"La première urgence est de sauver des vies"

68ème session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR)

Débat général

Intervention de la France

Genève, le mercredi 4 octobre 2017

La version prononcée fait foi.

Madame la Présidente,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Monsieur le Haut-Commissaire,

Vous l’avez rappelé dans vos propos liminaires, les déplacements forcés continuent de croitre, d’année en année. En 2017, près de 66 millions de personnes dans le monde sont déracinées du fait de la violence, des persécutions, et de la multiplication des conflits. Des millions d’autres prennent les routes, aussi, du fait de la pauvreté ou de la dégradation de leur environnement.

Face aux drames humains qu’engendrent ces déplacements, et au défi qu’ils posent désormais sur tous les continents, la communauté internationale a le devoir d’agir, selon des principes d’humanité, de solidarité et de responsabilité.

La première urgence est de sauver des vies. Il importe de fournir des voies légales et sûres pour les personnes en besoin de protection, et en luttant contre les trafiquants et les passeurs qui font commerce de la misère. La France se mobilise en ce sens : le 28 août dernier, elle a pris l’initiative de réunir à Paris certains pays partenaires européens et africains, concernés par les flux migratoires sur les routes de la Méditerranée centrale. Nous avons adopté collectivement une feuille de route : elle réaffirme la nécessaire coopération entre pays d’origine, de transit et de destination, et inclut des propositions concrètes destinées à renforcer la protection des réfugiés, par l’élargissement des possibilités de réinstallation, en étroite coopération avec le HCR et l’OIM. La France se félicite à cet égard du lancement, par le HCR, d’un groupe de travail restreint dédié à ce sujet, et invite tous les Etats à contribuer à cet effort collectif.

Cet accueil des réfugiés est un devoir moral et une obligation au regard de nos engagements internationaux.

C’est aussi une exigence de solidarité à l’égard des pays voisins des zones de conflits, qui sont en première ligne face à ces déplacements de grande ampleur, qu’il s’agisse des pays voisins de la Syrie, des pays du Bassin du Lac Tchad, de la Corne de l’Afrique, ou plus récemment du Bangladesh. Cette solidarité doit s’exprimer aussi au sein de l’Union européenne, envers les pays plus exposés que d’autres aux arrivées – la Grèce, l’Italie.

Une réponse de long terme nécessite un engagement accru de la communauté internationale pour remédier aux causes profondes des déplacements. Les conflits, l’instrumentalisation du droit international humanitaire, les violations massives des droits de l’Homme et l’impunité qui les accompagne, sont des motifs majeurs de départ. La France continuera d’œuvrer de façon résolue à la résolution de ces difficultés. Notre réponse collective devra également passer par une action déterminée pour réduire les écarts de développement, et lutter contre les effets du changement climatique, qui sont aussi facteurs d’instabilité. La France y prendra toute sa part.
Il y a plus d’un an, les Etats se sont engagés collectivement à un partage accru de la responsabilité en réponse aux mouvements de grande ampleur, en endossant la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants.

La France salue les avancées réalisées depuis par le HCR pour la mise en œuvre du Cadre de réponse globale pour les réfugiés : sur le terrain, en associant l’ensemble des acteurs dont l’implication est nécessaire à la recherche de solutions durables, le HCR œuvre concrètement à la rénovation de notre action collective pour répondre aux défis multiples causés par les déplacements forcés, en soutien aux réfugiés, aux déplacés internes, et aux pays hôtes.

Dans ce contexte, la France appuie les efforts continus du HCR pour renforcer ses partenariats avec les acteurs du développement, tels que le PNUD ou la Banque mondiale. Leur engagement à vos côtés est désormais indispensable, en particulier dans le contexte de crises prolongées de plus en plus nombreuses.

La France sait l’attention que vous portez aux efforts engagés par chaque Etat pour préserver et renforcer l’espace de protection et le régime de l’asile sur son territoire, conformément à la Convention de 1951. Elle engagera dans les prochains mois un travail de refondation de sa politique d’asile et d’immigration, passant par un accroissement de nos capacités d’hébergement, une accélération des procédures d’asile et un renforcement des dispositifs d’intégration des réfugiés. Nous serons très attentifs à la situation des mineurs non-accompagnés.
Madame la Présidente,

Permettez-moi, pour conclure, de saluer le travail remarquable mené par les équipes du HCR, qui font preuve quotidiennement d’un professionnalisme et d’un dévouement sans faille malgré la dégradation de l’environnement sécuritaire et la complexité de nombreuses situations.

Je vous remercie./.

publié le 09/10/2017

haut de la page