Discours de M. Xavier Bertrand, Ministre du Travail, devant la 97ème Conférence internationale du Travail

97ème CONFERENCE INTERNATIONALE DU TRAVAIL

Intervention de M. Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité

(Genève, 13 juin 2008 – Palais des Nations)

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Monsieur le Président,

Monsieur le Directeur Général,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les délégués,

« Une mondialisation équitable » : c’est le thème sous lequel est placée cette 97e Conférence internationale du travail, à laquelle je participe pour la deuxième fois, ici à Genève.

La mondialisation est une source de richesses considérable, une promesse de progrès, une chance pour la planète. Le potentiel est immense, mais il nous faut veiller à ce que tous en profitent.

Etre attentif au bien être de tous, cela signifie répondre aux défis sociaux que pose la mondialisation. Ces défis sont nombreux, et ils affectent les travailleurs des pays les plus industrialisés comme ceux des pays en développement.

Partout dans le monde, il y a des travailleurs qui, avec leur famille, subissent les chocs des mutations liées à la mondialisation. Partout, il y a des chefs d’entreprise qui sont confrontés au durcissement de la concurrence internationale comme d’autres profitent aussi des nombreuses opportunités liées à l’ouverture des marchés. Partout, il y a des responsables politiques qui doivent conduire l’adaptation de leurs pays.

A tous ceux-là – travailleurs, entreprises, dirigeants politiques –, l’OIT doit montrer qu’il existe un chemin d’équilibre, dans la mondialisation, entre l’impératif économique et la prise en compte des réalités sociales.

1. C’est précisément ce chemin que dessine, à mes yeux, la « Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable », qui a été adoptée durant la conférence qui s’achève aujourd’hui.

Cette déclaration rappelle la nécessité de faire vivre la dimension sociale de la mondialisation. Mais elle va aussi au-delà en ouvrant la voie à la réforme de la gouvernance de l’OIT. Cette réforme est nécessaire pour renforcer la capacité d’action de l’OIT dans le monde et promouvoir efficacement le travail décent sur la planète.

Depuis le début, la France s’est engagée en faveur de ce projet, parce qu’il est crucial pour l’avenir de l’OIT au sein du système desNations Unies. Elle continuera de soutenir les efforts de la Conférence, du Conseil d’administration et du Directeur Général pour que l’OIT soit modernisée, pour que les ressources dont elle dispose soient mieux utilisées, et pour que la cohérence de son action soit renforcée.

La déclaration qui a été adoptée pendant la Conférence est le signe que cette volonté d’aller de l’avant fait consensus au sein de l’OIT. Nous avions besoin d’un message politique, clair et fort. Le tripartisme a permis de le lancer, et je m’en réjouis.

2. Je veux également saluer les autres travaux qui ont été menés à bien par la Conférence cette année.

- Saluer, d’abord, l’adoption du rapport présenté par le Directeur Général sur la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective ;

- Saluer, ensuite, la discussion générale stratégique que vous avez eue sur l’emploi rural. Nous savons tous, en effet, que la vitalité des zones rurales est déterminante pour l’équilibre de nos sociétés. Et nous savons aussi que l’approvisionnement alimentaire peut être menacé si des déséquilibres persistent.

- Saluer, enfin, la discussion que vous avez eue sur le thème de l’adaptation des compétences. L’acquisition, le maintien et le transfert des compétences sont, de toute évidence, un pilier des politiques de l’emploi. C’est le rôle des gouvernements et des partenaires sociaux que de créer les conditions permettant l’apprentissage tout au long de la vie, pour que tous les acteurs de la vie économique puissent s’adapter, ensemble, au changement.

3. Les projets qui ressortent de cette conférence sont à mes yeux le signe de la vitalité du tripartisme et de la volonté de l’OIT de s’adapter à son environnement. De tout cœur, je souhaite que les réformes à venir permettent de faire entendre haut et fort la voix sociale de la mondialisation dans le concert international. Je suis convaincu que Juan SOMAVIA a toutes les qualités requises pour s’y employer et la France accorde son soutien à sa candidature en vue d’un nouveau mandat à la tête du BIT.

Pour ma part, je m’efforcerai de faire entendre cette voix dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne, qui commence le 1er juillet prochain. Cette Présidence sera notamment l’occasion de lancer les travaux sur la rénovation de l’agenda social européen, c’est-à-dire de définir l’ambition sociale que nous voulons donner à l’Europe pour les années à venir.

J’ai la conviction que les Européens doivent défendre sur la scène internationale, et pas seulement à l’intérieur de leurs frontières, les valeurs sociales qui les rassemblent : le dialogue social, la qualité de la protection sociale, la mobilité et la portabilité des droits, la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté.

Et j’ai la certitude qu’en portant ces valeurs, les Européens portent aussi celles de l’OIT, celles du travail décent.

Je vous remercie.

publié le 21/06/2011

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