5èmes Assises de la coopération solidaire en Rhône-Alpes

Le programme des 5èmes Assises de la coopération solidaire en Rhône-Alpes est disponible à l’adresse suivante : http://www.rhonealpes.fr/1082-assises-de-la-cooperation-solidaire-27-28-juin-2014.htm
5èmes Assises de la coopération solidaire en Rhône-Alpes
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Intervention de l’Ambassadeur Nicolas Niemtchinow, Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies à Genève et des organisations internationales en Suisse
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(Annemasse, 27 juin 2014)
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Monsieur le Président d’Annemasse-Agglomération et Maire d’Annemasse, cher Christian Dupessey,
Madame la Vice-Présidente du Conseil régional de Rhône-Alpes,
Mesdames, Messieurs,
Cher(e)s ami(e)s de Rhône-Alpes et de Haute-Savoie,
Chers amis du monde entier,

Je suis très heureux et honoré d’ouvrir avec vous ces 5èmes Assises de la coopération solidaire en Rhône-Alpes, ici à Annemasse, au complexe Martin Luther King, à quelques centaines de mètres de la cité de la solidarité internationale.

Je suis d’autant plus heureux d’être parmi vous aujourd’hui que ces Assises sont au cœur des préoccupations et des priorités du gouvernement français, du Ministère des affaires étrangères et du développement international et de la Mission de la France qui les représentent à Genève. La coopération décentralisée, l’appui à l’engagement des collectivités territoriales et de la société civile, en particulier des ONG, pour un développement solidaire et durable font en effet partie des priorités définies par le gouvernement lors de la dernière réunion du Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement – le CICID - en septembre 2013.

Ces priorités s’inscrivent dans le plan d’action pour une « diplomatie démultipliée » que le Ministre des Affaires étrangères et du développement international a présenté en janvier 2013.

Vous le savez sans doute, il s’agit, par des mesures concrètes, de promouvoir l’action extérieure des collectivités territoriales, qui contribuent activement au rayonnement et à l’influence de notre pays à l’étranger.
La « diplomatie des territoires », celle que vous conduisez, celle qu’on nommait par le passé « coopération décentralisée », est un élément clé de l’action extérieure de la France.

Cette diplomatie des territoires est déjà une réalité concrète puisque, à l’échelle nationale, près de 5 000 collectivités françaises de toutes dimensions (les 26 régions françaises, plus de trois quarts des départements, la quasi-totalité des grandes villes et des communautés urbaines, de très nombreuses petites et moyennes communes et un nombre croissant de structures intercommunales), sont engagées dans 145 pays et dans plus de 13 000 projets de coopération. Ces chiffres vous donnent l’importance de cette action.
Dans un monde où plus 50% de la population du globe vit dans des villes, le rôle des collectivités territoriales, votre rôle, déjà important, est amené à se développer encore plus, du fait de votre confrontation quotidienne aux défis que constituent l’accès à l’énergie, l’eau, l’assainissement, la dynamique économique du territoire…. Je voudrais rappeler ici le succès de l’event de solidarité et de mobilisation des collectivités territoriales françaises au service de la reconstruction du Mali à Lyon l’an dernier.

Les projets que vous soutenez, parce qu’ils sont issus de la rencontre entre deux « terrains », sont, par définition, ajustés à la réalité locale et d’autant plus efficaces et innovants qu’ils peuvent bénéficier de votre expérience et de votre expertise reconnues.
Enfin, au-delà des projets concrets que vous mettez en œuvre, la diplomatie des territoires, « votre » diplomatie, diffuse une culture démocratique locale, elle s’appuie sur des valeurs communes, elle répond à des critères de responsabilité et de transparence. A travers ses collectivités, la France dispose d’une expertise précieuse qu’elle veut et doit partager.

Cette priorité donnée par le gouvernement français à la diplomatie des territoires se conjugue avec l’attention particulière qu’il accorde à leur attractivité. Participer à des projets de développement solidaire au travers des coopérations établies avec les pays du sud contribue au rayonnement extérieur des collectivités locales et alimente également leur influence et leur attractivité économique.

M. le Président, cher Christian Dupessey,

Ici, à Annemasse, dans ce territoire du département de Haute-Savoie, partie intégrante de l’agglomération du « Grand Genève », vous avez su, de façon remarquable, développer l’attractivité internationale de votre agglomération en l’inscrivant dans une démarche de coopération avec la société civile pour en faire un carrefour, un lieu de rendez-vous international. La cité de la Solidarité Internationale, toute proche de la salle qui nous accueille aujourd’hui, offre en effet aux ONG actives dans les projets de développement solidaire une plateforme professionnelle et des bureaux « clés en main », à proximité de l’ONU et des organisations internationales genevoises.
Un lien est ainsi créé entre la « Genève internationale » et un territoire français de l’agglomération franco-genevoise, faisant se rencontrer deux de nos priorités nationales : la politique de soutien à la Genève Internationale d’un côté, et de l’autre une promotion des synergies, c’est-à-dire une plus grande participation de nos territoires à l’activité de cette Genève internationale.

Tous les territoires français environnants contribuent en effet au succès de la Genève internationale. Le CERN, situé à cheval sur la frontière franco-suisse, est un brillant exemple de coopération scientifique mondiale, mais c’est aussi un exemple modèle de coopération transfrontalière.
Vous le savez, la Mission Permanente de la France à Genève s’engage au quotidien pour la promotion des territoires de la région Rhône-Alpes et le renforcement des relations avec « l’univers onusien ». Cet engagement fort se traduit par de premiers projets et des réalisations très concrètes, qui sont des projets pionniers :

-  Nous avons signé en février et mai dernier un accord-cadre entre UNITAR et le gouvernement français qui permettra à l’agglomération d’Annemasse d’accueillir sur son territoire, à la Cité de la solidarité internationale, une plate-forme internationale de partenariats publics-privés sur la thématique du développement durable, marquant ainsi la première coopération entre une agence onusienne et une collectivité territoriale française, première consécration dans le droit interne de l’ONU d’une coopération ONU/territoire français,

Ces Assises de la coopération solidaire en Rhône-Alpes, qui se réunissent aujourd’hui à Annemasse (et demain à Lyon) pour leur 5ème édition, vont apporter un éclairage croisé sur des sujets d’intérêt majeur pour le développement de notre planète. Ces échanges entre représentants des collectivités territoriales (nationales et étrangères) et membres de la société civile (ONG, associations, organisations internationales…), cette articulation entre les différents territoires, s’inscrivent pleinement dans la démarche de concertation que le gouvernement français souhaite promouvoir pour la définition et la mise en œuvre de sa politique de développement.

Les différents thèmes des tables-rondes et ateliers figurant au programme des Assises font pour l’essentiel parfaitement écho aux orientations et priorités définies en septembre 2013 par le Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement.

-  Je pense d’abord au rôle majeur que les femmes jouent, au quotidien, dans le développement de leur pays et que le gouvernement français entend défendre et faire reconnaître par l’adoption d’une stratégie "genre et développement" pour la période 2013-2017.

-  Je pense à l’agriculture familiale, priorité réaffirmée de la politique française d’aide au développement, que l’ONU a également inscrite au centre des priorités de développement et de coopération solidaires en faisant de 2014 l’année internationale de l’agriculture familiale.
Nos modèles agricoles occidentaux, fortement industrialisés, ne doivent pas, en effet, occulter le fait que l’agriculture familiale produit plus de 70% de la production alimentaire et gère de ce fait une proportion considérable des ressources naturelles.
A ce titre, le soutien à une agriculture familiale productrice de richesse et d’emplois dans le respect des écosystèmes peut donc se révéler un levier essentiel dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Je voudrais pour conclure souligner l’intérêt que revêt chacune des nombreuses et diverses thématiques abordées lors de ces Assises par tous les acteurs du développement : Etats, collectivités territoriales, société civile… La richesse et la variété des profils des différents participants aux travaux de ces deux jours le démontrent.
Ces convergences doivent ouvrir la voie à des coopérations établies, « quotidiennes », avec les organisations internationales qui travaillent à Genève sur ces questions.

Je souhaite donc un plein succès à ces 5èmes assises de la coopération solidaire en Rhône-Alpes.

publié le 15/02/2016

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