Attaques à Paris - Les déclarations de François Hollande

Hommage national du vendredi 27 novembre

Un hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre sera rendu dans la cour de l’Hôtel national des Invalides le vendredi 27 novembre à 10h30.

Discours du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès, le 16 novembre

"La France fait face à une attaque terroriste sans précédent. Elle doit se défendre dans l’urgence et dans la durée."

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Quelques points saillants du discours du Président de la République prononcé devant le Parlement réuni en Congrès le 16 novembre.


L’état d’urgence

Le Parlement sera saisi dès mercredi d’un projet de loi prolongeant l’état d’urgence pour trois mois.

Réforme de la Constitution

Le recours à l’article 16 et l’article 36 de la Constitution ne sont pas adaptés à notre situation. Cette guerre d’un autre type face à un adversaire nouveau appelle un régime constitutionnel d’état de crise, afin de permettre aux pouvoirs publics d’agir, conformément à l’état de droit, contre le terrorisme de guerre.

Le comité présidé par Edouard BALLADUR en 2007, suggérait de modifier l’article 36 de notre Constitution pour y faire figurer tant l’état de siège que l’état d’urgence. Sa proposition renvoyait à une loi organique le soin de préciser les conditions d’utilisation de ces régimes.

Cette orientation doit être reprise pour disposer d’un outil approprié pour fonder la prise de mesures exceptionnelles pour une certaine durée sans recourir à l’état d’urgence et sans compromettre l’exercice des libertés publiques.

Chantier législatif

Le Gouvernement engagera, sans délai, un important chantier législatif permettant :
- de déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né Français, dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité ;
- d’interdire à un binational de revenir sur notre territoire, s’il représente un risque terroriste, sauf à ce qu’il se soumette à un dispositif de contrôle draconien ;
- d’expulser plus rapidement les étrangers qui représentent une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public et la sécurité de la Nation dans le respect de nos engagements internationaux.
- aux services d’enquête et aux magistrats antiterroristes de pouvoir recourir, dans le cadre de la procédure judiciaire, à tout l’éventail des techniques de renseignement offertes par la loi sur le renseignement ;
- à la procédure pénale de prendre en compte, de la manière la plus étroite possible, la spécificité de la menace terroriste ;
- aux enquêteurs et aux magistrats d’avoir plus largement accès aux moyens d’enquêtes les plus sophistiqués, pour lutter contre les trafics d’armes et d’alourdir les peines associées ;
- d’approfondir l’examen de la question de la légitime défense des policiers et des conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leurs armes.0


Augmentation des moyens des forces de sécurité et des armées

Le président a demandé au Gouvernement d’augmenter les postes indispensables à l’action à conduire :
- 5 000 emplois seront créés d’ici 2 ans dans la police et la gendarmerie qui bénéficieront aux services de lutte contre le terrorisme, à la police aux frontières et à la sécurisation générale du pays. Cela portera le total des créations d’emploi de sécurité à 10 000 durant le quinquennat, soit le niveau de 2007 ;
- le Ministère de la justice disposera de 2 500 postes supplémentaires ;
- 1 000 créations d’emplois bénéficieront à l’administration des douanes ;
- la réduction des effectifs du Ministère de la défense sera interrompue.

Communiqué de l’Elysée, suite au Conseil des Ministres du 14 novembre, 15 heures

Le Président de la République a réuni ce samedi 14 novembre 2015 à 15 heures le conseil des ministres, à la suite des attentats perpétrés dans la soirée du 13 novembre à Paris.

Il a rappelé que l’état d’urgence avait été déclaré cette nuit. La mobilisation des forces de police et de gendarmerie et des militaires se poursuit, avec notamment 3 000 militaires supplémentaires déployés en trois jours.

Les hôpitaux sont pleinement mobilisés pour prendre en charge toutes les victimes des attentats. La cellule d’aide aux victimes des ministères des affaires étrangères, de la justice et de la santé renforce son action d’accueil des familles.

Les 15, 16 et 17 novembre seront journées de deuil national et les drapeaux, d’ores et déjà en berne, le resteront jusqu’au 17 novembre inclus. Un moment de recueillement aura lieu lundi 16 novembre à midi.

Les manifestations accueillant dans les prochains jours un public important, comme le congrès des maires de France seront annulées.

Les établissements sous la tutelle du ministère de la culture resteront fermés ce week-end de même que les commerces donnant lieu à des rassemblements. Les manifestations sportives sont suspendues aujourd’hui et demain.

Lundi les écoles, les collèges, les lycées et les établissements scolaires seront ouverts.

Le Président de la République s’adressera lundi après-midi au Parlement réuni en Congrès.

Déclaration à l’issue du Conseil de défense du 14 novembre

http://dai.ly/x3drrs6

Communiqué de l’Elysée, suite au Conseil des Ministres du 14 novembre à 0 heures

Le Conseil des ministres, convoqué par le Président de la République, s’est réuni le 14 novembre à 00h. Sur le rapport du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur et de la Garde des sceaux, ministre de la justice, un décret déclarant l’Etat d’urgence a été adopté. Il prend effet immédiatement sur l’ensemble du territoire métropolitain et en Corse. Il permet notamment d’interdire la circulation des personnes et d’instituer des zones de protection et de sécurité.

Un second décret a également été adopté pour mettre en œuvre des mesures renforcées dans l’ensemble des communes d’Ile-de-France. Ces dispositions permettent l’assignation à résidence de toute personne dont l’activité est dangereuse, la fermeture provisoire des salles de spectacles et des lieux de réunion, la remise des armes et la possibilité de procéder à des perquisitions administratives.

Par ailleurs, le Président de la République a décidé le rétablissement immédiat des contrôles aux frontières. Les services des douanes sont également mobilisés à cet effet.

Les écoles, lycées et établissements scolaires et universitaires seront fermés ce samedi en Ile-de-France et les voyages scolaires annulés.

Les hôpitaux ont été mobilisés. Le plan blanc a été déclenché.

La cellule d’aide aux victimes des ministères des affaires étrangères, de la justice et de la santé, en lien avec la Préfecture de police, a été activée.

Un conseil de défense a été convoqué ce samedi à 9h. D’ores et déjà 1500 militaires supplémentaires ont été mobilisés.

Le Président de la République restera à Paris et ne participera pas au G20. Il sera représenté par le ministre des affaires étrangères et du développement international et par le ministre des finances et des comptes publics.

Déclaration du 13 novembre

"Mes chers compatriotes, au moment où je m’exprime, des attaques terroristes d’une ampleur sans précédent sont en cours dans l’agglomération parisienne. Il y a plusieurs dizaines de tués, il y a beaucoup de blessés, c’est une horreur. Nous avons sur ma décision mobilisé toutes les forces possibles pour qu’il puisse y avoir la neutralisation des terroristes et la mise en sécurité de tous les quartiers qui peuvent être concernés. J’ai également demandé qu’il y ait des renforts militaires. Ils sont en ce moment sur l’agglomération parisienne, pour être sûr que aucune attaque ne puisse de nouveau avoir lieu. J’ai également convoqué le Conseil des ministres, il va se tenir dans quelques minutes. Deux décisions seront prises. L’état d’urgence sera décrété, ce qui veut dire que certains lieux seront fermés, la circulation pourra être interdite et il y aura également des perquisitions qui pourront être décidées dans toute l’Ile-de-France.

L’état d’urgence, lui, sera proclamé sur l’ensemble du territoire.

La seconde décision que j’ai prise, c’est la fermeture des frontières, nous devons nous assurer que personne ne pourra rentrer pour commettre quelque acte que ce soit. Et en même temps que ceux qui auraient pu commettre les crimes qui sont hélas constatés puisse également être appréhendés, s’ils devaient sortir du territoire.

C’est une terrible épreuve qui, une nouvelle fois, nous assaille, nous savons d’où elle vient, qui sont criminels, qui sont ces terroristes, nous devons dans ces moments si difficiles, et j’ai une pensée pour les victimes, très nombreuses, pour leurs familles, pour les blessés, nous devons faire preuve de compassion et de solidarité. Mais nous devons également faire preuve d’unité et de sang-froid. Face à la terreur, la France doit être forte, elle doit être grande et les autorités de l’Etat fermes, nous le serons. Nous devons aussi appeler chacun à la responsabilité. Ce que les terroristes veulent, c’est nous faire peur, nous saisir d’effroi. Il y a effectivement de quoi avoir peur, il y a l’effroi, mais il y a face à l’effroi une Nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces, et qui une fois encore saura vaincre les terroristes.

Françaises, Français, nous n’avons pas terminé les opérations. Il y en a encore qui sont extrêmement difficiles. C’est en ce moment même que les forces de sécurité font assaut, notamment dans un lieu à Paris. Je vous demande de garder ici toute votre confiance dans ce que nous pouvons faire avec les forces de sécurité pour préserver notre Nation des actes terroristes. Vive la République, Vive la France".

publié le 04/02/2016

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