"La France a un rôle majeur à jouer"

Discours de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
Paris, 17 mai 2017

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Monsieur le Premier ministre, Cher Jean-Marc,
Madame la Ministre,
Messieurs les Ministres,
Chers Amis,

Quelques mots, simplement. D’abord pour constater qu’en fait au ministère de la défense, la tradition n’existe pas de prononcer des propos au moment de la passation de pouvoirs. Je ne vais pas vous faire ici mon discours bilan du ministère de la défense ; ce ne serait pas convenable. J’ai déjà eu l’occasion de le faire par anticipation il y a quelques jours.

Mais, à cet instant, je voudrais vous dire, puisque vous partagez, vous tous, ce qui s’est passé depuis 5 ans, combien je suis fier de l’action que la France a menée depuis ces 5 années, singulièrement par le ministère de la défense, vous dire la fierté qui a été la mienne à ce moment-là, la fierté qui est la mienne aujourd’hui de poursuivre d’une autre manière ce combat de la présence de la France, mais surtout ce combat pour la sécurité des Français. À cet instant où je prends mes fonctions ici, j’ai cette pensée pour les hommes et les femmes qui ont combattu, et en particulier pour ceux qui ont donné leurs vies pour notre sécurité, aux blessés, à leurs frères d’armes et je sais combien cette émotion est aussi partagée par l’ensemble des personnels qui sont ici.

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre me confient désormais la tâche de conduire la diplomatie et l’action internationale de la France. Je veux leur exprimer ici ma gratitude. C’est un honneur immense. C’est une responsabilité majeure que j’accepte avec gravité et avec détermination.

J’aimerais te dire, cher Jean-Marc, qu’au cours de ces derniers mois, tu as été le défenseur infatigable de la voix de la France dans le monde. Je voudrais rendre hommage au travail qui a été le tien, singulièrement pour cette conviction européenne que nous partageons totalement l’un et l’autre.

Il se trouve, vous le savez déjà - je le dis là à la fin d’une partie de ton parcours - qu’avec Jean-Marc Ayrault, nous avons une longue fréquentation. Nous avons été maires ensemble, quasiment. Lui à Nantes, moi à Lorient ; députés, j’étais sous son autorité comme président de groupe pendant de nombreuses années. J’ai eu la chance de faire partie de son gouvernement lors de l’arrivée de François Hollande. Et il se trouve que maintenant je lui succède et je voudrais à cet instant lui redire mon amitié et vous souhaiter à vous deux, pour votre nouvelle vie, beaucoup de bonheur. Je sais que vous ne manquerez pas d’activité. C’est une autre vie qui vous attend mais je sais que l’engagement à plusieurs formes et que vous trouverez certainement des nouvelles formes pour votre épanouissement.

Mesdames et Messieurs, l’élection présidentielle l’a rappelé, d’abord par l’intérêt considérable qu’elle a suscité à travers le monde, que la France tient une place singulière, une place centrale dans le concert des nations. Elle a un rang à tenir ; elle a une voix à faire respecter ; elle a des valeurs à défendre ; elle a des intérêts à défendre. Et j’estime qu’à cet égard, il y a une forme de continuité entre le travail que j’ai mené au ministère de la défense et la mission qui est la mienne aujourd’hui à la tête de ce ministère. C’est ma conviction, et mon expérience aussi. Les ministères des affaires étrangères et de la défense ont des destins intimement liés, ne serait-ce au cours de ces derniers mois que pour le destin commun concernant la sécurité des Français, que nous avons mené ensemble.

Je sais - et vous l’avez rappelé, Monsieur le Premier ministre - que je peux compter ici sur des femmes et des hommes d’une valeur exceptionnelle. Il me tarde, Mesdames et Messieurs, de vous rencontrer. Je connais déjà certains d’entre vous. En étant à votre tête, je voudrais aussi être à vos côtés, et en retour évidemment je vous demande l’engagement de tous les instants, mais je sais qu’il est là, dans une situation internationale complexe, fragile, instable qui mérite en permanence d’afficher la place de la France, car la France a un rôle majeur à jouer. Elle ne s’est pas refermée sur elle-même, elle veut assumer totalement sa vocation universaliste dans le monde.

Aujourd’hui, comme ministre des affaires étrangères, je suis heureux de poursuivre mon engagement pour servir mon pays et je sais que, vous toutes et vous tous, vous saurez m’accompagner avec vos compétences, votre engagement, votre détermination exceptionnelle que j’ai pu déjà constater dans de nombreux déplacements dans le monde. Je vous fais confiance. Vous pouvez compter sur ma détermination et ma ténacité et je sais qu’elles seront au rendez-vous.

Merci, Monsieur le Premier ministre de toute l’action que vous avez menée au service de notre pays et bon vent à vous.

Merci.

publié le 18/05/2017

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