Causerie informelle autour de M. Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

La Mission de la France a accueilli, le mardi 1er juin 2010, une quarantaine de fonctionnaires internationaux français pour une causerie organisée à l’initiative de notre compatriote Mme Geneviève Féraud.

Cette réunion causerie fait suite à celles organisées avec le concours de M. Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), le 29 septembre 2009, et de M. Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Dans ce cadre, M. Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a aimablement accepté de venir dialoguer avec les participants sur les grands enjeux internationaux actuels en matière de santé ; le bilan du Fonds mondial et les défis auxquels il reste confronté.

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M. Michel Kazatchkine et Mme Geneviève Féraud (Genève, 1er juin 2010)

Après les paroles de bienvenue de M. Jean-Baptiste Mattei, Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et de Mme Geneviève Féraud, M. Kazatchkine est intervenu pendant près d’une heure sur les principaux thèmes suivants :

- Bilan du Fonds mondial : M. Kazatchkine a insisté sur le chemin parcouru depuis le début du processus initié en France en 1979 dont il a rappelé les principales étapes et qui ont abouti à la création du Fonds mondial, le 1er janvier 2002.

Grâce à une mobilisation internationale sans précédent (19 milliards USD engagés, 10 milliards déboursés, 600 projets dans 140 pays), le Fonds mondial a changé la réalité sur le terrain. Il finance les 2/3 des contributions internationales à la lutte contre le paludisme et la tuberculose, et 20 % des contributions à la lutte contre le Sida. Des résultats tangibles sont observés dans divers pays. En l’espace de quelques années, grâce aux financements du Fonds mondial, nous avons assisté à une réduction de 50% du taux de mortalité due au paludisme, à une diminution de l’incidence de la tuberculose et à un recul de 25% de la mortalité liée au VIH. La perception des trois maladies, et en particulier celle qui concerne le VIH, a été modifiée en profondeur : la détresse a fait place à l’espoir.

Dans les années 80, le discours sur le développement plaçait le progrès économique comme la condition préalable à l’amélioration des systèmes de santé. Le paradigme a changé. Le secteur de la santé est aujourd’hui un domaine dans lequel les pays et l’aide internationale, investissent pour permettre le développement. Evoquant l’échéance de la conférence de reconstitution du Fonds mondial, le 5 octobre prochain à New York, le Directeur exécutif a souligné l’enjeu géopolitique Nord-Sud, mais aussi Sud-Sud, associé aux décisions qui allaient être prises.

- Caractère novateur du Fonds Mondial : M. Kazatchkine a insisté sur les spécificités novatrices du mode de gouvernance du Fonds mondial. Son caractère d’institution financière autonome ; son mode de fonctionnement fondé sur les principes de l’appropriation par les pays bénéficiaires et de financement en fonction des résultats ; la présence du secteur privé, des ONG et des personnes affectées par les maladies au conseil d’administration donnent à l’institution une réelle capacité de réponse aux besoins et encouragent les bonnes performances. Le suivi très précis des résultats (système de double rapport d’exécution) permet de sanctionner sous forme de suspensions des décaissements, les cas de mauvaise gestion.

A la suite de cet exposé, un débat, marqué par de très nombreuses questions, s’est engagé avec les participants puis la rencontre s’est conclue par un verre de l’amitié offert par la Mission permanente de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève.

publié le 10/06/2010

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