Conférence de Genève sur la prévention de l’extrémisme violent

La France a participé à la Conférence de Genève sur la prévention de l’extrémisme violent ; conférence co-organisée par les Nations Unies et la Suisse, les 7 et 8 avril 2016, au Palais des Nations.

Objet de la conférence

Cette conférence fait suite à la présentation, le 15 janvier 2016, par le Secrétaire général des nations unies, de son Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent.

Le préfet Pierre N’Gahane, secrétaire général du Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance, a conduit la délégation française lors de cette conférence. Pour la France, la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent est une priorité nationale.

Protéger la population contre la radicalisation et l’extrémisme violent suppose de s’attaquer aux causes profondes, sociales, économiques et politiques, qui permettent et soutiennent le développement de l’extrémisme violent. Ce combat contre l’extrémisme violent doit s’effectuer dans le respect des principes que la France défend, et en particulier des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

Il n’existe pas de réponse unique dans la lutte contre la radicalisation et les réponses apportées ne peuvent être exclusivement judiciaires et répressives. Il est nécessaire d’apporter une réponse adaptée à chaque cas particulier.

La France, pleinement mobilisée sur un plan national dans la lutte contre l’extrémisme violent

Au niveau national, le Gouvernement a adopté en avril 2014 un plan de lutte contre les filières terroristes et la radicalisation violente. Un Comité interministériel pour la prévention de la radicalisation violente a été créé ; un dispositif d’écoute et de signalement de la radicalisation a été mis en place avec l’ouverture d’un numéro vert.

Au niveau local, le Gouvernement a mis en place un dispositif territorial pour suivre les personnes signalées et accompagner les familles afin d’apporter une réponse adaptée à chaque cas particulier, sur un plan préventif ou répressif.

La France a modifié son cadre législatif afin de l’adapter au nouveau visage de la menace. En particulier, la loi permet aujourd’hui de bloquer les sites internet qui appellent au terrorisme ou qui en font l’apologie. Ce blocage est ciblé, de manière à ne pas porter atteinte à la liberté d’expression.

Un travail est également engagé pour développer des contre-discours à destination des jeunes qui sont particulièrement exposés à la propagande terroriste.

L’éducation est un élément essentiel dans la prévention de la radicalisation car elle joue un rôle majeur pour transmettre dès le plus jeune âge le socle de valeurs communes qui fondent notre vivre ensemble : le respect de la personne, de sa dignité, de ses origines, de sa religion, de ses croyances et le refus de toutes formes de discrimination.

Enfin, le dialogue entre les pouvoirs publics et les représentants des différents cultes tout comme le dialogue inter-religieux sont encouragés, afin de promouvoir la tolérance et combattre tous ceux qui instrumentalisent les cultes pour les opposer.

Pour réussir, la mobilisation de tous au plan international est nécessaire

Pour que cette action porte pleinement ses fruits, il est essentiel de coordonner cet effort au plan international :

- nous devons coordonner nos efforts en coopérant avec les entreprises de l’internet, en harmonisant nos législations en matière de retrait des contenus illégaux qui appellent au terrorisme ou en font l’apologie.

- nous devons développer un dialogue étroit et régulier avec les pays les plus concernés, sur les questions de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

- le plan d’action du secrétaire général revêt une importance majeure : il vise à unir et mieux coordonner les efforts poursuivis par les états membres et les nations unies, aux plans national, régional et international en matière de prévention de la radicalisation qui est une dimension essentielle de la lutte contre le terrorisme.

La France est pleinement mobilisée dans cet effort global de lutte contre l’extrémisme violent. Pour réussir, la mobilisation de tous au plan national et international est nécessaire.

Genève, avec le Conseil des droits de l’Homme et les nombreuses agences des Nations Unies qui y ont leur siège, doit prendre toute sa part dans la définition et dans la mise en œuvre de cette réponse collective à cet enjeu. La conférence de Genève vise précisément à échanger sur les bonnes pratiques et les défis rencontrés dans ce contexte.

Retrouvez l’intervention complète de la France à cette conférence.

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publié le 08/04/2016

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