Groupe de contact sur la Syrie (Point de presse, 28/09)

Q - Alors que Staffan de Mistura table toujours sur des discussions fin octobre à Genève, où en est le groupe de contact préconisé par la France ? Sera-t-il opérationnel pour faire pression sur les belligérants lors du prochain round de discussions en Suisse ?

R - Nous vous rappelons les raisons pour lesquelles le président de la République a fait cette proposition d’un groupe de contact sur la Syrie : nous entrons dans une nouvelle phase du conflit en Syrie qui verra la défaite de Daech. Mais il n’y a pas d’horizon pour la fin de la guerre civile. Or, sans solution politique qui y mettrait un terme, le pays restera un foyer de terrorisme et donc une menace pour nous.

Depuis 2011, tous les formats de négociation destinés à trouver une issue politique à ce conflit et in fine à mettre en œuvre la résolution 2254 ont échoué. Les progrès du processus de Genève sont en deçà des attentes malgré les efforts continus de l’envoyé spécial des Nations unies, Staffan de Mistura. Le processus d’Astana a certes permis des progrès en matière de cessez-le-feu et de désescalade, mais il n’a pas vocation à traiter les questions politiques qui relèvent des Nations unies. Au demeurant, il pourrait aboutir à une partition de fait de la Syrie.

La mise en œuvre de la résolution 2254 suppose que les pays capables de peser sur un règlement du conflit aident les Syriens à parvenir à un accord sous l’égide des Nations unies. C’est à cette fin que le président de la République a proposé la création d’un groupe de contact restreint dont le noyau serait les membres permanents du conseil de sécurité. La convergence des membres du P5 est nécessaire pour que les discussions progressent.

Les discussions à New York ont été constructives, grâce à des réunions des directeurs politiques du P5, aux nombreux échanges du président de la République avec ses homologues russes, américain, iranien et turc et des représentants de l’opposition syrienne, ainsi qu’à la faveur de la réunion du P5 sous la présidence du secrétaire général des Nations unies le 21 septembre.

La Syrie a été le principal point à l’agenda de cette réunion. Jean-Yves Le Drian a présenté cette proposition de groupe de contact à ses partenaires. Ils ont tous endossé cette approche d’appui aux efforts de règlement politique que demandait aussi Staffan de Mistura Ils sont tous d’accord pour participer à cette dynamique collective. Il a donc été décidé de mettre à profit les prochaines semaines pour affiner entre pays membres du P5 les paramètres de mise en œuvre de cette initiative, mettre ensemble les acteurs importants aujourd’hui rassemblés dans des formats divers et trouver ainsi la bonne impulsion diplomatique qui permettra à la transition politique de s’engager, sous l’égide des Nations unies et en lien avec Staffan de Mistura.

publié le 02/10/2017

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