HCR : 47ème session du Comité permanent - Intervention de la France

Haut Commissariat aux Réfugiés

me session du Comité permanent}

Point 3 : Activités régionales et programmes globaux, Afrique}

Intervention du Représentant permanent adjoint de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève

(Genève, 2 mars 2010)

* * * * * *

Monsieur le Président, puisque je prends la parole pour la première fois, permettez moi de vous féliciter pour votre élection et de vous souhaiter plein succès dans vos fonctions à la tête du bureau exécutif.

Je tiens également à remercier M. Okkoth-Obbo pour son exposé sur les défis que le HCR rencontre dans la mise en œuvre de ses programmes en Afrique.

Je souhaiterais mettre l’accent sur trois situations humanitaires qui sont source de préoccupations particulières pour la France.

Permettez-moi d’évoquer tout d’abord la République démocratique du Congo, où la situation s’est encore dégradée depuis l’an dernier. Les déplacements massifs de populations, à l’intérieur du pays comme vers les pays voisins, font de l’aide humanitaire une priorité. Je sais le rôle essentiel qu’y joue le HCR, notamment à travers l’élaboration, de façon conjointe avec la MONUC, d’une stratégie globale de protection des civils en RDC. L’aide du HCR dans le domaine de la protection est plus que jamais nécessaire au vu des difficultés rencontrées par les populations les plus vulnérables. La France encourage tout particulièrement le HCR à renforcer ses programmes pour lutter contre les violences sexuelles. Le HCR peut compter sur le soutien de la France dans l’accomplissement de son mandat en RDC, dans un contexte marqué par d’importantes contraintes logistiques et d’accès. Conscient du rôle fondamental que joue la MONUC pour la protection des civils, le Gouvernement français se mobilise également pour que la mission reconfigurée, au-delà de l’échéance actuelle prévue au 31 mai prochain, conserve au cœur de son action l’exigence de protection des populations vulnérables dans les zones d’affrontement.

S’agissant des pays voisins de la RDC, la France est très attentive à l’impact des déplacements de population massifs vers la République du Congo et la République centrafricaine, qui ont vu affluer ces derniers mois des dizaines de milliers de personnes originaires de la province d’Equateur. Je vous serais reconnaissant des informations actualisées que vous pourriez nous communiquer à cet égard.

Je souhaiterais appeler également l’attention sur la situation au Tchad, qui compte encore près de 270.000 réfugiés et 185.000 déplacés internes. Je comprends que les autorités tchadiennes pourraient accepter un renouvellement pour deux mois du mandat actuel de la MINURCAT, de façon préalable à la poursuite des négociations sur l’avenir de la force, dont la présence est essentielle à la stabilité de la région, à la protection des civils et à la sécurité des personnels humanitaires. Un tel renouvellement nous permettrait de réfléchir sereinement aux modalités permettant d’assurer la continuité des secours humanitaires dans les meilleures conditions au Tchad.

S’agissant du Soudan voisin, qui abrite 2.700.000 déplacés, je voudrais là aussi relever une lueur d’espoir née de la signature par le Gouvernement soudanais et le MJE (Justice and Equality Movement »), le 23 février dernier à Doha, de l’accord-cadre pour le règlement du conflit au Darfour. Il s’agit d’une avancée significative sur la voie de la paix et je forme le vœu qu’elle permette d’améliorer l’accès aux populations déplacées. Nous devons rester vigilants face à la situation des personnes réfugiées et déplacées dans le Sud du Soudan, compte tenu des menaces sécuritaires posées par la LRA et les affrontements locaux, a fortiori à l’approche d’échéances électorales cruciales. Alors que la MINUS (UNMIS) dispose d’un mandat en matière de coordination de l’action humanitaire internationale et de protection des civils, le concept stratégique de protection des civils au Soudan, annoncé par le SGNU dans son dernier rapport, est attendu.

Je veux terminer mon propos en rendant un hommage appuyé aux équipes du HCR, tant au siège que sur le terrain, pour leur engagement et leur action en faveur des réfugiés, des apatrides et des déplacés internes dans des conditions de sécurité souvent très précaires.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

publié le 15/12/2010

haut de la page