Lancement du Groupe des Amis du Sahel

La France, en partenariat avec le Bureau de coordination des affaires humanitaires (BCAH), a procédé ce jour au lancement du "Groupe des Amis du Sahel". Cette initiative, qui rassemble à la fois donateurs traditionnels et émergents à Genève, a vocation à renforcer la coordination et la mobilisation de la communauté internationale sur la situation humanitaire au Sahel. Le lien entre les besoins humanitaires urgents des populations et la nécessité de mettre en place des politiques de long terme pour assurer la sécurité alimentaire de la région constituera un des thèmes prioritaires de ce groupe.

Vous trouverez ci-dessous l’intervention prononcée par l’Ambassadeur Nicolas Niemtchinow, Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies à Genève.

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Lancement du Groupe des Amis du Sahel

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Discours de M. Nicolas Niemtchinow, Ambassadeur, Représentant permanent auprès des Nations Unies et autres organisations internationales à Genève

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Genève — Vendredi 21 Septembre 2012

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Monsieur le coordonateur humanitaire régional pour le Sahel,
Monsieur le directeur du Bureau de coordination des affaires humanitaires à Genève,
Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues,

Je voudrais tout d’abord commencer par remercier M. le coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, M. David Gressly, de sa présence parmi nous à Genève et au lancement de ce groupe.
La fonction que vous occupez est cruciale pour la cohérence de l’action humanitaire dans la région. Je tiens à cet égard à saluer les nombreuses actions que vous avez entreprises dans ce cadre et vous exprimer tout notre soutien.

Je souhaiterais également remercier tous les participants d’avoir répondu présents à cette initiative que nous lançons aujourd’hui.

La situation humanitaire au Sahel est préoccupante, et nos amis des différents pays de la région sont là pour en témoigner.

Plus de 18M de personnes sont menacées par la crise alimentaire, et plus d’un million d’enfant souffrent de malnutrition aigue. De manière récurrente, la région est frappée par une crise alimentaire et nutritionnelle.

Une réponse précoce a permis de limiter les risques de dégradation de la situation alimentaire et nutritionnelle dans la plupart des régions du Sahel.

Mais ces efforts doivent être poursuivis par la communauté internationale, sous peine de voir tout ce que nous avons commencé à construire, s’effondrer.

A cette situation d’extrême vulnérabilité s’est ajoutée la crise au Mali qui a eu pour effet d’aggraver la situation encore davantage.
Quant à l’accès aux populations du nord Mali, celui-ci demeure très limité pour les humanitaires.
Ainsi, l’aide ne parvient pas à tous ceux qui en ont besoin.

La crise qui frappe donc la région est grave, complexe et multidimensionnelle.

Nous pensons qu’elle requiert à la fois une réponse urgente, pour faire face aux besoins immédiats des populations frappées, mais également des réponses de plus long terme, afin d’en finir avec ce cycle infernal des crises alimentaires.

Ces réponses de plus long terme doivent inclure des politiques de réduction des risques et de renforcement des capacités des communautés. Un certain nombre d’initiatives ont déjà été lancées dans ce domaine.

Pour l’ensemble de ces raisons, la France a décidé, en partenariat avec le BCAH, de créer un groupe des amis du Sahel.

Ce groupe que nous lançons aujourd’hui se réunira au niveau des experts genevois, de manière régulière, en fonction des besoins et des développements sur le terrain.
Une proposition de date, pour le début du mois d’octobre, vous sera transmise rapidement.

L’objectif de ce groupe sera à la fois de permettre un meilleur partage de l’information, une meilleure coordination des différents acteurs pour une plus grande efficacité et une meilleure anticipation et de maintenir l’attention des donateurs sur le sujet.

En tant que donateurs ou donateurs potentiels, nous avons besoin de pouvoir suivre de manière régulière avec les agences leur action sur le terrain et les difficultés qu’elles peuvent rencontrer, afin de savoir comment les aider utilement.
Nous avons également besoin de connaitre l’ensemble des mécanismes mis en place ou à l’étude pour lutter contre la crise alimentaire, de manière ponctuelle mais aussi à plus long terme.
Ces mécanismes doivent permettre de renforcer les capacités de résilience des pays et des populations de la région, et voir comment ils peuvent se compléter.

Nous espérons que ces réunions, qui se tiendront au niveau des experts genevois et se concentreront sur des thèmes spécifiques, pourront permettre une plus grande cohérence et une plus grande efficience de l’aide internationale.

Vous trouverez dans le document qui vous a été transmis, une liste de thèmes que nous vous soumettons et que nous pourrons enrichir selon vos souhaits.
Il s’agit des thèmes suivants : l’alerte précoce et les mécanismes de relèvement, le lien entre les activités humanitaires et de développement : comment construire la résilience ; comment faire face au problème de la malnutrition ; le renforcement de la coordination entre les différents acteurs ; comment répondre aux besoins financiers et au souci d’une plus grande coordination entre donateurs ; enfin quelles peuvent être les stratégies pour maintenir l’attention des donateurs.

Je vais laisser parole au coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, puis ouvrirai la discussion à ceux d’entre vous qui souhaitent s’exprimer.

publié le 21/09/2012

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