CDH31 - Débat sur l’action menée pour prévenir l’extrémisme violent

=== 31ème Session du Conseil des droits de l’Homme ===
Débat sur l’action menée pour prévenir l’extrémisme violent

Intervention de la France
(jeudi 17 mars 2016)




Monsieur le Président,

Le phénomène de l’extrémisme violent nous concerne tous et exige une réponse concertée. Cela suppose de s’attaquer aux causes profondes, sociales, économiques et politiques, qui permettent le développement de l’extrémisme violent.

Ce combat doit s’effectuer dans le respect des principes que nous défendons dans cette enceinte et se conformer strictement au droit international des droits de l’Homme.

Les différents processus de radicalisation qui conduisent à l’extrémisme violent sont protéiformes. Il n’existe donc pas de réponse unique à ce phénomène et la réponse ne peut pas être exclusivement judiciaire et répressive.

La France est déterminée à prévenir l’extrémisme violent, ce qui constitue une priorité nationale.

Au plan national, notre action a une dimension essentiellement préventive, dans le cadre du plan national de lutte contre la radicalisation violente, adopté en avril 2014.

Ce plan a mis en place un numéro de téléphone gratuit à l’attention des familles et des tiers inquiets pour leur proche.

Un site internet « stop-djihadisme.gouv.fr » a également été créé il y a un an, à destination des personnes en voie de radicalisation et de leurs proches. Un compte Twitter et une page Facebook lui sont associés, dans l’objectif de contrer la propagande sur les réseaux sociaux.

Nous agissons en outre pour prévenir la radicalisation sur internet, notamment par le blocage de sites faisant l’apologie du terrorisme.

Nous travaillons aussi à la création prochaine d’un centre de prise en charge des jeunes revenus de zones de conflits.


Mais pour que cette action porte tous ses fruits, il est essentiel de coordonner notre action au plan international :

-  Nous le voyons bien sur la question d’internet : pour être pleinement efficace, les extrémistes ne doivent pas être en mesure de se jouer des frontières. C’est pourquoi, nous devons coordonner nos efforts en coopérant avec les entreprises de l’internet et en harmonisant nos législations en matière de retrait des contenus illégaux lorsque cela est possible.

-  En parallèle, nous devons développer ensemble des messages positifs et des contre-discours à destination des jeunes qui sont particulièrement exposés à l’extrémisme violent.

-  Et nous devons développer un dialogue étroit et régulier avec les pays tiers les plus touchés, tout en soutenant le renforcement de leurs capacités.

-  Plus généralement, nous devons travailler ensemble sur la base du plan d’action du Secrétaire Général pour la prévention de l’extrémisme violent, qui a reçu le soutien unanime de l’Assemblée Générale.

Vous le voyez bien : la France est pleinement mobilisée dans cet effort global de lutte contre l’extrémisme violent. Mais pour réussir, nous devons pouvoir compter sur la mobilisation de tous au plan international.

Je vous remercie./.


Seul le prononcé fait foi.

publié le 16/03/2016

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