CDH32 - Intervention de la France sous Point 4

Retrouvez l’intervention de la France prononcée le 22 juin 2016 sous Point 4.

32ème session du Conseil des droits de l’homme
Point 4
(mercredi 22 juin 2016)



Monsieur le Président,

En Syrie, avec le soutien de ses alliés russe et iranien, le régime continue de violer la cessation des hostilités, en menant des attaques contre l’opposition modérée, et ses obligations internationales en matière de droit humanitaire, notamment en ciblant des civils. A cela s’ajoutent les disparitions forcées, l’usage de la torture à grande échelle, notamment dans les centres de détention, comme en atteste le rapport César, les violences sexuelles et l’usage de la famine comme arme de guerre. A la répression sauvage du régime s’est ajoutée la barbarie sans nom de Daech.

Il est urgent de mettre fin à ce cycle infernal. Les responsables de ces exactions devront rendre des comptes devant la justice. J’y reviendrai lors du dialogue avec la Commission d’enquête.

La France reste également très préoccupée par la situation des droits de l’Homme dans plusieurs régions en Afrique. Je pense en particulier aux exactions commises par Boko Haram. Je me concentrerai sur la situation au Burundi, en Erythrée et au Soudan du Sud lors des dialogues interactifs dédiés.

Les violations des droits de l’Homme ne se limitent toutefois pas aux situations de conflits et aux crises. Comme le Haut-commissaire l’a souligné dans son discours d’ouverture, sur tous les continents, de plus en plus de gouvernements tendent à restreindre les libertés fondamentales, au nom de la sécurité, de la stabilité politique ou de particularismes culturels.

En Chine, nous sommes très préoccupés par la multiplication des arrestations de militants de la société civile et d’avocats, ainsi que par une série de disparitions forcées à l’étranger et à Hong Kong. La France appelle à la libération de tous les prisonniers de conscience, dont Liu Xiaobo et Ilham Tohti, et au dialogue avec les populations locales pour résoudre les causes profondes des tensions au Tibet et au Xinjiang.

Je pense également à la Russie, où les défenseurs des droits de l’Homme, les journalistes et toute autre voix indépendante font face à une répression et un harcèlement croissants.

En Egypte, la France est attachée à la mise en place d’institutions démocratiques inclusives devant garantir le respect des libertés fondamentales et de l’Etat de droit, comme l’a rappelé le Président de la République lors de sa visite au Caire les 17-18 avril derniers. Cela suppose notamment la fin des violences policières et des menaces qui pèsent sur les journalistes et les organisations non gouvernementales. Nous appelons les autorités égyptiennes à faire toute la lumière sur les circonstances tragiques du décès de Giulio Regeni ainsi que de notre compatriote Eric Lang.

La France suit avec attention la situation des droits de l’Homme en Turquie, notamment en matière de liberté d’expression. Nous sommes particulièrement préoccupés par les intimidations contre les médias, les journalistes et les universitaires.

La peine capitale a connu encore cette année de tristes records. Nous restons particulièrement préoccupés par le nombre élevé, et souvent croissant, d’exécutions en Chine, en Corée du Nord, en Iran, en Arabie Saoudite et au Pakistan. Aux États-Unis, aussi, nous continuons d’appeler à une abolition de la peine de mort dans tous les États.

La France poursuivra avec détermination son combat pour son abolition universelle. Elle restera mobilisée pour faire respecter partout l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements.

La France continue de combattre toutes les violations, où qu’elles soient. Notre responsabilité est de défendre sans relâche le respect et l’universalité des droits de l’Homme.

Je vous remercie./.

publié le 22/06/2016

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