Birmanie - La documentation des violations est essentielle

27ème Session spéciale du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies

La situation des musulmans rohingyas et des autres communautés en Birmanie

Intervention de la France

Genève, le mardi 5 décembre 2017

La version prononcée fait foi.

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Journalistes, Salle des droits de l’Homme et de l’alliance des civilisations, Palais des Nations UN Photo / Jean-Marc Ferré

Monsieur le Président,
Monsieur le Haut-Commissaire,
Monsieur le président de la mission d’établissement des faits,
Madame la Rapporteure spéciale,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne et souhaite réaffirmer tout son soutien à votre mandat et à votre travail.

La documentation des violations commises en Birmanie, notamment dans l’Etat de l’Arakan, est essentielle pour prendre la pleine mesure, et en toute indépendance, de la crise que ce pays traverse. C’est pourquoi cette session spéciale du Conseil des droits de l’Homme est un moment important, afin de maintenir la mobilisation internationale et d’encourager les autorités birmanes à coopérer avec les mécanismes internationaux de protection des droits de l’Homme et à autoriser l’accès entier et sans entrave de la mission d’établissement des faits à toutes les zones que celle-ci souhaite visiter.

La crise actuelle trouve ses racines, depuis des dizaines d’années, dans la privation des droits les plus élémentaires des personnes Rohingyas. Aujourd’hui et selon les mots d’Andrew Gilmour lors de la réunion en format Arria du Conseil de sécurité le 13 octobre dernier, nous sommes face à une des situations les plus graves au monde. Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président de la République M. Emmanuel Macron, a qualifié la situation de « nettoyage ethnique ». Quand plus de 624 000 personnes, y compris les plus vulnérables, doivent tout quitter pour fuir les exactions et leur village en feu, cela ne peut laisser la communauté internationale indifférente.

Quatre priorités d’action ont été reprises par le Secrétaire général, comme par Kofi Annan, lors de la réunion en format Arria du 13 octobre :

  • Mettre fin aux violences et assurer la protection des populations civiles sans discrimination.
  • Permettre très rapidement le rétablissement d’un accès sûr et sans entrave des organisations humanitaires, des droits de l’Homme, notamment de la mission d’établissement des faits, et des médias.
  • Assurer un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés.
  • Mettre en œuvre les recommandations du rapport de la Commission consultative sur l’État de l’Arakan présidée par Kofi Annan.

La France salue l’accord intervenu le 23 novembre entre la Birmanie et le Bangladesh. C’est un premier pas, afin de permettre le retour volontaire des réfugiés Rohingyas en Birmanie lorsque les conditions seront réunies, tant en termes de reconstruction, de réconciliation et de respect des droits de l’Homme. La mise en place du comité d’experts pour le suivi de la mise en œuvre complète des recommandations de la commission Kofi Annan, en faveur de laquelle Mme Aung San Suu Kyi s’est également engagée, doit y contribuer.

Je vous remercie./.

publié le 05/12/2017

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