Autonomisation économique et éducation des femmes et des filles - Représentation permanente de la France

Autonomisation économique et éducation des femmes et des filles

Autonomisation économique et éducation des femmes et des filles

40ème session du Conseil des droits de l’homme

Evènement parallèle sur l’autonomisation économique et l’éducation des femmes et des filles

Intervention de S.E. M. François Rivasseau, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de l’ONU à Genève

Genève, 7 mars 2019

La version prononcée fait foi.

Madame la Ministre,
Chères et chers collègues, Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Je suis honoré d’ouvrir l’événement de ce jour et je remercie la Roumanie, qui assure actuellement la présidence du Conseil de l’Union européenne, de l’avoir co-organisé avec la France.

A l’occasion des 40 ans du CEDAW, je tiens à rappeler l’attachement de la France aux valeurs et aux objectifs de cet organe des Nations Unies qui lutte contre les discriminations à l’égard des femmes et des filles. Comme vous le savez, l’égalité femmes-hommes a été déclarée grande cause du quinquennat par M. le Président Macron.


I. A l’international, la promotion de cette grande cause passe par trois priorités, qui sont les 3 objectifs principaux de notre présidence du G7 sur le volet de l’égalité de genre :
-  l’accès des filles à l’éducation,
-  l’autonomisation économique des femmes, en particulier à travers l’entreprenariat en Afrique,
-  et la lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.

1/ L’accès des filles à l’éducation est la condition primordiale de la réduction des inégalités pour les prochaines générations. Aujourd’hui, une majorité invisible de filles n’a pas accès à l’éducation pour des raisons structurelles –je pense aux mariages forcés, aux grossesses précoces, mais aussi aux besoins financiers des familles et aux travaux domestiques. Demain, les générations de jeunes filles éduquées seront davantage en capacité d’échapper à une destinée qu’elles n’ont pas choisie.

L’accès des filles à l’éducation est le premier pas vers une autonomisation des femmes, car l’éducation permet d’apprendre à faire des choix librement, et elle donne des outils pour s’émanciper sur le plan économique, mais aussi sur le plan de l’égal accès aux droits. A cet égard, le travail de l’UNICEF, d’ONU Femmes et d’organisations de la société civile telles que le Plan international joue un rôle fondamental. C’est là que l’éducation permet justement de donner à chacun et chacune les moyens de trouver sa place dans la société et d’enrayer la fatalité de la pauvreté et de l’appauvrissement.

2/ Cela nous mène au deuxième pilier de notre action : l’autonomisation économique des femmes. Une étude de la Banque mondiale publiée la semaine dernière rapporte que le droit du travail est, à travers le monde, plus défavorable aux femmes : elles n’ont en moyenne que les trois-quarts des droits qu’ont les hommes en matière d’emploi. Aux côtés de cinq autres pays, la France est garante d’une stricte égalité de droit entre les femmes et les hommes et obtient parmi les meilleurs scores de cette étude. Sans jamais tomber dans l’autosatisfaction, ces chiffres doivent nous pousser à approfondir la réflexion sur ce sujet avec nos partenaires, notamment à travers d’évènements semblables à celui d’aujourd’hui.

Au niveau mondial, l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes reste de 23% en moyenne, allant jusqu’à 40% dans les zones rurales. Des progrès peuvent encore être accomplis.

3/ Les deux priorités que sont l’accès à l’éducation et l’autonomisation économique des femmes concourent finalement au troisième objectif de notre diplomatie en faveur du droit des femmes et des filles : la lutte contre toutes les formes de violence à leur égard. Ces dernières années, des progrès ont été accomplis, mais ils sont trop lents. Les chiffres sont parlant : encore 35% des femmes sont victimes de violence physique ou sexuelle au cours de leurs vies.

C’est pour toutes ces raisons que la France, partout dans le monde mène un dialogue exigeant sur les droits des femmes et des filles. Cette action passe en particulier par la promotion de la Convention d’Istanbul, le premier instrument juridiquement contraignant au niveau européen pour la protection contre les violences faites aux femmes.

II. Parvenir à une meilleure éducation et une autonomisation des femmes et de filles est un objectif commun à tous les pays qui s’y sont engagés dans le cadre de l’Agenda 2030 pour le développement durable. C’est pourquoi la France est particulièrement engagée au niveau national.

1/ En matière d’éducation, l’égalité des filles et des garçons est inscrite dans le droit français. Elle encourage un climat scolaire serein, assure un cadre protecteur - sans comportements ni violences sexistes - et elle favorise la mixité et l’égalité en matière d’orientation. L’action du gouvernement français pour assurer l’égalité filles-garçons dans le domaine de l’éducation repose sur deux piliers principaux :

-  La prévention et la sanction des agissements sexistes et du harcèlement au sein des établissements scolaires

-  Et la promotion de l’égalité dans les contenus d’enseignement, afin de combattre les effets d’autocensure chez les filles et la non-mixité dans certains cursus scolaires.

Depuis 2011, toute parole sexiste et tout acte déplacé fait l’objet d’une sanction, qui peut aller du rappel à l’ordre à l’exclusion de l’élève. Pour la rentrée 2018, le Gouvernement a renforcé les outils de formation du personnel enseignant et d’information des parents et des élèves pour lutter plus efficacement contre toutes les formes de violences sexistes, en particulier le cyber-harcèlement, qui a fait l’objet d’une campagne de sensibilisation.

Par ailleurs, le contenu des enseignements a été repensé pour développer chez les élèves, filles et garçons, des compétences sociales et civiques telles que le respect de l’autre sexe et le refus des stéréotypes. Depuis la rentrée 2018, chaque établissement nomme un référent égalité, dont rôle consiste à diffuser une culture de l’égalité au sein de l’école. Les instances représentatives des élèves sont également tenues à une obligation de parité depuis la loi relative à l’égalité et à la citoyenneté du 27 janvier 2017.

2/ L’autonomisation des femmes est également au cœur de l’action du Gouvernement. L’action législative et le financement de projets favorisant l’autonomisation économique des femmes ont permis d’approfondir l’égalité femmes-hommes dans le monde du travail. Permettez-moi de rappeler quelques mesures clés :

-  La loi Copé Zimmermann de 2011, devenue pleinement effective en 2017, a permis, en fixant un objectif chiffré, d’atteindre aujourd’hui le taux de 40% de femmes dans le conseil d’administration des entreprises du CAC 40 et de la SBF (Société des Bourses françaises).

-  La « loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel » promulguée le 5 septembre 2018 fixe un objectif de 3 ans aux entreprises pour se conformer à l’égalité salariale. Depuis un décret de janvier 2019, toutes les entreprises de plus de 50 employés doivent calculer et publier un Index Egalité, qui met en valeur les écarts de salaires entre hommes et femmes.

-  Enfin, je tiens à signaler que le Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes a financé, en 2018, 20 projets nationaux et régionaux à hauteur d’un million d’euros pour mettre en œuvre des actions concrètes et innovantes contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Je laisse maintenant la parole à Mme Leinarte, ancienne présidente du CEDAW et j’en profite pour saluer les efforts du CEDAW pour lutter contre les discriminations à l’encontre des femmes et des filles.

Dernière mise à jour le : 25 juillet 2019
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