4ème Forum international sur "Les Objectifs du Millénaire pour le Développement : les défis majeurs à relever avant 2015"

4ème Forum international sur "les Objectifs du Millénaire pour le Développement : les défis majeurs à relever avant 2015"

Eléments d’intervention du Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève

(Genève, 20 janvier 2010 – Palais des Nations)

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- A moins de cinq ans avant la date fixée pour la réalisation des OMD, les résultats apparaissent inégaux. Des progrès ont été accomplis, en particulier dans les domaines de l’accès à l’eau potable, de l’espérance de vie, de la diminution de la mortalité infantile, de la scolarisation primaire. Cependant de forte disparités persistent, à la fois à l’intérieur des pays, mais aussi entre pays et régions. L’Afrique sub-saharienne, qui souffre d’une croissance insuffisante, enregistre du retard sur la plupart des indicateurs.

- Relativement épargnés par les premiers développements de la crise financière, du fait de leur faible intégration dans les marchés internationaux de capitaux, les pays les plus pauvres subissent les retombées de la récession qui frappe les pays industrialisés depuis un an. La crise aurait déjà fait augmenter de 100 Millions le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté.

- Dans ce contexte, la France renouvelle son engagement en faveur des PED, et plus spécialement des PMA, sur les OMD. Elle a ajusté sa politique d’aide au développement pour y incorporer l’accomplissement des OMD. Ainsi, la France défend les efforts du PNUD en faveur des cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) et de leur appropriation par tous les acteurs concernés.

- Je souhaiterais rappeler bien sûr que l’action de la France s’inscrit dans le cadre des efforts de l’Union européenne en faveur du développement. Premier bailleur mondial, l’UE apporte 60% de l’aide publique au développement. La France est l’un des plus gros contributeurs aux instruments européens de développement, en particulier le FED pour les pays ACP (cf. Accords de Cotonou). Comme vous le savez, l’UE s’est engagée à porter son APD à 0,7% du RNB en 2015. Elle s’est aussi engagée à fournir plus de 50% de cette aide à l’Afrique et à donner la priorité aux PMA. Comme le rappelle le « consensus européen pour le développement », qui constitue le document de référence de la politique de développement, la réalisation des OMD est l’objectif central de cette politique qui vise à l’éradication de la pauvreté dans le contexte du développement durable.

- Malgré un contexte budgétaire fortement dégradé, la France maintient son effort d’aide en faveur des PED. En 2009, elle a consacré 8,46 Milliards d’euros à l’APD, ce qui représente une augmentation de 11% par rapport à 2008. Le ratio APD/RNB pourrait atteindre 0,48 pour cent en 2010, avec comme objectif 0,7 % d’ici 2015, conformément aux engagements pris.

- L’atteinte des OMD nécessite une approche globale du développement, équilibrée entre besoins sociaux et économiques. Aussi, la France promeut-elle une vision large du développement, alliant gouvernance démocratique, croissance et développement des capacités productives, lutte contre la pauvreté et gestion durable de l’environnement. Elle continuera à agir sur ces différents piliers du développement.

- En 2009, la France s’est fixée cinq priorités sectorielles en matière d’aide au développement : la santé ; l’éducation et la formation professionnelle ; l’agriculture et la sécurité alimentaire ; le développement durable et le climat ; le soutien à la croissance et au secteur privé. Sur un plan géographique, priorité sera donnée à l’Afrique qui recevra 60% de l’aide française.

- Dans le secteur de la santé, l’aide française s’est renforcée : elle est passée de 4% de notre APD en 2004 à 12% en 2008, avec deux évolutions notables : le renforcement de l’aide multilatérale (70% de nos engagements) ; un effort particulier sur le plan de la lutte contre le VIH/Sida. La France soutient le projet de résolution de l’OMS sur la réalisation des OMD santé.

- En trois ans, les financements innovants ont permis de recueillir plus de deux Milliards et demi de dollars de financements supplémentaires, essentiellement orientés vers le secteur de la santé. Les défis liés à l’atteinte des ODM justifient de mettre en place unchangement d’échelle » dans le recours aux financement innovants, dont la valeur ajoutée est aujourd’hui reconnue. Ces financements ont la particularité d’être stables et prévisibles, complémentaires de l’APD traditionnelle et contribuent à la redistribution des richesses générées par la mondialisation.

- La France promeut depuis plusieurs années la mise en place de ces financements innovants, sur le plan interne, comme sur le plan international : - possibilité offerte aux collectivités locales françaises de contribuer à l’objectif « accès à l’eau et à l’assainissement » par une contribution sur les dépenses d’eau des ménages français.
- dans son paquet énergie-climat, la France prévoie qu’une partie des revenus issus de la mise aux enchères des quotas de CO2 ira à des actions pour le climat dans les pays les plus pauvres.
- Lancé par la France en 2003, le projet de taxe sur les billets d’avion a pris corps avec la création en 2006 d’UNITAID, facilité internationale d’achats de médicaments, soutenue aujourd’hui par 28 pays, dont 18 pays africains. En 2008, la contribution de solidarité sur les billets d’avion représentait 251 Millions de dollars, soit 72% du financement d’UNITAID (somme complétée par les contributions de plusieurs pays membres).

- L’opportunité de la mise en place d’une contribution volontaire sur les transactions financières internationales est également posée. Un groupe de travail [La taskforce de Paris sur les transactions financières internationales], constitué en septembre 2009 à l’initiative de la France, étudie la faisabilité technique et juridique d’une telle taxe et sa contribution potentielle en matière de financement du développement. Il devrait remettre son rapport en avril 2010.

- Les financements innovants sont également considérés par la France comme l’une des solutions possibles pour répondre au défi du financement des actions d’adaptation ou d’atténuation mis en oeuvre par les pays du Sud face au changement climatique. A moyen terme, l’Accord de Copenhague a clairement fléché leur rôle pour atteindre l’objectif global de 100 Mds de dollars par an jusqu’en 2020 destinés aux PED.

- Une autre priorité de l’aide française est l’agriculture et la sécurité alimentaire. Dans le cadre de la déclaration du G8 de l’Aquila sur la sécurité alimentaire, la France s’est engagée à mobiliser plus d’1,5 Milliard de dollars sur la période 2009-2011, dont deux tiers au titre d’engagements de l’Agence française de développement, dans les domaines de l’agriculture et du développement rural. La France a participé, via l’AFD, au lancement du Fonds pour l’agriculture en Afrique (FAA), orienté vers les prises de participation dans le secteur privé en Afrique (prioritairement vers les PME). Enfin, elle a apporté une contribution d’1,4 Mds de dollars au Fonds pour le développement de l’agriculture en Afrique, composante agricole du NEPAD, destiné à fournir un appui institutionnel aux politiques agricoles africaines.

- Je voudrais conclure en mettant l’accent sur l’importance de continuer à sensibiliser les opinions publiques sur les défis représentés par les OMD. La France mène une campagne de communication destinée au grand public et aux jeunes intitulée « huit fois oui » pour que ces huit objectifs soient connus, expliqués et relayés, et que tout un chacun puisse juger de leur état d’avancement. Dix après la Déclaration du Millénaire, le Sommet sur les OMD organisé en septembre 2010 à l’occasion de la 65e AGNU, permettra de dresser un bilan du chemin parcouru et des efforts à consentir d’ici 2015.

publié le 15/02/2016

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