CDH31 - Birmanie - Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur la Birmanie

=== 31ème Session du Conseil des droits de l’Homme ===
Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur la Birmanie

Intervention de la France
(lundi 14 mars 2016)


Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Madame le Rapporteur spécial, la France salue votre rapport.

La Birmanie se trouve à un tournant crucial. Les élections du 8 novembre 2015, les plus libres que la Birmanie ait connu depuis des décennies, ont représenté un moment historique dans le processus de transition démocratique du pays. L’entrée en fonction du Parlement, le 1er février 2016, mérite d’être saluée. C’est une nouvelle étape importante qui vient d’être franchie.

Il revient désormais au Parlement de poursuivre les réformes vers la démocratie et l’État de droit, et de garantir le respect et la promotion des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Nous adressons tous nos encouragements aux autorités birmanes et saluons le climat de dialogue qui prévaut aujourd’hui dans le pays.

Nous devons toutefois rester attentifs aux prochaines étapes du processus afin de s’assurer que cette période de transition sera menée à son terme avec succès. La formation du gouvernement qui prendra ses fonctions d’ici le 1er avril, doit être un vecteur de réconciliation pour le peuple birman.

La France partage votre analyse sur les avancées observées en matière de droits de l’Homme au cours des derniers mois. Mais, d’importantes violations des droits de l’Homme demeurent et la situation doit être suivie avec attention.

De nombreux défis restent encore à relever pour garantir la protection des droits civils et politiques alors que la transition démocratique est bien avancée, et notamment :

-  pour garantir le plein respect de la liberté d’opinion et d’expression, de la liberté d’association et de réunion,
-  mais aussi pour promouvoir la place des défenseurs des droits de l’Homme,
-  pour renforcer la participation des femmes au processus politique,
-  et davantage encore pour faire valoir les droits des personnes appartenant à des minorités ethniques et religieuses, notamment dans l’Arakan.

Il est par ailleurs essentiel d’engager une réflexion pour aborder les causes profondes des tensions, si l’on veut y apporter une solution durable. Cela suppose d’engager un dialogue inclusif, qui doit aussi aborder la question de la citoyenneté pour les Rohingyas.

La France est par ailleurs préoccupée par le récent regain de tensions entre certains groupes rebelles dans le nord-est du pays, qui a conduit au déplacement de plusieurs milliers de personnes. Il est essentiel de continuer à appeler les parties à poursuivre dans la voie du dialogue, seule à même de restaurer la confiance. A cet égard, la France appelle à la libération sans conditions des prisonniers politiques qui restent détenus.

Madame le Rapporteur,

L’action des Nations Unies auprès de la Birmanie est essentielle. L’établissement d’un Bureau du Haut-Commissariat à Rangoun est essentiel pour accompagner la Birmanie dans la transition.

Madame le Rapporteur spécial,

• Comment pensez-vous que les droits de l’Homme pourront être pleinement intégrés au processus de paix et de réconciliation nationale,

• Comment envisagez-vous la suite de votre mandat dans le contexte de transition démocratique ?

Je vous remercie./.

publié le 14/03/2016

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