CDH32 – Intervention de la France au débat général (13/06/2016)

Retrouvez l’intervention prononcée par l’Ambassadeur Elisabeth Laurin, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à Genève, lors du débat général d’ouverture de la 32ème session du Conseil des droits de l’Homme.

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32ème session du Conseil des droits de l’homme
Débat général (point 2)
Intervention de la France
(lundi 13 juin 2016)



Monsieur le Haut-Commissaire,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Il y a 10 ans, les Nations Unies se dotaient du Conseil des droits de l’Homme pour œuvrer en faveur de la protection et de la promotion universelle des droits de l’Homme et dénoncer les violations partout où elles sont commises ou en voie de l’être.

10 ans après sa création, nous pouvons tirer un bilan positif de l’action de ce Conseil  :
-  Par le biais de ses procédures spéciales, le Conseil met en lumière les situations des droits de l’Homme les plus préoccupantes.
-  En permettant à la société civile de prendre une part active à ses travaux, le Conseil offre une tribune aux défenseurs des droits de l’Homme.
-  Et par la création de l’Examen périodique universel, le Conseil s’est doté d’un outil unique pour examiner la situation des droits de l’Homme dans chacun de nos pays.

Nous devons désormais consolider cet acquis dans l’objectif d’œuvrer pour une protection toujours plus grande des droits de l’Homme.

Ceci est d’autant plus nécessaire que les droits de l’Homme se trouvent de plus en plus menacés du fait de la multiplication des crises :
-  au Moyen-Orient où Daech continue de commettre des violations d’une ampleur inégalée,
-  en Afrique où la situation demeure préoccupante en Érythrée et au Burundi où le travail du Haut-Commissariat doit se poursuivre,
-  Enfin, en Ukraine où les violations des droits de l’Homme se poursuivent.

Mais, les atteintes aux droits de l’Homme ne se limitent pas aux situations de conflits. Sur tous les continents, de plus en plus d’États tendent à restreindre les libertés publiques ou individuelles au nom de la sécurité, de la stabilité politique ou de particularismes culturels. Des journalistes, des avocats, des ONG ou des défenseurs des droits de l’Homme sont arrêtés ou voient leur action entravée.

Face à ce réel danger de recul, notre unique boussole doit rester celle de l’universalité des droits de l’Homme. Des droits qui ne sont pas des valeurs mais bel et bien des principes qui ne sauraient souffrir aucune forme de relativisme culturel quel qu’en soit le prétexte et qui sont consacrés par des traités internationaux que nous avons librement ratifiés.

La France qui entend rester profondément engagée en faveur des droits des femmes soutiendra la résolution présentée par le Canada pour lutter contre les violences faites aux femmes. Elle œuvrera aussi pour que ce Conseil agisse en faveur des droits des personnes LGBTI qui doivent être protégées de toute forme de discrimination ou de violence. A cet égard, la France condamne avec horreur la tuerie d’Orlando et exprime son plein soutien aux autorités et au peuple américain dans cette épreuve.

Monsieur le Haut-Commissaire, vous-même et le Haut-Commissariat, devez être un rempart face à la recrudescence préoccupante des atteintes aux droits de l’Homme. Plus que jamais, votre parole forte et indépendante est essentielle.

Vous pouvez compter sur le plein soutien de la France à votre action. La France qui, je le rappelle, est candidate à un nouveau mandat au sein de ce Conseil pour la période 2018-2020.

Je vous remercie./.

publié le 17/06/2016

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