Décès de M. Francis Blanchard, ancien Directeur général du Bureau International du Travail

francisblanchard - JPEG M. Francis BLANCHARD, de nationalité française, ancien directeur général du BIT de 1974 à 1989 est décédé le mercredi 9 décembre 2009 à l’age de 93 ans à Gex, dans l’Ain. Ses obsèques ont eu lieu mardi 15 décembre à Gex, en présence notamment de M. Philippe Séguin, Premier Président de la Cour des comptes et de M. Gilles de Robien, délégué du gouvernement français au Bureau international du Travail.

Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, lui avait, pour sa part, rendu hommage dans un communiqué publié le jeudi 10 décembre 2009 :

"Le Président de la République salue la mémoire de Francis Blanchard, qui a dirigé le Bureau International du Travail de 1974 à 1989. Francis Blanchard a profondément marqué le BIT de son empreinte et a contribué à lui donner sa pleine dimension universelle. Il n’a eu de cesse d’œuvrer à la promotion des droits de l’Homme et des normes sociales fondamentales. Son parcours doit continuer à nous inspirer, afin que les considérations de justice sociale puissent prévaloir dans le fonctionnement d’une économie mondialisée.

Francis Blanchard laissera le souvenir d’un Français profondément engagé, d’un grand serviteur des Nations unies, d’un ardent défenseur du progrès social et de la dignité de la personne humaine." (Palais de l’Elysée, 10 décembre 2009)

==> Lire également le communiqué publié par l’Organisation internationale du Travail

==> Lire le communiqué du Ministre du Travail, M. Xavier Darcos

==> Retrouvez ci-dessous la biographie de M. Francis Blanchard :

Francis Blanchard débute sa carrière de fonctionnaire international en 1947, en rentrant à l’âge de 31 ans, à l’Organisation internationale des réfugiés (IRO). M. Blanchard reste à l’IRO jusqu’à ce que l’organisation cesse d’exister puis participe activement à la mise sur pied des deux organismes qui lui succèdent, à savoir le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et le Comité intergouvernemental pour les migrations européennes. En 1951, M. Blanchard entre au BIT comme chef adjoint de la section de la main-d’œuvre et participe, à ce titre, aux premières activités de coopération technique de l’OIT dans le domaine de la formation professionnelle et de la main-d’œuvre, activités financées par les Nations Unies et par l’Organisation européenne de coopération économique.

En 1956, le Directeur général du BIT, David Morse, nomme M. Blanchard au poste de Sous-directeur général, en charge de toute une série d’activités de recherche et de coopération technique dans le domaine des questions économiques, de la sécurité sociale, de la main-d’œuvre, de la formation professionnelle et de la formation à la gestion. Alors qu’il est à ce poste, M. Blanchard est étroitement associé à la création du Centre de Turin et à son programme de travail. A la suite de la réorganisation du Bureau, en 1964, M. Blanchard se voit confier la responsabilité générale des activités de coopération technique de l’OIT ce qui nécessite des contacts quotidiens avec le Programme des Nations Unies pour le développement et une supervision de toutes les activités du Bureau liées à la préparation et l’exécution des programmes financés par le PNUD. M. Blanchard organise et guide les activités des bureaux extérieurs qui assument peu à peu la responsabilité générale de la coopération technique.

En 1968, M. Blanchard est nommé Directeur général adjoint, responsable des activités de coopération technique et des opérations menées sur le terrain. Il doit désormais assumer le contrôle de deux des nouvelles grandes missions de l’OIT, à savoir fournir une assistance technique aux pays en développement et planifier la décentralisation des activités de l’OIT. En novembre 1973, le Conseil d’administration le nomme Directeur général, responsabilité que M. Ammar avait endossée à la suite du décès tragique de Wilfred Jenks.

En sa qualité de Directeur général, M. Blanchard supervise le développement des programmes de coopération technique de l’OIT et, ce faisant, modifie quelque peu l’image de l’Organisation. L’OIT est aussi confrontée à de sérieuses difficultés financières qui nécessitent des compressions budgétaires. M. Blanchard réussit à éviter que la crise déclenchée par le retrait des Etats-Unis de l’Organisation (1977-1980), qui s’est soldée par la perte d’un quart des ressources budgétaires, ne cause des dommages irréversibles à l’Organisation. Il mène un combat sans égal pour faire valoir le caractère universel de l’Organisation. Les Etats-Unis réintègrent l’Organisation au début de l’administration Reagan et, en 1983, la Chine redevient un membre actif de l’Organisation, ce qui ne fait que concrétiser le caractère universel de l’Organisation et accroître sensiblement ses responsabilités en Asie.

Au cours de cette période, l’OIT s’est résolument engagée dans la voie de la défense des droits de l’homme. C’est ainsi que l’Organisation a aidé activement la Pologne à briser ses chaînes, en apportant son appui total au syndicat Solidarnosc, conformément à la convention (nº 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, que la Pologne avait ratifiée en 1957. La Réunion de haut niveau sur l’emploi et les adaptations structurelles, qui s’est tenue en 1987, a constitué un autre événement marquant du mandat de M. Blanchard. Pour la première fois, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont collaboré étroitement avec les gouvernements et les organisations de travailleurs et d’employeurs membres du Conseil d’administration. Grâce à son initiative personnelle et à son rôle directeur, l’OIT et de nombreux autres organismes internationaux ont participé activement à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques visant à combattre la pauvreté ainsi que les répercussions sociales de la dette extérieure et de l’ajustement structurel.

M. Blanchard a quitté le BIT en 1989, après trente-huit années de bons et loyaux services.

publié le 17/12/2009

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