63ème Comité exécutif du Haut Commissariat pour les Réfugiés

Le Comité exécutif du HCR se réunit à Genève du 1er au 5 octobre 2012. Le comité exécutif est l’organe directeur du HCR qui réunit chaque année les 87 Etats membres de l’organisation ainsi que les Etats observateurs. Il examine les besoins financiers du HCR pour l’année à venir et approuve le budget-programme biannuel. Il adopte également des décisions d’ordre administratif, financier et procédural. Enfin, le Comité exécutif peut adopter des conclusions sur la protection internationale.

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63ème Comité exécutif du Haut Commissariat pour les Réfugiés

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Intervention prononcée par M. Jacques Pellet, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies à Genève

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Genève — Lundi 1er Octobre 2012

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Monsieur le Président,
Monsieur le Haut-commissaire,
Mesdames et Messieurs,

La France s’associe pleinement à la déclaration de l’UE, prononcée par l’ambassadrice de l’Union européenne ce matin.

Nous avons vécu cette année une nouvelle succession de crises humanitaires, d’une très grande ampleur.

Certaines d’entre elles continuent de se dérouler sous nos yeux, provoquant quotidiennement des flux massifs de réfugiés. _ Naturellement, je pense d’abord à la Syrie et à tous les Syriens qui ont du fuir leur pays et aux 2,5 millions de personnes affectées à l’intérieur du pays qui subissent les conséquences tragiques de la politique du régime syrien.

Nous saluons les pays voisins qui, dans des conditions difficiles, restent fidèles à leur engagement au non-refoulement des populations réfugiées.

M. le Haut commissaire, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée pour saluer votre engagement constant en faveur des réfugiés dans le monde, ainsi que votre rôle à la tête de l’agence.
Soyez assuré du soutien de la France dans votre action.

Je souhaiterais également saluer le travail remarquable du personnel du HCR sur le terrain, effectué dans un environnement sécuritaire de plus en plus dégradé.

Je ne reviendrai pas sur toutes les crises qui ont été et restent source de nos préoccupations ; outre la Syrie, je pense tout particulièrement à des crises qui méritent que la communauté internationale soit plus attentive et mobilisée : je pense notamment au Mali, à la République démocratique du Congo et au Soudan du Sud.
Nous savons, M. le Haut-commissaire, que vous consacrez toute votre énergie à mobiliser la communauté internationale sur ces crises.

Ces situations sont de toute évidence différentes, mais appellent à trois constats principaux :

- 1) la garantie d’un accès rapide, libre et sans entraves aux populations vulnérables pour les acteurs humanitaires est essentielle et doit être notre priorité commune ; la France continuera de plaider pour un accès humanitaire dans toutes les situations où celui-ci n’est pas assuré ;

- 2) une coordination étroite de l’ensemble des acteurs humanitaires sur le terrain demeure indispensable.
Aujourd’hui, aucune organisation à vocation humanitaire ne peut prétendre à elle seule pouvoir répondre à tous les besoins issus des situations d’urgence. En revanche, l’ensemble de ces organisations, dont les mandats sont complémentaires, doivent être en mesure de répondre collectivement à tous ces besoins.

- S’agissant des partenariats, la France reconnait la contribution essentielle des ONG à la mise en œuvre des programmes de protection du HCR.
Elle encourage néanmoins l’agence à assurer un suivi étroit des activités déléguées, qui demeurent sous sa responsabilité.

- Nous invitons également le HCR à continuer de développer son rôle de coordination des clusters dont il est chef de file. La complémentarité des besoins nécessite également que le HCR renforce sa coordination avec les autres clusters.

La participation active de l’agence à l’« Agenda transformateur » est également un processus que nous soutenons.

- 3) l’aide d’urgence ne doit pas se réduire à une vision de court terme mais s’inscrire dans une stratégie plus large de reconstruction et de développement.
Cette approche est essentielle en vue d’éviter que certaines crises ne viennent en alimenter d’autres, ou ne reprennent, sitôt la situation stabilisée et les acteurs humanitaires partis.

Dans ce contexte international de plus en plus complexe, où les situations sont très volatiles et les urgences devenues le quotidien, le HCR, comme les autres organisations internationales, doit adapter son action.

C’est tout le sens des réformes que vous avez commencé à entreprendre, M. le Haut-commissaire, et que nous soutenons.

- Il s’agit tout d’abord d’adapter l’organisation aux nouveaux besoins : développer les capacités de déploiement rapide en cas d’urgence, redéployer une partie des ressources financières du Siège sur les capacités opérationnelles, assurer un pilotage stratégique plus important du siège sur les actions de terrain, enfin adopter une plus grande flexibilité concernant les mesures de sécurité.

- Dans un tel contexte, où les situations sont complexes et les besoins croissants, le HCR doit avant tout se concentrer sur le cœur de son mandat : la protection, qui doit demeurer sa priorité.
Un nombre toujours plus grand d’acteurs intervient dans le domaine de la protection, si bien que qu’il peut en résulter une certaine confusion des missions et des mandats opérationnels de ces différents acteurs.
Aussi il pourrait être utile qu’une réflexion soit menée dans le cadre plus large des Nations Unies, sur l’ensemble des enjeux liés à la protection aujourd’hui. Bien évidemment, il appartiendrait au HCR de jouer un rôle central dans cette réflexion.

- Enfin, le contexte économique et financier difficile actuel appelle également à une certaine adaptation. En effet, les donateurs traditionnels ne sont plus en mesure d’accroitre leurs contributions au même rythme que les besoins.
- D’où la nécessité pour le HCR de poursuivre les efforts de mobilisation de nouveaux financements, à travers l’élargissement de la base des donateurs.
M. le Haut-commissaire, c’est le sens de votre initiative concernant les financements privés, que nous soutenons.

Si j’ai beaucoup insisté sur les urgences, je n’en oublie pas moins la nécessité de faire face aux situations durables. Ces situations qui voient des réfugiés vivre en situation de déplacement prolongé, parfois durant des décennies, sont souvent oubliées par la communauté internationale. Pourtant elles nécessitent une attention constante et la recherche de solutions.

Pour relever l’ensemble de ces défis, vous pouvez compter, Monsieur le Haut-commissaire, sur l’engagement de la France à vos côtés.

Je vous remercie.
© HCR/D. Favre - JPEG

publié le 01/10/2012

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