Conseil d’administration du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP)

Session annuelle du Conseil d’administration du FNUAP


Points 9 et 10 de l’ordre du jour
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Déclaration des délégations de l’Allemagne, du Danemark et de la France
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(Genève, 25 juin 2014)
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Merci Monsieur le Président.

Permettez-moi tout d’abord de remercier le Directeur Exécutif pour son rapport annuel sur les progrès accomplis par le FNUAP en 2012 et 2013. Nous nous félicitons des réalisations contenues dans ce Rapport annuel. Le FNUAP contribue en effet grandement à l’amélioration des conditions de vies de millions de personnes à travers le monde. L’atteinte à 100% d’une grande partie des indicateurs du Plan stratégique est encourageante. Son attention particulière aux jeunes adolescentes est pertinente. Nous saluons la concentration des activités dans les Documents de programmes pays sur des aires d’activités restreintes et précises. Le renforcement des activités humanitaires, notamment sur le continent africain, traduit par le lancement de la seconde génération et la création d’un vivier de personnel pour les urgences, sont de même bienvenus.

Ensuite, nous notons avec satisfaction les progrès accomplis par l’agence en termes d’efficacité organisationnelle et de gestion basée sur les résultats. Les nombreuses initiatives en cours en son sein sont prometteuses, et nous sommes convaincus qu’elles mèneront à une efficacité renforcée pour des résultats maximisés sur le terrain. Nous encourageons le FNUAP à continuer dans cette direction et informer le Conseil d’Administration des évolutions qui en découleront à l’avenir. Nous tenons aussi à féliciter les équipes du FNUAP pour la présentation des nouvelles modalités d’interventions globales et régionales, qui apparaissent satisfaisantes et robustes. Enfin, nous remercions l’organisation pour les informations fournies sur la réalisation des mandats du QCPR. L’engagement pour cette réalisation est en effet de la plus grande importance, et notons que les informations relatives seront d’autant plus élaborées et généralisées dans les Rapports Annuels à venir.

Concernant la santé financière de l’organisation, nous nous félicitons de sa capacité à continuer à augmenter les contributions aux ressources régulières. Il est cependant crucial désormais de capitaliser sur les partenariats existants et d’en créer de nouveaux, afin d’élargir la répartition des contributions, 97% des fonds venant de seulement 15 contributeurs. Ceci nous apparait comme le défi principal de l’organisation dans les années à venir.

Monsieur le Président, nous saluons les efforts du FNUAP en 2012 et 2013 pour positionner l’agenda de la Conférence Internationale pour la population et le développement dans le paysage global du développement. L’organisation connait en effet un moment décisif. Nous célébrons les vingt ans de la Conférence internationale du Caire avec la présentation des rapports du Secrétaire Général des Nations Unies sur l’examen des progrès, et les pistes d’avancements ont été examinées lors de la 47e session de la Commission population et développement. Une session spéciale sera dédiée à la Conférence internationale sur la population et le développement et à son prolongement au-delà de 2014 lors de la 69ème Assemblée Générale. Nous souhaitons à ce titre remercier le secrétariat pour la Conférence internationale sur la population et le développement après 2014 de son travail d’accompagnement du processus de revue des progrès au niveau national et régional. Les conférences régionales organisées par le FNUAP ont permis de souligner les progrès qui avaient été accomplis dans l’ensemble des régions du monde en matière de population et de développement durable. Toutefois, même si des avancées sont constatées, le rapport du Secrétaire Général a démontré que des disparités importantes demeurent et nous sommes encore loin d’atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé de garantir aux personnes, et en particulier aux femmes et aux jeunes, les moyens de faire des choix libres et éclairés quant à leur vie sexuelle, affective et reproductive et d’avoir accès à des services adaptés et de qualité.

Aujourd’hui encore, plus de 220 millions de femmes n’ont pas accès aux méthodes modernes de contraception entraînant 80 millions de grossesses non désirées, plus de 20 millions d’interruptions volontaires de grossesse non sécurisées qui à elles seules causent chaque année près de 50 000 décès. Depuis 1994, la proportion d’avortements non sécurisés est en augmentation et ce, malgré la baisse du nombre d’avortements. Selon l’OMS, on peut craindre que le nombre d’avortements non sécurisés continue d’augmenter dans les prochaines années.

Tous ces risques peuvent être prévenus en garantissant l’accès de tous aux services, aux produits, et à l’information en matière de santé sexuelle et reproductive et nous devons continuer à maintenir une mobilisation sans faille de la communauté internationale sur ces sujets, la France souhaite voir le FNUAP continuer à jouer pleinement son rôle de leader en faveur de cette mobilisation.

Monsieur le Président, au cœur de l’agenda du Caire se trouve un consensus qui a été défini non seulement avec l’ensemble des Etats-membres mais également avec la société civile. Le Programme d’action est loin d’être achevé et pour parvenir aux objectifs fixés il y a 20 ans, nous aurons besoin d’impulser une nouvelle dynamique, de définir de nouvelles pistes de progrès. Il est fondamental pour cela que le FNUAP s’inscrive dans une volonté de renforcer la coordination avec les partenaires et acteurs en matière de santé, en appuyant et accompagnant les initiatives de mise en œuvre de couverture santé universelle, de santé sexuelle – en particulier pour la lutte contre le VIH/SIDA -, de santé reproductive, maternelle et infantile et en matière d’égalité femmes-hommes.

Enfin, Monsieur le Président, je souhaite saisir l’occasion qui m’est donnée pour affirmer de nouveau le soutien et les encouragements de nos pays au FNUAP. Vous pouvez être assurés de la volonté de la France de maintenir le dialogue sur ces enjeux dans le cadre des prochaines échéances dans les enceintes internationales et au niveau bilatéral, notamment par un plaidoyer pour l’inclusion des droits et de la santé sexuelle et reproductive dans le futur cadre du développement post-2015. A l’approche de cette échéance, l’action du FNUAP est cruciale pour la réalisation des droits sexuels et reproductifs et du développement durable.

Les droits sexuels et reproductifs sont des droits universels qui regroupent les droits fondamentaux à l’égalité, à la sécurité, à la santé et ils ne peuvent être remis en cause en aucune circonstance. Ils doivent être promus, garantis et mis en œuvre. Le principe d’universalité est ce qui nous réunit ici et notre action doit s’inscrire dans le cadre posé par le préambule de la Charte des Nations unies, qui pose le principe de l’égalité des droits des hommes et des femmes.

Merci, Monsieur le Président.

publié le 27/06/2014

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