Conseil des droits de l’Homme - débat général

« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » Cet article de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont nous célébrons les 70 ans, reste tristement pertinent au regard des violations massives des droits de l’Homme dans les pays qui connaissent, depuis de trop nombreuses années, des conflits d’une violence extrême.

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37ème session du Conseil des droits de l’Homme

Débat général (point 4)

Intervention de la France

Genève, le mercredi 14 mars 2018

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Haut-Commissaire,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » Cet article de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont nous célébrons les 70 ans, reste tristement pertinent au regard des violations massives des droits de l’Homme dans les pays qui connaissent, depuis de trop nombreuses années, des conflits d’une violence extrême.

Je pense naturellement à la Syrie, où la menace de Daech n’a pas disparu et où les multiples violations de la trêve, en particulier dans la Ghouta orientale, qui fait l’objet d’une véritable stratégie d’étranglement de la part du régime, ont créé les conditions d’un un cataclysme humanitaire. La France réitère son appel à une cessation des hostilités immédiate sur l’intégralité du territoire, sans exception, qui permette l’acheminement de l’aide humanitaire, notamment dans la Ghouta orientale, conformément à la résolution 2401.

Afin que l’impunité ne triomphe pas, le mandat de la Commission d’enquête internationale indépendante, dont le rôle est essentiel pour préparer le travail de la justice, doit être renouvelé.

Au Yémen également, nous faisons face à une catastrophe humanitaire sans précédent. La France continue d’appeler toutes les parties à assurer un accès complet, inconditionnel et sans entrave de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin. Le groupe d’experts éminents mis en place par ce Conseil doit être rapidement opérationnel.

Au Soudan du Sud, en RDC, au Burundi, en Birmanie, les graves violations des droits de l’Homme déjà relevées persistent. Et comment ne pas citer la Corée du Nord ou encore l’Erythrée, ou la dignité-même des femmes et des hommes est depuis trop longtemps bafouée.

Alors que nous célébrons le 20ème anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits, la France appelle à protéger ceux qui luttent pour le respect des droits de l’Homme, y compris ceux des personnes appartenant à des minorités. Au Venezuela, où les principes d’égalité devant le suffrage et de sincérité de l’élection sont gravement menacés, en Egypte, où le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentale participe de la résilience de la société égyptienne face à la menace terroriste, en Iran, en Russie, en Turquie, les acteurs de la société civile et les opposants politiques sont trop souvent arrêtés, réprimés, harcelés et les libertés fondamentales, dont la liberté d’opinion et d’expression, sont trop souvent bafouées, en contradiction avec les engagements auxquels nous avons collectivement souscrits. Il en va de même en Chine, où nous sommes également préoccupés par la situation des droits de l’Homme au Tibet et au Xinjiang, où nous appelons au dialogue avec les populations locales.

La France regrette le recours persistant à la peine de mort dans de trop nombreux pays et appelle, à tout le moins, à l’adoption d’un moratoire, comme l’a décidé la Gambie. Nous demeurons également plus vigilants que jamais concernant les droits des personnes LGBTI. Enfin, nous appelons tous les Etats qui ne l’ont fait à ratifier la convention sur les disparitions forcées.

Je vous remercie./.

publié le 14/03/2018

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