Appel à l’action humanitaire - Intervention de l’Ambassadeur

Appel à l'action humanitaire - Intervention de l'Ambassadeur


Semaine de Genève pour la paix

Événement sur la protection des travailleurs humanitaires et de santé dans les zones de conflits

Intervention de la France

Genève, 4 novembre 2019

La version prononcée fait foi.

Excellences,
Mesdames et Messieurs les représentants des Missions permanentes, des organisations internationales et ONG à Genève,
Chers participants,
Chers amis,

Tout comme mon homologue Michael (l’Ambassadeur d’Allemagne auprès de l’ONU à Genève), je suis très heureux d’être parmi vous pour évoquer ce sujet majeur pour nos deux pays et, plus largement, pour la communauté internationale. Un sujet que nous avons particulièrement porté au sein des Nations unies dans le cadre de nos présidences jumelées du Conseil de sécurité en mars et avril derniers : vous l’aurez compris, bien sûr, je parle du respect du droit international humanitaire et de la protection de ces hommes et femmes qui mettent leur volonté, leur force et leurs compétences au service des victimes des conflits.

Nous avons récemment célébrés les 70 ans de l’adoption des Conventions de Genève, une étape historique qui nous avait permis d’écrire, au lendemain d’une période difficile de notre Histoire, une nouvelle page de la coopération internationale pour mieux protéger les victimes et populations vulnérables dans les contextes de crises et d’affrontements.

Pourtant, aujourd’hui plus que jamais les violations du droit international humanitaire (DIH) se multiplient au point d’en devenir presque régulières et la protection de ces personnels, de ces personnes qui mettent en péril leur vie pour sauver celle des autres, est constamment mise à mal dans de nombreuses régions du monde. A ce titre, je souhaiterais tout particulièrement rendre hommage aux trois membres de l’Organisation internationale pour les migrations qui ont perdu la vie au Soudan du Sud, il y a une semaine, alors qu’ils participaient au dispositif de contrôle sanitaire dans le cadre de la lutte contre Ebola. Ils rejoignent la liste, déjà bien trop longue, bien trop insupportable, des centaines de travailleurs humanitaires tués cette année.

Aujourd’hui, alors que nous sommes tous réunis ici aux Nations unies, de nombreuses parties prenantes aux conflits continuent d’avoir leur propre lecture du droit international et d’adapter leur approche pour mieux contourner les principes définis par les Conventions de Genève. Pourtant, nous le rappelons ici, il n’y a qu’une seule lecture honnête du droit international humanitaire. Les règles sont claires : ne pas prendre pour cible les civils, les travailleurs humanitaires et de santé, les ambulances, les hôpitaux, les écoles, les infrastructures publiques… et ceux qui détournent ces règles devront faire face à leur responsabilité.

En effet, certains n’hésitent plus à multiplier les limitations des droits de l’Homme, à favoriser les violations du DIH et à nuire à la dignité humaine au nom de la lutte contre le terrorisme. D’autres vont même jusqu’à légitimer ces violations du DIH sous couvert de leur politique nationale et stratégie militaire qui paralysent l’assistance humanitaire et transforment le recours à la famine et aux abus sexuels en véritable arme de guerre contre les populations.

Pour la France, cela est tout à fait inacceptable et nous condamnons avec la plus grande fermeté toutes les parties prenantes aux conflits, qu’elles soient étatiques ou non, qui violent aujourd’hui le droit humanitaire, qui entravent l’action et qui nuisent à la protection des personnels des organisations humanitaires dont nous avons la chance d’avoir aujourd’hui plusieurs représentants avec nous pour apporter leurs témoignages en la matière.

Dans les murs de cette instance multilatérale des Nations Unies, aucun Etat ne peut se dissimuler derrière ses priorités nationales, ne peut oublier ses responsabilités internationales et ne peut bafouer les principes de paix et de protection des plus vulnérables que nous défendons au quotidien dans les instances multilatérales.

Très attachée aux valeurs de solidarité et d’aide aux populations en difficulté, la France s’engage au quotidien pour le respect du DIH et la protection des personnels humanitaires par ses nombreux engagements opérationnels et budgétaires aussi bien titre national, dans le cadre de nos engagements régionaux avec l’Union européenne et multilatéraux au sein des Nations Unies.

Ainsi, comme mon homologue l’a évoqué dans son intervention, la France et l’Allemagne travaillent main dans la main au renforcement de la protection des personnels humanitaires et de santé ainsi qu’à la garantie d’un libre accès aux victimes et populations les plus vulnérables dans les zones de conflit. Parmi ces initiatives, nous pouvons citer notre appel à l’action lancé fin avril pour renforcer le respect du DIH, appel que nous vous invitons tous à rejoindre pour continuer de porter ensemble cette cause comme l’ont déjà une quarantaine de pays avant vous.

Le respect du DIH a également été le sujet phare de l’évènement « Alliance pour le multilatéralisme » co-organisé avec nos amis du Canada, du Mexique, du Chili, de Singapour et du Ghana, Il y a un mois à New York en marge de l’Assemblée générale. Ce sujet nous réunit encore aujourd’hui à Genève dans le cadre de la Semaine pour la Paix, chacune de ces rencontres nous permet de renforcer nos efforts conjoints pour renforcer la protection des victimes et des personnels humanitaires sur le terrain.

Je vous remercie pour votre présence, votre mobilisation et vos actions passées, présentes et futures pour poursuivre cet objectif commun.

Dernière mise à jour le : 5 novembre 2019
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