HCR - ExCom66 – Réfugiés Afghans – Intervention de la France

Retrouvez l’intervention du Représentant permanent de la France à l’occasion du segment de haut-niveau sur les réfugiés afghans prononcé lors de la 66e session du Comité Exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

66ème Comité exécutif du HCR (5-9 octobre 2015)
Segment de haut niveau sur les réfugiés afghans
Intervention de la France


Monsieur le Président,
Monsieur le Haut-Commissaire,
Mesdames et Messieurs,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne. Elle remercie le Haut-Commissariat pour les Réfugiés d’avoir organisé ce segment de haut-niveau.

Les réfugiés afghans ont quitté leur foyer, pour certains, depuis 1979. Trois générations d’Afghans sont nées en dehors de leur pays.

Il existe en Afghanistan des avancées sur la voie du développement et l’engagement du gouvernement à faire progresser le processus de paix, en concertation avec les pays de la région, mérite d’être salué. Mais les défis restent nombreux, en particulier au plan sécuritaire. Le conflit continue à s’étendre et le degré de violence ne cesse d’augmenter, comme le démontrent les récentes violences à Kunduz. Nous déplorons les nombreuses victimes, dont des employés de Médecins sans frontières, causées par un bombardement sur l’hôpital de Kunduz. Comme l’a exprimé hier M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du développement international, la France souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame.

Les populations civiles paient le plus lourd tribut des affrontements et de la détérioration de la situation sécuritaire. Les chiffres que vous citez en témoignent.

Dans ce contexte difficile, la communauté internationale doit rester mobilisée, pour porter assistance aux réfugiés afghans, restés au Pakistan et en Iran, et pour accompagner l’Afghanistan vers plus de stabilité, de prospérité et de démocratie. Les Nations unies jouent là un rôle essentiel, et je salue à cet égard l’engagement remarquable du HCR.

Les réfugiés, les rapatriés et les déplacés les plus vulnérables continuent en effet d’avoir besoin d’une aide pour couvrir leurs besoins humanitaires immédiats, en matière de protection, d’accès à un logement sûr, et de services de base, comme les soins de santé, et l’accès à l’eau potable.

La communauté internationale doit aussi continuer de promouvoir le respect du droit international humanitaire et des principes humanitaires par toutes les parties. Il est indispensable de plaider en faveur d’un accès aux populations dans le besoin.

Face aux difficultés que peuvent rencontrer les femmes et les jeunes filles, nous nous félicitons du plan mis en place par le HCR pour prévenir la violence sexuelle et sexiste en Afghanistan et promouvoir l’autonomisation des femmes. Nous saluons aussi l’adoption par l’Afghanistan d’un plan d’action national « Femmes, paix et sécurité » pour la mise en œuvre de la résolution 1325 et l’appelons à poursuivre ses efforts dans ce domaine.

Monsieur le Président,

Cette situation nous rappelle que les conflits génèrent des déplacements de plus en plus longs et de plus en plus complexes, qui nourrissent les crises migratoires telles que nous connaissons aujourd’hui. Malgré la générosité des donateurs - l’Union européenne a par exemple, ces 10 dernières années, contribué à hauteur de € 650 millions -, les appels de fonds des organisations internationales pour les crises prolongées sont sous-financés.

Si la sécurité est un élément déterminant dans la décision de rentrer chez soi, d’autres éléments sont essentiels pour inscrire ce retour dans la durée. Il est donc nécessaire d’entamer, dès que possible, des actions de développement qui s’appuient sur le renforcement de l’Etat de droit, l’égalité de tous, et sur la bonne gouvernance.

Nous saluons les efforts consentis par les principaux pays hôtes de la région et leurs communautés d’accueil, au Pakistan et en Iran, qui ont accueillent plusieurs millions de réfugiés afghans. Il est positif que les gouvernements des pays concernés approfondissent leur collaboration dans le cadre de la « stratégie des solutions » mise en place en 2012 sous l’égide du HCR. Les partenariats qui ont été mis en place avec toutes les parties prenantes sont essentiels pour mettre en œuvre concrètement cette stratégie.

Sans solution durable à ce conflit, les populations continueront d’être poussées à l’exode. La communauté internationale doit continuer d’accompagner le gouvernement afghan dans ses réformes pour renforcer l’Etat de droit et pour chercher une solution politique durable. Le soutien des pays de la région est primordial pour que le processus afghan de réconciliation soit un succès et pour garantir les conditions d’une paix et d’un développement durable en Afghanistan.

Je vous remercie./.

publié le 16/02/2016

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