CDH31 - Dialogue sur la situation au Soudan du Sud

Retrouvez l’intervention de la France prononcée le 23 mars 2016 lors du dialogue sur la situation au Soudan du Sud.

=== 31ème Session du Conseil des droits de l’Homme ===
Dialogue sur la situation au Soudan du Sud

Intervention de la France
(mercredi 23 mars 2016)




Monsieur le Président,

La France souscrit à la déclaration de l’Union européenne.

Nous partageons les préoccupations concernant la dégradation continue de la situation des droits de l’Homme au Soudan du Sud, dont fait à nouveau état le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

La France condamne les graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire commises par les parties au conflit, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Les conséquences humaines de cette crise sont d’une gravité exceptionnelle. Alors que plus de 2,8 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire sévère, les attaques contre les civils, en particulier à l’égard des femmes, se poursuivent, de même que les pillages. Ces violences alimentent les déplacements forcés de populations, alors qu’on dénombre déjà 630.000 réfugiés et 1,7 millions de déplacés internes.

Nous condamnons fermement la poursuite des violences contre les civils par les forces de sécurité et les groupes armés, l’accroissement des violences sexuelles ainsi que les enrôlements d’enfants, qui se poursuivent en dépit des engagements des parties à mettre fin à ces pratiques et à libérer les enfants concernés.

Les attaques visant les acteurs humanitaires et le personnel des Nations Unies sont inacceptables. La sûreté et la sécurité de ces personnes doivent être garanties pour permettre l’efficacité de leur action.

La France appelle toutes les parties à cesser les violences et à garantir un accès effectif humanitaire sans entrave aux populations dans le besoin.

Elle appelle à former sans délai un Gouvernement de transition d’unité nationale et à la mise en œuvre par toutes les parties de l’accord de paix.

La France souligne l’importance des dispositions de l’accord relatives à la justice et à la réconciliation, et appelle en particulier à la mise en place rapide du Tribunal hybride sous l’égide de l’Union africaine et de la Commission pour la Vérité et la Réconciliation.

Face à l’ampleur des crimes commis ces dernières années au Soudan du Sud, la lutte contre l’impunité doit en effet être une priorité. Tous les auteurs des violations des droits de l’Homme, quel que soit leur statut ou leur fonction, doivent répondre de leurs actes devant la Justice. C’est indispensable pour contribuer au processus de réconciliation nationale et à la stabilisation durable du pays.

Dans ce contexte, le Conseil des droits de l’Homme a la responsabilité d’agir. C’est pourquoi la France est favorable à la création par le Conseil d’un mécanisme de suivi de la situation au Soudan du Sud.

Je vous remercie./.

publié le 23/03/2016

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