48ème Comité permanent du HCR : Intervention de la France

HAUT-COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX REFUGIES

me session du Comité permanent : Point 3 - Protection internationale}

Intervention de la France

(Genève, 22 juin 2010)

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Monsieur le Président,

Madame la Haut Commissaire,

Mesdames, Messieurs,

La délégation française tient à s’associer aux remerciements adressés par les orateurs précédents à Mme Erika Feller pour sa note exhaustive sur la protection internationale.

Alors que nous fêtons cette année le 60ème anniversaire du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies, je souhaite réitérer le soutien de la France à l’institution et à l’ensemble de son personnel dans l’accomplissement de leur mandat.

Permettez-moi, dans un premier temps, de rappeler la préoccupation de ma délégation à l’égard durétrécissement de l’espace humanitaire et de l’espace de protection, qui représente un défi croissant pour l’ensemble des acteurs humanitaires. Outre cette détérioration générale des conditions d’intervention, le HCR doit faire face à des situations de plus en plus complexes, marquées notamment par une urbanisation accrue des populations relevant de sa compétence et les exigences spécifiques de la gestion des flux migratoires mixtes.

Dans ce contexte très volatile, nous saluons et encourageons la mise en œuvre de partenariats entre le HCR, les autres agences des Nations Unies, le Mouvement de la Croix Rouge et du Croissant Rouge et les ONG. Une coordination et une complémentarité renforcées permettent de répondre à une double exigence de cohérence et d’efficacité de l’aide d’une part, de meilleure sécurité du personnel humanitaire d’autre part.

S’agissant de la sécurité du personnel humanitaire comme de celle des populations réfugiées ou déplacées, nous encourageons le HCR à continuer à travailler de concert avec le Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. A cet égard, la France souhaite appeler l’attention sur l’importance du renforcement de la mise en œuvre des mandats de protection des civils dans les opérations de maintien de la paix. Permettez-moi d’évoquer brièvement deux situations particulières : le Tchad et la RépubliqueDémocratiquedu Congo.

En ce qui concerne le Tchad, la France se réjouit que la résolution 1923 adoptée le 25 mai 2010 par le Conseil de Sécurité, qui prolonge la présence de la MINURCATjusqu’au 31 décembre prochain, continue à placerla protection des réfugiés et des déplacés au cœur des priorités, en particulier à travers la consolidation et la pérennisation du Détachement intégré de sécurité tchadien, dont la MINURCAT assure le soutien.

S’agissant de la République Démocratique du Congo, la France a également milité, au sein du Conseil, pour que la protection des civils demeure au premier rang des priorités du mandat de la mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO), qui succédera à la MONUC à partir du 1er juillet 2010 en vertu de la résolution 1925 du 30 mai dernier, adoptée à l’unanimité.

De manière générale, la France soutient une mobilisation plus ferme du Conseil de sécurité dans les cas d’atteintes graves à la sécurité des personnels humanitaires, en adoptant notamment des mesures ciblées à l’encontre des responsables. Elle souhaite également une vigilance renforcée concernant les attaques à l’encontre des structures éducatives et la scolarisation des enfants dans les contextes de crise. Nous encourageons de la même manière le HCR à continuer à porter une attention particulière au domaine de l’éducation dans le cadre de la mise en œuvre de son mandat.

Nous avons également conscience de l’enjeu croissant des défis de protection dans les environnements urbains. Nous tenons ainsi à encourager la mise en œuvre de partenariats au niveau local, tels qu’ils ont été promus dans le cadre du dialogue du Haut Commissaire en décembre 2009.

Enfin, la France considère que la Protection internationale des populations réfugiées et déplacées doit donner lieu à des échanges renouvelés dans l’enceinte des Nations Unies, à la hauteur des défis qui s’imposent à nous tous, et elle salue dans ce contexte la contribution du HCR.

Je vous remercie.

publié le 15/12/2010

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