CDH33 : Débat général - point 4.

Retrouvez l’intervention de la France prononcée le 19 septembre 2016 lors du débat général sur le Point 4.

33ème session du Conseil des droits de l’homme
Point 4
Débat Général
(lundi 19 septembre 2016)


Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

En Syrie, le régime poursuit ses attaques contre les populations civiles, en violation de ses obligations internationales, avec notamment l’utilisation d’armes chimiques comme l’atteste le rapport récent du Mécanisme d’enquête et d’attribution. A cela s’ajoutent les disparitions forcées, l’usage de la torture à grande échelle, notamment dans les centres de détention, comme en atteste le rapport César, les violences sexuelles, l’usage de la famine comme arme de guerre, en toute impunité. A la répression sauvage du régime s’est ajoutée la barbarie de Daech qui terrorise et tue, avec une cruauté rarement égalée. Les auteurs de ces crimes devront rendre des comptes devant la justice.

Dans plusieurs régions en Afrique, la situation des droits de l’Homme reste très préoccupante. Je pense aux exactions de Boko Haram contre les populations civiles. Je rappelle la vive préoccupation de la France concernant la situation au Soudan du Sud, qui ne cesse de se détériorer et où les civils restent là aussi les premières victimes. Toutes les parties doivent s’engager de façon beaucoup plus résolue dans la mise en œuvre de l’accord de paix. Je me concentrerai par ailleurs sur la situation au Burundi et au Soudan lors des dialogues interactifs dédiés.

Au-delà des crises, les menaces à la sécurité ne doivent pas faire plier les droits de l’Homme. La lutte contre le terrorisme doit se faire dans le respect des droits. En particulier, les attaques contre les journalistes et les défenseurs des droits sont inacceptables. En Egypte, cela suppose notamment la fin des violences policières. En Turquie, les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence doivent s’inscrire dans le strict respect de ses engagements internationaux et des libertés fondamentales, y compris la liberté de la presse.

Le terrorisme ne peut servir de prétexte à la peine de mort, et nous poursuivrons avec détermination notre combat pour son abolition universelle. La France déplore le nombre élevé, et souvent croissant, d’exécutions capitales, notamment en Chine, en Corée du nord, en Iran, en Arabie Saoudite, au Pakistan et en Irak, ainsi que le possible rétablissement de ce châtiment cruel dans certains pays, dont les Philippines.

La France reste préoccupée par l’évolution de la situation des droits de l’Homme en Chine, en particulier par la loi sur les ONG étrangères adoptée fin avril et qui doit entrer en vigueur début 2017. Elle est attachée au développement de l’Etat de droit en Chine. Elle s’inquiète de la vague d’arrestations et de condamnations d’avocats et de militants des droits de l’Homme depuis juillet 2015.

En Russie, nous sommes préoccupés par les restrictions croissantes imposées à l’exercice des libertés d’expression, de réunion et d’association. Les défenseurs des droits, les journalistes et toute autre voix indépendante font face à une répression et un harcèlement continus. La France est particulièrement préoccupée par la mise en œuvre de la loi sur les « agents de l’étranger ». La France est aussi inquiète de la dégradation de la situation en Azerbaïdjan et au Bahreïn.

Je vous remercie./.

publié le 20/09/2016

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