ECOSOC : Segment de haut niveau

ECOSOC

Segment de haut niveau}

Intervention de M. Jean-Baptiste Mattéi, Ambassadeur, Représentant permanent de la France

(Genève, 9 juillet 2009 – Palais des Nations)

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Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs,

La France souscrit au discours prononcé par la Suède au nom de l’Union Européenne, et voudrait pour sa part apporter les réflexions suivantes.

Dans un monde marqué par des crises majeures, la santé mondiale reste au cœur de nos préoccupations.

1/ La propagation de la pandémie de grippe A/H1N1 met à l’épreuve nos responsabilités individuelles et collectives. Nous devons poursuivre la vigilance et continuer à privilégier une étroite coordination avec l’OMS.

2/ La crise économique aggrave les inégalités face à la maladie partout dans le monde et affecte principalement les plus vulnérables.

3/ Dans ce contexte d’instabilité et d’incertitude, il est de notre devoir de définir avec rigueur nos priorités et de réaffirmer notre solidarité . La santé doit demeurer un investissement majeur de nos politiques nationales et internationales. Des systèmes de santé universels, équitables, solidaires, et préparés à la gestion des risques, quels qu’ils soient, constituent la pierre angulaire de la poursuite des objectifs que nous nous sommes fixés.

4/ Madame la Présidente, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, dont plusieurs concernent directement la santé mondiale, est encore très inégale et incertaine. Elle dépend beaucoup de la stabilité des moyens de financement des institutions de santé internationale.

La France encourage des politiques de financement novatrices dans ce domaine.

En se réunissant à Paris au mois de mai dernier, lors la Conférence sur les financements innovants, de nombreux Etats se sont engagés à promouvoir et à mettre en œuvre certains de ces nouveaux outils.

La France, vous le savez, est un élément moteur de cette dynamique de création d’instruments innovants. Depuis 2005, le fonds UNITAID permet l’achat des médicaments à moindre coût contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme grâce à une taxe sur les billets d’avion. Mais d’autres mécanismes innovants ont fait leur apparition, comme la Facilité internationale de financement pour la vaccination (IFFIm) ou la Garantie d’achats futurs (AMC).

Ces trois mécanismes ont permis de dégager plus de 2 milliards de dollars depuis 3 ans.

5/ Nous devons aussi prendre en compte ce qui a été dit lundi dans cette salle où de nombreuses interventions ont mis en évidence l’explosion des maladies non transmissibles dans les pays en développement et à moyens revenus. Nous devons donc faire un effort, particulièrement sous l’angle de la prévention, pour lutter contre ces maladies qui pour beaucoup sont des maladies de la pauvreté, dues à une mauvaise alimentation, un mauvais environnement, un défaut d’éducation, et qui vont progresser encore dans les prochaines années.

6/ En outre, il est urgent d’intégrer pleinement les questions de santé mondiale à l’agenda diplomatique international.

L’initiative « Diplomatie et Santé », qui regroupe les Ministres des Affaires étrangères de sept Etats représentatifs des différents continents, s’est donnée pour objectif de développer la prise en considération, par les gouvernements, des questions de santé dans la formulation de leur politique étrangère. La résolution « Diplomatie et santé » adoptée l’an dernier par l’Assemblée Générale des Nations Unies conduira à la présentation par le Secrétaire Général des Nations Unies d’un rapport sur les liens entre la santé mondiale et la diplomatie et permettra d’approfondir la réflexion commune sur une thématique qui reste à approfondir.

7/ Enfin, Madame la Présidente, le paysage institutionnel en matière de santé mondiale, avec la prolifération des initiatives mondiales en matière de santé, est devenu complexe et très difficile à appréhender dans sa globalité. La France serait très désireuse d’étendre à d’autres une réflexion qu’elle a engagée à titre bilatéral avec l’OMS sur la gouvernance en matière de santé mondiale pour voir comment améliorer la coordination internationale en ce domaine, comment permettre aux pays, sur le terrain, de mieux maîtriser le flux des prestations qui leur sont proposées. Il est important d’avancer dans ce domaine.

Madame la Présidente,

Je voudrais, pour conclure, réaffirmer l’engagement de la France dans l’action urgente et coordonnée de la communauté internationale pour améliorer la santé mondiale, en faisant de ce domaine une de ses priorités. Je saisis également cette occasion pour me féliciter de l’examen de cette question importante dans le cadre de l’Examen ministériel annuel, qui démontre incontestablement l’intérêt de cet exercice ainsi que l’esprit de la réforme de l’ECOSOC, lancée en 2005 et à la réussite de laquelle la France demeure attachée.

Je vous remercie.

publié le 21/06/2011

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