Le modèle du CERN, les Nations Unies et les biens publics mondiaux.

À l’occasion d’un colloque organisé le 2 novembre à l’Office des Nations Unies à Genève et intitulé « Le modèle du CERN, les Nations Unies et les biens publics mondiaux », des représentants du CERN et des délégués de l’Organisation des Nations Unies ont évoqué le modèle de coopération internationale que représente le Laboratoire.

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Cette manifestation a réuni des décideurs politiques (à l’instar du Premier Ministre Mme Edith Cresson), des scientifiques et des membres de la société civile, qui ont débattu des moyens de créer des synergies entre les communautés dans le but de remplir des objectifs mondiaux.

L’origine de cet évènement

« Le socle sur lequel repose le modèle du CERN est sa Convention, qui donne des orientations très claires mais permet aussi une certaine souplesse », a expliqué Rolf Heuer, directeur général du CERN. « Le succès du CERN s’appuie sur les contributions d’une immense communauté de scientifiques et d’ingénieurs, dans le monde entier. Ceux-ci travaillent ensemble et partagent des valeurs et des idéaux communs, à savoir le savoir universel, quel que soit le pays d’où ils viennent. »

Lors du colloque, les intervenants devaient débattre pour savoir si, et de quelle manière, ce modèle peut être utilisé efficacement dans d’autres contextes, pour le bien de la société. En effet, à l’instar des difficultés rencontrées en physique des particules, un grand nombre des difficultés auxquelles la société est confrontée aujourd’hui (comprendre le changement climatique, faire face à l’appauvrissement de la biodiversité, et assurer à tous les habitants de la planète un accès à l’eau potable, à la santé, à l’éducation et à internet...) concernent plusieurs parties prenantes et doivent être réglées par des experts issus de disciplines différentes.

Les temps forts du colloque

Ce colloque organisé par le CERN et l’Office des Nations Unies à Genève a permis à des représentants de diverses agences des Nations Unies, d’organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales, ainsi qu’à des diplomates, des décideurs politiques, des économistes, des sociologues et des membres de la communauté de la physique, de débattre des moyens de trouver la bonne approche pour s’attaquer à ces difficultés de manière coordonnée.

La première table-ronde, modérée par le Représentant Permanent Elisabeth Laurin, a été l’occasion de revenir sur le modèle du CERN et ses succès pour l’avancée des connaissances, notamment avec la découverte du boson de Higgs. Cette table-ronde a également permis de relever que ce modèle peut être pertinent pour d’autres idéaux que la connaissance, à commencer par une meilleure compréhension entre les nations.

Parmi les personnalités présentes, Carlo Rubbia, prix Nobel, a parlé de l’instauration de la confiance dans la science. Pour s’attaquer au problème du changement climatique, il faut selon lui « une politique énergétique cohérente, fondée sur des avancées scientifiques véritablement novatrices. »

Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a rappelé que la coordination et la coopération entre les pays qui mettent en commun leurs observations météorologiques ont permis de collecter et d’analyser des données scientifiques concrètes. « Aucun pays ne peut travailler seul dans ce domaine, a-t-il souligné. C’est en cela que le modèle du CERN est tellement pertinent. »

Enfin, le premier Ministre Edith Cresson, s’est attachée, pour conclure cette journée, à tirer des enseignements de ce modèle.

Il convient par exemple de :

-  concilier ce qui vient de la société civile avec les décisions des gouvernements, à l’instar du modèle du CERN où une communauté de plus d’une dizaine de milliers de chercheurs, d’enseignants, d’ingénieurs provenant de 500 laboratoires situés dans une centaine de pays se rassemble en plusieurs groupes auto-organisés, orchestrés par le CERN liant une vingtaine d’États membres et ayant des accords de coopération avec une centaine d’États ;

-  penser global et agir localement ; à l’image du CERN, centre d’un réseau s’appuyant sur des nœuds que sont les laboratoires nationaux ; qui eux-mêmes s‘appuient sur des laboratoires universitaires et sur des industriels ;

-  coupler la science, l’innovation collaborative, l’économie de marché et l’engagement des États ; le CERN étant lui-même considéré comme un mécanisme facilitateur de transfert de l’innovation ouverte et de la connaissance vers les États-membres et associés.

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Le CERN a une longue histoire de coopération avec les Nations Unies. Le Laboratoire, dont la France est un Etat hôte, a été créé sous les auspices de l’UNESCO, et, en 2012, le statut d’observateur auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies lui a été accordé. À ce titre, le Laboratoire continue de promouvoir son modèle de collaboration internationale pour faire avancer la connaissance et l’innovation technologique.

Source : site web du CERN et France ONU Geneve
Crédits photographiques : CERN

publié le 14/11/2015

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