Discours du Représentant Permanent à l’occasion du 14 juillet

A l’occasion de la Fête Nationale dans les jardins de la Représentation permanente, l’Ambassadeur a prononcé un discours engagé.

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Mesdames et Messieurs les représentants de Genève,
Mesdames et Messieurs les Directeurs des organisations internationales à Genève,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs représentants permanents,
Monsieur le Maire d’Annemasse,
Monsieur le Maire de Pregny-Chambésy,
Monsieur le Maire de Ferney-Voltaire,
Monsieur le Maire de Saint-Genis Pouilly,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Avec mon épouse Françoise, nous sommes très heureux de vous accueillir pour célébrer le 14 juillet dans le cadre magnifique de la Mission française, sur les bords du lac. Nous sommes particulièrement heureux aussi cette année car c’est la quatrième fois que nous avons le plaisir de fêter le 14 juillet avec vous, à Genève, ce qui est assez exceptionnel.

Ce 14 juillet sera donc pour nous l’occasion de vous dire au revoir, et surtout de tous vous remercier pour ces quatre années passées parmi vous.

Nous voudrions tout d’abord remercier notre Etat-hôte, la Suisse ainsi que la république et canton de Genève et les Genevois pour leur accueil, leur ouverture d’esprit et de cœur à l’égard de la Genève internationale. Je voudrais ensuite remercie mon épouse Françoise pour ses conseils éclairés, sa contribution déterminante à l’action de la Mission et à son rayonnement dans Genève, où tu as tissé de très nombreux liens.

Je voudrais remercier aussi tous nos collègues, présents en nombre aujourd’hui, de la Genève internationale et de cette mission que j’ai eu l’honneur de diriger, pour ces quatre années de travail en commun. Je n’ai jamais connu au cours de ma carrière un milieu professionnel aussi riche, aussi divers, aussi stimulant et enrichissant que la Genève internationale. La Genève internationale est un lieu unique d’interaction internationale, une concentration extraordinaire de personnalités brillantes et d’expertises remarquables. C’est assurément l’un des centres majeurs de cette gouvernance internationale plus juste et plus efficace que nous souhaitons bâtir. C’est un laboratoire extraordinaire pour préparer le monde de demain, un monde que nous voulons plus juste, moins violent, plus respectueux des droits de la personne humaine, et de la nature.

Genève, c’est le lieu irremplaçable de la défense des droits de l’Homme. C’est ici, au sein du Conseil des droits de l’Homme notamment, que nous faisons vivre l’héritage de Rousseau, ce philosophe que Genève et la France ont en partage, et qui a inspiré la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 ainsi que la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 des Nations Unies.

Mesdames et Messieurs,

N’oublions jamais le message de Rousseau, qui est simple et vrai : toute personne humaine dispose en tant que telle de droits naturels et inaliénables, dont elle ne peut être privée sous aucun prétexte, âge, convictions politiques ou religieuses, couleur de le peau, orientation sexuelle, que sais-je encore.

Non, Mesdames et messieurs, les droits de l’Homme ne peuvent souffrir aucune relativisation. Ils ne sont pas une production historique contingente et historiquement située, le XVIIIème siècle occidental, comme certains tentent parfois de le dire. On ne peut pas remettre en cause les droits de la personne humaine, au nom de je ne sais quelles valeurs culturelles ou valeurs traditionnelles, au nom d’une religion, au nom d’impératifs de sécurité ou de développement économique, au nom d’institutions sociales ou étatiques. Au Conseil des droits de l’Homme, nous ne défendons pas les Etats, les souverainetés, les frontières, les cultures, les économies, les institutions sociales : au conseil des droits de l’Homme, nous défendons la personne humaine et ses droits imprescriptibles, la liberté de la société civile, la libre parole des ONG et des défenseurs des droits.

Restons vigilants sur ce point à l’heure où avec la multiplication des crises, nous assistons à une résurgence inédite de la violence et de la barbarie. A l’heure aussi où nous voyons une tendance insidieuse au développement d’un discours de relativisation de l’universalité des droits de l’Homme, qui est tout aussi dangereux que les violations elles-mêmes.

Mon second message aujourd’hui sera un hommage à tous les travailleurs humanitaires qui œuvrent à Genève et sur le terrain pour faire face aux souffrances engendrées par un contexte de crises sans précédent.
Dans le domaine humanitaire, nous sommes confrontés à une situation sans précédent depuis la 2ème Guerre Mondiale, avec un triste record en 2014 de plus de 60 millions de déplacés et de réfugiés dans le monde.
La semaine dernière, la barre des 4 millions de réfugiés syriens a été franchie. Quand on pense que la moitié d’entre eux sont des enfants, on imagine le traumatisme que ce conflit représentera pour des générations entières, privées d’avenir.

Le Droit international humanitaire est quant à lui de plus en plus bafoué.
Aussi je voudrais en profiter pour saluer le travail de toutes celles et tous ceux qui dans les agences de l’ONU, à l’OMS, au HCR, à l’OIM, au CICR, et dans les ONG œuvrent sur le terrain, parfois au péril de leur vie, pour prêter assistance aux populations qui en ont besoin et alléger leurs souffrances.

Nous sommes conscients des défis sécuritaires, des contraintes d’accès, mais des difficultés financières -compte tenu de l’ampleur des besoins- auxquels vous êtes confrontés.

Sachez que la France est et restera mobilisée à vos côtés sur ces crises, pour lesquelles nous avons bien conscience que la seule solution viable est une solution politique.

Mon dernier message portera sur l’urgence climatique. A Genève se trouve l’organisation météorologique mondiale, dirigée par Michel Jarraud. Que nous disent ces scientifiques ? Que le changement climatique est une réalité massive, indiscutable ; qu’il s’accélère ; que ses conséquences seront dramatiques pour l’humanité si nous ne faisons rien ; que le coût de la non-action sera supérieur à celui des efforts que nous devons faire pour aller vers des économies plus sobres en carbone et plus respectueuses de notre planète ; que la croissance verte représente de formidables opportunités de croissance économique.

Mesdames et Messieurs,

Dans quelques mois, en décembre prochain, la France accueillera la conférence Paris-climat 2015. La France appelle les Etats, les organisations internationales, les opérateurs économiques, les collectivités locales et les sociétés civiles à s’engager pour que cette conférence permette un accord ambitieux et courageux permettant d’enrayer le réchauffement climatique. Nous le devons aux générations futures. C’est pour cela que j’ai tenu à lancer devant vous cet appel devant vous en compagnie de jeunes étudiants engagés du Lycée international de Ferney-Voltaire, qui ont récemment lancé un appel en ce sens à notre génération de décideurs. Mobilisés pour la défense de notre planète et pour un avenir durable, ils appellent les jeunes du monde entier à la mobilisation et ils témoignent de leur volonté à prendre en main leur destin.

Chers amis,

Encore une fois, merci pour ces années passées parmi vous, pour votre engagement, et bon 14 juillet !

publié le 15/02/2016

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