Deuxième réunion du Forum humanitaire pour la Syrie

Deuxième réunion du Forum humanitaire pour la Syrie

* * * * * *

Intervention de la France

* * * * * *

Genève — Vendredi 20 avril 2012


* * * * * *

Monsieur le Président,

La France remercie le BCAH d’avoir organisé aujourd’hui, avec l’aide des co-facilitateurs, une seconde réunion de haut niveau du Forum humanitaire pour la Syrie.

L’enjeu humanitaire en Syrie appelle la pleine mobilisation de la communauté internationale et le cadre qui nous réunit aujourd’hui est extrêmement utile dans cette perspective.

Même si bien sûr l’ampleur exacte de la crise comme les besoins restent parfois difficiles à évaluer précisément, il n’y a aucun doute qu’il faut agir, et agir vite.

La situation à l’intérieur du pays est grave, avec un million de personnes au moins qui nécessitent un soutien, plusieurs centaines de milliers de déplacés et des problèmes majeurs d’accès aux soins notamment.

Monsieur le Président, personne ne peut comprendre ni accepter que des professionnels de santé ou de simples citoyens soient ciblés parce qu’ils tentent de répondre aux besoins de personnes qui souffrent.

A l’extérieur, ce sont désormais des dizaines de milliers de réfugiés qui ont du fuir la Syrie vers la Jordanie, la Turquie, le Liban et l’Irak.

C’est notamment ce qu’a indiqué la mission d’évaluation des besoins humanitaires en Syrie, à laquelle ont pris part les Nations Unies et l’Organisation de la coopération islamique. Ce sont aussi les chiffres des Nations unies pour les réfugiés.

C’est un constat que la France partage pleinement. C’est ce que nous observions sur le terrain à partir de notre ambassade jusqu’à sa fermeture le mois dernier. C’est ce que moi-même j’observais comme Ambassadeur. C’est ce que confirment également les résultats de ma mission ces derniers jours auprès des réfugiés syriens en Jordanie et au Liban.

La priorité des priorités reste aujourd’hui la réponse aux besoins de la population à l’intérieur même du pays. Il faut que les agences des Nations unies et les organisations humanitaires, y compris les organisations non gouvernementales mais aussi les réseaux locaux de solidarité, puissent mener leurs actions nécessaires sans entraves.

C’est un des objectifs du plan en 6 points de Kofi Annan que mon pays soutient pleinement et de la résolution 2042 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’accès à l’aide humanitaire est un impératif humain et moral. C’est ce que répète depuis de nombreux mois mon pays. C’est ce que les autorités syriennes doivent enfin entendre, en respectant pleinement leurs engagements.

Monsieur le Président,

La France, déjà engagée depuis plusieurs mois dans le soutien aux populations affectées par la crise, poursuit et développe ses efforts.

Désormais, plus de 90% du fonds humanitaire de 2 millions d’euros, spécialement créé par les autorités françaises, est alloué et en cours de mise en œuvre, au profit des populations à l’intérieur de la Syrie et des réfugiés dans les pays environnants, en partenariat avec les agences des Nations unies, les organisations humanitaires, les ONG, ainsi que les réseaux locaux de solidarité, dont je tiens ici à saluer le rôle déterminant.

En complément, la France a également décidé d’allouer un appui de 600.000 € aux programmes du HCR pour porter assistance aux réfugiés syriens dans les pays voisins. La France est bien sûr prête à faire plus pour l’aide humanitaire à la Syrie.

Monsieur le Président,

Tous les Syriens avec lesquels je suis en contact quotidiennement, et ces familles de réfugiés que j’ai encore rencontrées il y a très peu, attendent beaucoup de la communauté internationale. Nous ne pouvons pas les décevoir.

Je vous remercie de votre attention.

publié le 04/02/2016

haut de la page