Diplomatie et santé.

La Mission Permanente de la France auprès des Nations-Unies a accueilli mercredi 12 novembre les participants à la formation francophone de haut-niveau organisée par le « Programme de Santé Mondiale » de l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID – Graduate Institue Geneva), en partenariat avec l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) du Sénégal.

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Le Représentant Permanent, M. Nicolas Niemtchinow, est ainsi intervenu auprès du Professeur Michel Kazatchkine (envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies sur le sida en Europe de l’Est et en Asie Centrale), de l’Ambassadeur Fodé Seck (Représentant Permanent de la République du Sénégal auprès des Nations Unies à New-York) et des participants à la formation sur le thème des « La santé et la place des questions de santé dans la préparation de la Conférence Paris Climat 2015 ».

Le Représentant Permanent de la France a, dans un premier temps, rappelé la que la santé mondiale est une haute priorité pour la France qui y consacre d’ailleurs 600 millions d’euros chaque année. Parce que la santé est un axe fort de la diplomatie française, la Mission Permanente à Genève s’attache à :
-  renforcer la fonction primordiale de sécurité sanitaire, comme en témoigne son implication dans la coordination opérationnelle en réponse à la flambée du virus Ebola,
-  développer l’action sur les déterminants sociaux ou environnementaux de la santé en intégrant de nouvelles problématiques comme l’expansion des maladies non transmissibles dans tous les pays (cancers, cardio-vasculaires, diabète…), tout en mettant l’accent sur les déterminants (accès à l’eau, assainissement, lutte contre les principaux facteurs comme la mauvaise nutrition, le tabac, l’alcool…) et sur la prévention,
-  placer la Diplomatie de la santé dans sa perspective globale, en veillant, en appui des négociations à New-York sur l’agenda pour le développement après 2015, à poursuivre la promotion de la couverture sanitaire universelle (CSU) en lien avec l’OMS, tout en soutenant l’élan de l’initiative « Diplomatie et Santé », forme originale de collaboration entre ses sept pays partenaires, d’horizons divers,
-  veiller aux questions de gouvernance de la santé pour une efficience accrue, par exemple en matière de réforme structurelle de l’OMS et en développant une approche stratégique plus globale et mieux coordonnée de l’OMS et des diverses structures verticales (Fonds Mondial, GAVI, ONUSIDA, UNITAID) entre elles.
Le Représentant Permanent de la France a ensuite démontré à quel point la question du changement climatique est liée à l’enjeu sanitaire et il est important de traduire cet enjeu dans la perspective de la Conférence Paris Climat de 2015 (COP 21).

L’objectif de la France est d’aboutir à un accord qui s’appliquera à tous, qui traitera de l’atténuation tout comme de l’adaptation au changement climatique ainsi que des moyens de mise en œuvre pour une transition vers une économie bas carbone ; cet accord devant être universel, ambitieux et équilibré dans lequel tous les pays s’engagent et qui prenne en compte les besoins de chacun, notamment des pays les plus vulnérables.
La présidence française sera à l’écoute de tous, pour comprendre les préoccupations, les situations nationales et les attentes de tous les partenaires et pour tenter d’identifier les points d’accord entre eux. La France veillera à garantir des négociations intergouvernementales transparentes, ouvertes et constructives. L’objectif de l’accord de Paris est de définir une trajectoire d’action et un cadre juridique permettant de limiter le réchauffement moyen à moins de 2°C.
Si la santé ne sera pas – en tant que telle - un élément de la négociation du futur accord, il convient néanmoins d’apporter des réponses, des solutions aux impacts du climat sur la santé. Les liens entre santé et climat sont en effet nombreux et le dérèglement climatique risque de compromettre les progrès accomplis depuis des années.

Ces nouvelles menaces sont des défis immenses pour les professionnels de santé et de multiples initiatives voient le jour. L’OMS est bien évidemment en première ligne mais elle ne travaille pas seule (à titre d’exemple, l’OMS et l’OMM viennent de mettre en place un bureau conjoint) et le thème de la dernière AMS a ainsi été le lien entre climat et santé, démontrant l’engagement de la Directrice Générale de l’OMS, le Professeur Margaret Chan.

publié le 15/02/2016

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