CDH31 - Erythrée - Dialogue interactif avec Mme Sheila B. Keetharuth, Rapporteure spéciale sur la situation des droits de l’Homme en Erythrée

=== 31ème Session du Conseil des droits de l’Homme ===
Dialogue interactif avec Mme Sheila B. Keetharuth, Rapporteure spéciale
sur la situation des droits de l’Homme en Érythrée

Intervention de la France
(lundi 14 mars 2016)



Monsieur le Président,

Madame la Rapporteure spéciale,

La France s’associe à la déclaration prononcée par l’Union européenne.

Nous saluons l’important travail réalisé par la Rapporteure spéciale sur la situation des droits de l’Homme en Érythrée, en dépit du refus des autorités érythréennes de coopérer avec elle et de lui donner accès à son territoire.

La France déplore le fait que les autorités érythréennes continuent de refuser cette opportunité d’échanges, d’explications et de présentations de leur point de vue.

Ceci est d’autant plus regrettable que la situation des droits de l’Homme en Érythrée demeure particulièrement préoccupante.

La commission d’enquête a souligné dans son rapport de juin 2015 que des violations graves, systématiques et à grande échelle des droits de l’Homme sont commises dans le pays, et que certaines de ces violations, notamment les exécutions extrajudiciaires, la torture, le travail forcé et les violations découlant de la pratique du service national à durée indéfinie, pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

La France souhaite rappeler que les droits de l’Homme sont indivisibles : si des progrès ont été réalisés par l’Érythrée en matière de droits économiques et sociaux, notamment en matière de santé, ils ne peuvent en aucun cas justifier le non-respect des droits civils et politiques.

Le nombre toujours très élevé d’Érythréens fuyant le pays, au péril de leur intégrité physique ou de leur vie, témoigne d’ailleurs de la nécessité d’une amélioration de la situation des droits de l’Homme en Érythrée.

La France appelle en particulier les autorités érythréennes à respecter leurs engagements en mettant en œuvre les recommandations qu’elles ont acceptées en 2014 dans le cadre de l’examen périodique universel.

A cet égard, la France sera très intéressée par les informations que livrera demain le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme sur les développements relatifs à la coopération technique avec l’Érythrée.

Monsieur le Président,

La France souhaiterait poser les questions suivantes à la Rapporteure spéciale :

-  L’Érythrée a ratifié en 2014 la Convention des Nations Unies contre la torture : des mesures sont-elles été prises depuis pour appliquer cette convention ?
-  L’annonce d’une limitation à 18 mois du service national s’est-elle traduite dans les faits ?

Monsieur le Président,

La France réitère son plein soutien aux mandats de la Rapporteure spéciale et de la commission d’enquête.

Nous serons très attentifs aux conclusions que la commission présentera en juin prochain, et veillerons à ce que les suites qui lui seront données permettent que les responsables des violations commises répondent de leurs actes devant la justice. La lutte contre l’impunité est en effet indispensable pour permettre une véritable amélioration de la situation des droits de l’Homme en Érythrée.

La France exhorte à nouveau les autorités érythréennes à coopérer pleinement avec la Rapporteure spéciale comme avec la commission d’enquête, en premier lieu en leur autorisant l’accès à au territoire.

Je vous remercie./.

publié le 14/03/2016

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