Journée mondiale de la liberté de la presse – débat.

A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, la France a souhaité rendre hommage à tous ceux qui la font vivre et en particulier aux journalistes de Charlie Hebdo, assassinés le 7 janvier. Depuis le début de l’année, 22 journalistes ont été tués. A travers eux, c’est la liberté d’expression qui est visée.

Le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International a organisé mardi 5 mai une Conférence-débat sur le thème de « La liberté d’expression sur Internet ». Deux tables-rondes se sont tenues : l’une sur la protection des cyber-journalistes dans les conflits et face à la menace terroriste, l’autre sur la liberté d’expression face aux Etats « ennemis d’Internet ».

Avec ses partenaires CFI, RSF, France Médias Monde, TV5 Monde, France Culture et Slate.fr, le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International se mobilise pour permettre aux professionnels de l’information sur internet de protéger leurs données, d’échapper à la censure et de libérer les contraintes qui s’exercent sur leur métier. Cette rencontre a été l’occasion d’échanger avec des acteurs de terrain, d’écouter leurs témoignages et de souligner l’engagement de la France pour la liberté d’informer, partout dans le monde.

La Journée mondiale de la liberté de presse a été instaurée par l’Organisation des Nations Unies en décembre 1993 après la tenue du Séminaire pour le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste, qui s’est déroulé à Windhoek (Namibie) en 1991. La Journée mondiale de la liberté de presse est célébrée le 3 mai de chaque année, date à laquelle la Déclaration de Windhoek a été adoptée.
L’actualité nous le rappelle tragiquement de façon régulière : trop de journalistes, comme les journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier 2015, Ghislaine Dupont et Claude Verdon, assassinés en 2013 au Mali alors qu’ils effectuaient un reportage pour Radio France Internationale, comme Camille Lepage en Centrafrique, comme James Foley et Steven Sotloff assassinés par Daech, et tant d’autres encore, paient de leur vie leur engagement en faveur de la liberté de la presse.

En 2014, selon les chiffres de Reporters sans Frontières (RSF), ce sont 66 journalistes, 11 collaborateurs, et 19 citoyens-journalistes qui ont été tués, notamment victimes de conflits. Mais l’enjeu de la protection de la liberté d’expression et de la liberté de la presse n’est pas limité aux situations de crise ou aux actes terroristes. Dans de nombreuses régions se développent des mesures législatives ou réglementaires qui restreignent abusivement la liberté d’expression, en favorisant l’ingérence de l’État contre l’indépendance éditoriale des médias. Dans un contexte de multiplication des crises, les journalistes en ligne et les blogueurs sont les premières cibles des pays prédateurs de la liberté d’informer. A mesure que se développent les réseaux sociaux, les violations des droits de l’Homme se multiplient, commises par des Etats "ennemis d’internet", selon le qualificatif d’RSF.

La France est attachée à la défense de la liberté d’expression y compris sur Internet, qui constitue un moyen planétaire de diffusion de l’information et des opinions, utilisé notamment par les mouvements d’opposition, les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes. Mais Internet est également véhicule de propagande haineuse, de matériels susceptibles d’atteindre la morale et la santé publiques ainsi que la sécurité des Etats.

publié le 05/05/2015

haut de la page