CDH33 - Dialogue interactif sur la situation au Burundi.

Retrouvez l’intervention de la France prononcée le 27 septembre 2016 lors du Dialogue interactif sur la situation au Burundi.

33ème session du Conseil des droits de l’homme
Dialogue interactif sur la situation au Burundi
(mardi 27 septembre 2016)


Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Je remercie le groupe d’experts indépendants pour leur travail d’investigation et leur présentation. Votre rapport montre que la situation des droits de l’Homme au Burundi reste particulièrement dégradée, avec la persistance de violations graves des libertés et droits fondamentaux dans un climat d’impunité.

La France a pris note qu’une baisse du nombre d’exécutions extrajudiciaires a été enregistrée depuis le début de l’année. Mais la France est extrêmement préoccupée par les cas de détentions arbitraires, de disparitions forcées et de torture, dans des lieux de détention souvent secrets, commis de façon plus systématique et en grande majorité par les forces de sécurité burundaises. Par ailleurs, les violences politiques ciblées ainsi que les actes de violence par des individus non identifiés continuent.

Tous les auteurs de violations des droits de l’Homme, quels qu’ils soient, doivent en rendre compte devant la justice. Les autorités du Burundi doivent engager sans tarder les procédures nécessaires à cette fin. La France rappelle également l’ouverture par la procureure de la CPI d’un examen préliminaire sur la situation au Burundi depuis avril 2015.

Monsieur le Président,
La France n’a qu’un seul objectif : celui d’éviter que la situation au Burundi ne se dégrade. Elle réitère avec force que seul un dialogue politique apaisé entre tous les Burundais, fondé sur l’Accord d’Arusha, permettra au Burundi de se rétablir et de retrouver durablement la paix. Elle demande à toutes les parties burundaises de s’engager sans plus tarder dans le processus de dialogue et de ne pas recourir à la violence.

La France salue l’engagement des États de la région en faveur de l’ouverture d’un véritable dialogue politique entre tous les acteurs burundais, restés au pays ou en exil, et réitère tout son soutien au facilitateur, l’ancien président Benjamin Mkapa.

La France appelle les autorités du Burundi à faciliter la mise en œuvre dans les meilleurs délais de la résolution 2303 du Conseil de sécurité adoptée le 29 juillet et à poursuivre le plein déploiement des observateurs de l’Union Africaine, afin de contribuer à l’apaisement nécessaire à la résolution de la crise.

Je voudrais enfin réitérer le soutien de la France au travail effectué par le Bureau du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme au Burundi, et encourager le gouvernement à continuer à coopérer avec ce bureau.

La communauté internationale doit maintenir une vigilance de chaque instant. Aucun effort ne doit être épargné pour prévenir une dégradation de la situation au Burundi.

Le Conseil des droits de l’Homme doit jouer pleinement son rôle à cet égard. C’est pourquoi la France soutient la création à cette session d’un mécanisme robuste de suivi de la situation par ce Conseil, afin de poursuivre les travaux engagés par les experts et de mener des enquêtes approfondies sur les violations des droits de l’Homme en vue de contribuer à la lutte contre l’impunité.

Je vous remercie./.

publié le 27/09/2016

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