Lancement du groupe des Amis de l’initiative Nansen sur les déplacés climatiques

L’initiative Nansen, lancée par la Norvège et la Suisse, et dont le représentant et envoyé spécial est M. Walter Kälin, s’intéresse au phénomène des migrations transfrontalières dues aux désastres naturels liés ou non au changement climatique. Le groupe des amis de l’initiative, que la France a rejoint le 5 février 2014, comprend des États qui ne font pas partie de l’initiative mais qui souhaitent être tenus informés de ses activités et contribuer à la réflexion. En effet, si les changements climatiques ont un impact grandissant dans de nombreux domaines, on en mesure encore difficilement les conséquences, notamment sur les déplacements de population. L’initiative Nansen vise à mieux comprendre le phénomène et à envisager les réponses adéquates que la communauté internationale pourrait apporter.

Dans ce cadre, la France prône une approche basée sur les différents axes suivants :

-  il est avant toute chose indispensable de quantifier le phénomène des déplacements transfrontaliers dus aux désastres naturels. En effet, s’il existe beaucoup de données sur les déplacements internes, il y en a très peu sur les déplacements transfrontaliers. Avoir une idée précise de ce phénomène doit constituer la base de départ pour la réflexion.

- De nombreuses recherches et programmes existent déjà sur les déplacements liés aux phénomènes climatiques ; il est important de capitaliser sur ce qui existe déjà et d’assurer une étroite coordination avec les organisations traitant de cette question ou dont les actions sont liées aux désastres naturels (OIM, HCR, ISDR, BCAH…). L’OIM en particulier travaille sur ce sujet depuis près de 20 ans.

- La France n’est pas favorable à une révision des conventions de 1951 car elle estime que ce type de migration ne rentre pas dans le périmètre du droit des réfugiés. Elle prône une approche pragmatique, adaptée à chaque type de situation.

- L’approche régionale choisie par l’initiative Nansen (« bottom-up approach ») doit rester centrale. La principale conclusion des premières consultations régionales en Asie-Pacifique et Amérique centrale démontre que les contextes et besoins varient d’une région à l’autre, voire d’une communauté à l’autre. Il est donc indispensable de prévoir des mécanismes répondant aux spécificités de chaque région ; le rôle des organisations régionales est à cet égard, essentiel.

publié le 04/02/2016

haut de la page