OIM, en décembre 2018
2- Le dialogue interétatique sur le droit international humanitaire toujours en cours avec le CICR, à l’heure des 70 ans des Conventions de Genève
3- La vice-présidence française de la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes, au 1er janvier 2018, en faveur du traitement durable des crises

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1. Mettre l’humanitaire au service du traitement durable des crises prolongées

Les affrontements armés actuels sont aujourd’hui à l’origine de la plus grande partie des besoins humanitaires à travers le monde : 23 pays, sur les 25 ciblés par les plans de réponse humanitaires pour 2018 coordonnés par l’ONU, se trouvent en situation de conflit. Dans ce contexte, les populations civiles n’ont peut-être jamais été aussi vulnérables. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 128 millions de personnes à travers le monde ont besoin d’aide humanitaire immédiate ; 65,5 millions de personnes sont aujourd’hui déracinées, parties sur les routes de l’exil à la recherche d’un avenir meilleur.

Les crises tendent, par ailleurs, à se prolonger : les appels des Nations unies pour des financements humanitaires dans un pays ou une zone donnée ont désormais une durée moyenne de huit ans ; 84 % de fonds humanitaires sont attribués à des crises qui durent depuis plus de trois ans, 69 % à des crises qui durent depuis plus de dix ans. Se créent de véritables « trappes humanitaires », où les acteurs de l’urgence sont présents durant des années, dans la gestion d’un court terme qui s’éternise. Elles risquent de devenir des « crises oubliées », délaissées par les financements internationaux, alors que les besoins demeurent inchangés.

Dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, texte historique adopté en 2016, les 193 États membres des Nations Unies ont convenu que la protection des personnes contraintes de fuir et l’assistance aux pays qui les accueillent sont des responsabilités internationales partagées, qui doivent être assumées de manière plus équitable et prévisible. Elle a chargé le HCR d’élaborer un Pacte mondial sur les réfugiés, et l’OIM un Pacte mondial sur les migrations. Après 18 mois de consultations et de négociations approfondies avec les États membres, des experts, des représentants de la société civile et des réfugiés, les deux textes ont été présentés aux Etats respectivement à l’Assemblée général de l’ONU et au Sommet de Marrakech en décembre 2018. La France a ainsi adopté les deux pactes mondiaux sur les réfugiés et les migrations en décembre 2018.

2- Répondre à la multiplication des crises

Si les conflits armés interétatiques sont devenus moins fréquents depuis la fin de la guerre froide, les crises de notre époque se sont multipliées et sont multidimensionnelles : elles combinent des facteurs économiques et environnementaux, des enjeux politiques et des menaces sécuritaires. La fréquence et l’intensité des catastrophes naturelles sont également sans précédent dans l’histoire contemporaine, notamment du fait des évolutions climatiques.

La vulnérabilité aux pandémies augmente du fait de la circulation croissante des populations, de l’explosion démographique, de la concentration urbaine et du changement climatique. Si, jusqu’au début des années 1990, moins de 300 catastrophes par an étaient observées dans le monde, on en comptabilise plus de 500 chaque année depuis le début des années 2000. Au total, 124 millions de personnes ont été touchées par une catastrophe naturelle en 2012 ; en 2016, ce chiffre est passé à 204 millions.

La France s’est donc engagée à renforcer l’articulation entre les instruments du temps court de l’action d’urgence (humanitaire, stabilisation) et les instruments du temps long (développement, réintégration, résilience), à soutenir les victimes de catastrophes naturelles, de plus en plus liées au changement climatique, et à mettre en place des programmes de prévention et de réduction des risques liés aux catastrophes naturelles. Ainsi, la France a pris la vice-présidence de la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes le 1er janvier 2018 à Genève.

3. Une diplomatie humanitaire renouvelée pour le renforcement du respect du droit international humanitaire


L’allongement, la multiplication et la complexification des crises, aggravés par les violations croissantes du DIH, ont conduit à un net accroissement des besoins.
Le contexte actuel est celui de la multiplication des violations des règles fondamentales du droit international humanitaire (DIH). Les populations civiles et leurs biens sont attaqués, les marchés et les écoles sont ciblés en tant que tels. Les acteurs humanitaires sont pris pour cible, et les attaques à leur encontre se multiplient : elles ont triplé au cours des vingt dernières années. Les attaques contre les blessés et le personnel médical, l’obstruction de l’accès aux soins de santé et la destruction des structures médicales ont également atteint des niveaux particulièrement préoccupants. L’utilisation indiscriminée des armes explosives en zone peuplée a également des effets dramatiques pour les populations civiles. Si ces violations ne sont pas nouvelles, elles semblent désormais être utilisées plus systématiquement pour en tirer un avantage opérationnel dans le conflit.

La France est engagée en faveur de la promotion et du respect du droit international humanitaire (DIH) et des principes humanitaires : humanité, neutralité, impartialité, indépendance.

La France s’est mobilisée pour rappeler l’universalité des règles du DIH, qui s’appliquentà toutes les parties aux conflits, indépendamment de la nature de ces derniers. Elle a promu toute action de nature à prévenir l’instrumentalisation et la politisation de l’aide humanitaire, contraires aux principes humanitaires. Dans les enceintes internationales comme sur le terrain, la France a poursuivi son engagement pour permettre l’application effective des Conventions de Genève et de l’ensemble des règles du DIH.

Ainsi, la France a continué de participer à Genève au processus intergouvernemental engagé après la 32e Conférence du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, afin de renforcer le respect du droit international humanitaire en créant un espace de dialogue. Elle a également œuvré à la pleine reconnaissance de l’application du DIH dans le cyberespace en cas de conflit armé à Genève.

publié le 27/03/2019

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