Lancement de la campagne de reconstitution du Fonds mondial (12 septembre, Paris)

Lancement de la campagne de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme - Discours de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères (Paris, 12 septembre 2018)

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Monsieur le Directeur exécutif du Fonds mondial, mon Cher Peter,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Madame la Présidente de Coalition Plus, Chère Professeure Himmich, merci de votre témoignage et de la force de votre militantisme,

Monsieur l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire, mon Cher Charles,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous demander de bien vouloir excuser l’absence de Mme Buzyn, ma collègue, ministre des solidarités et de la santé, qui se faisait à la fois un plaisir et une joie d’être présente ici, mais, malheureusement, elle est contrainte de s’absenter en raison d’une réunion importante sous l’autorité du président de la République. Elle fait son devoir mais elle est de tout cœur avec nous.

Je voudrais aussi saluer l’ambassadrice Stéphanie Seydoux, qui prend ses fonctions auprès de moi comme ambassadrice pour la santé mondiale et qui nous a accueillis tout à l’heure.

Mon cher Peter, je suis très fier que vous ayez choisi le Quai d’Orsay pour présenter votre dernier rapport. Et votre présence reflète aussi le respect de l’implication de la France dans la lutte contre les maladies infectieuses. Ce combat, Mme Himmich l’a rappelé, voilà de nombreuses années que la France l’a placé au cœur de ses priorités et de ses engagements financiers internationaux.

Si nous sommes réunis aujourd’hui, sous le haut patronage du président de la République, ce n’est pas seulement pour prendre la mesure des progrès accomplis par le Fonds mondial - vous avez entendu Peter Sands, les résultats sont là mais beaucoup reste à faire. À un an de la VIe conférence de reconstitution du Fonds, cette journée marque aussi d’une certaine manière le lancement de la mobilisation internationale que nous devons susciter pour faire de cette VIe conférence un succès.

Il y a un peu plus de quinze ans, devant l’urgence sanitaire, sociale et économique suscitée par les pandémies dans les pays en développement, nous avons entrepris, la France a entrepris - l’impulsion du président Chirac avait été très importante - de convaincre les autres membres de ce qui était alors le G8, ainsi que nos partenaires européens, qu’il était impératif de mutualiser nos efforts et nos investissements à travers le mécanisme novateur du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

Cet effort collectif a été couronné de succès. Depuis 2002, ce sont 38 milliards de dollars qui ont été décaissés. Et si la moitié de cette somme a servi à combattre le sida, le paludisme et la tuberculose sont aussi des pandémies majeures contre lesquelles nous avons lutté avec une égale détermination. Vingt-sept millions de vies ont été sauvées. En 2017, cinq millions de personnes ont été traitées contre la tuberculose et cent huit millions de personnes contre le paludisme. Et, aujourd’hui, plus de dix-sept millions de personnes séropositives sont sous traitement antirétroviral.

C’est à l’action conjointe d’un réseau d’acteurs multilatéraux auxquels la France apporte son soutien que nous devons ces résultats. Je veux parler de l’Organisation mondiale de la santé, d’ONUSIDA, de Gavi et bien sûr d’Unitaid dont la France est le premier bailleur. En facilitant le développement et l’accès de tous à l’innovation en matière de traitements et d’outils diagnostic, Unitaid joue un rôle crucial, complémentaire de l’action du Fonds mondial, je tenais à le souligner ici.

Ces résultats, nous les devons aussi à l’expertise et à l’intervention sur le terrain de nombreux acteurs français, je voulais le souligner : les opérateurs de l’État que sont l’Agence française de développement et Expertise France. Ce dernier est notamment chargé de mettre en œuvre l’initiative 5% financée par une partie de notre contribution au Fonds mondial, qui apporte une assistance technique aux pays francophones, notamment en Afrique.

Je voulais aussi souligner le rôle des instituts de recherche français. Je tiens à saluer en particulier l’Agence française de recherche sur le VIH/sida et les hépatites virales, l’Institut de recherche pour le développement et l’Inserm. Ces instituts, tout comme les ONG françaises, contribuent à développer des approches innovantes et des approches adaptées aux besoins des personnes affectées par ces maladies.

Depuis la création du Fonds, vous avez bien voulu le rappeler, la France n’a cessé de lui apporter un soutien politique et financier majeur ; les près de cinq milliards de dollars de dons que nous lui avons alloués font de nous, vous l’avez dit, le deuxième contributeur mondial d’une organisation qui a radicalement reconfiguré le paysage de la santé mondiale.

Forts de cet engagement, forts de ces actions, nous attendons de nos partenaires internationaux qu’ils nous rejoignent pour que nous soyons tous à la hauteur des enjeux. Et merci, monsieur l’ambassadeur de Côte d’Ivoire, pour le message financier que vous nous avez délivré.

Pour mettre fin à l’horizon 2030 à la menace que le sida, le paludisme et la tuberculose constituent pour la santé mondiale, comme nous nous y sommes engagés dans le cadre des Objectifs de développement durable, nous devons continuer à agir collectivement. La mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier. C’est un impératif pour tous car la bataille est loin d’être gagnée.

Malgré une baisse des décès liés au VIH/sida de 40% entre 2000 et 2017, l’épidémie reprend, vous l’avez dit Peter, dans certaines régions du monde.

La tuberculose demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière et le développement de formes résistantes pose une menace sérieuse à la sécurité sanitaire.

S’agissant du paludisme, des progrès exceptionnels ont permis depuis 2000 d’enregistrer une baisse des décès à hauteur de 60%, mais là aussi des phénomènes de résistance aux insecticides et aux traitements rendent le risque de résurgence aujourd’hui bien réel.

Autre source de préoccupation, la fragilité des systèmes de santé qui représente un obstacle majeur à des progrès durables dans la lutte contre ces pandémies.

Pour toutes ces raisons, il demeure indispensable de continuer à mobiliser des ressources financières conséquentes. C’est l’une des priorités de l’action extérieure de la France qui est mobilisée au plus haut niveau, comme en témoigne la volonté du président de la République d’accueillir à Lyon la VIe conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial le 10 octobre 2019.

Nous y parviendrons en mobilisant l’ensemble de la communauté internationale et en renforçant, d’une manière qui doit être évidemment tout à fait transparente, les partenariats entre acteurs publics et privés, pour faire avancer ensemble la santé mondiale.

L’évènement qui s’est tenu ici montre que nous y avons tous intérêt et je remercie les contributions nouvelles qui viennent de se manifester. Je remercie également Salesforce France, le sponsor de cet évènement, ainsi que l’association (Red) pour son implication à nos côtés.

Je voudrais enfin saluer tout particulièrement l’engagement de l’Inde ; le gouvernement indien a officiellement confirmé la tenue à New Delhi le 8 février 2019 d’une réunion préparatoire à la conférence de Lyon. Il s’agira d’un temps fort de la campagne de mobilisation puisqu’elle permettra de préciser le montant nécessaire à la poursuite du combat contre les pandémies et nous y serons bien sûr totalement impliqués.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire. La bataille est loin d’être gagnée mais, si nous savons unir nos forces pour mobiliser le plus largement possible, nous pourrons ensemble venir à bout des pandémies. Je compte sur votre engagement et je vous assure que la France sera au rendez-vous. Merci

publié le 14/09/2018

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