3ème conférence internationale sur le financement du développement - Addis Abeba

Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la Francophonie, participe à la 3ème conférence internationale sur le financement du développement, après celles de Monterrey (Mexique) en 2002 et Doha (Qatar) en 2008. Il s’agit du premier des trois rendez-vous internationaux majeurs de cette année, avant le sommet sur les objectifs du développement durable de septembre à New York et la conférence Paris Climat 2015 de décembre.

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En Éthiopie, la France réaffirme sa solidarité à l’égard des pays en développement, en particulier les plus fragiles et vulnérables, et ses engagements internationaux en matière d’appui au développement. Elle souligne la nécessaire mobilisation de tous les acteurs et de tous les flux, publics comme privés, des Etats comme des collectivités locales, pour le financement du développement durable. La France y réaffirme également le lien entre lutte contre la pauvreté et lutte le dérèglement climatique.

Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la francophonie, conduit la délégation française, qui est à l’image de la coalition d’acteurs à mobiliser pour relever le défi du développement durable, avec des élus, des représentants d’ONG et des chefs d’entreprises.

Pourquoi la conférence d’Addis-Abeba ?

La 3ème conférence sur le financement du développement (13-16 juillet) à Addis-Abeba est la première étape d’un processus de refondation du développement durable pour les années à venir, qui conduira la communauté internationale à adopter 17 Objectifs de développement durable (ODD) lors du Sommet de New-York en septembre, et qui s’achèvera à la Conférence Paris Climat 2015, en décembre. La conférence d’Addis-Abeba est un moment clef de ce processus, dont l’enjeu central est de réconcilier l’économie mondialisée et les trajectoires de développement avec les limites de la planète et le dérèglement climatique.

Cette conférence, dont l’objectif est de s’accorder sur les financements et les moyens de mise en œuvre de l’agenda de développement post-2015, est l’occasion d’énoncer les bases d’une nouvelle façon de concevoir le développement. La France entend y réaffirmer le rôle crucial de l’aide publique au développement (APD) pour les pays les plus vulnérables (Pays les moins avancés, États fragiles, etc.). La conférence d’Addis-Abeba détermine aussi comment réorienter l’épargne mondiale vers les besoins du développement durable et du climat. Ce faisant, la communauté internationale doit définir une nouvelle palette de mécanismes financiers et des politiques qui permettront de mettre en œuvre les Objectifs de développement durable.
Un document stratégique sera adopté à la fin de la Conférence. Il énoncera les outils, les politiques publiques et les partenariats nécessaires. Il permettra de reconnaitre et d’impliquer davantage tous les acteurs qui participent au développement durable. Enfin, la conférence sera l’occasion d’aborder la question du financement de la lutte contre le dérèglement du climat, indissociable du financement du développement durable.

Passer de l’aide publique au développement au financement du développement

Dans un monde en mutation accélérée, où les défis sont globaux et les enjeux interconnectés, l’aide publique au développement, traduction de la solidarité des États et pivot de l’action publique en matière de développement, est insuffisante pour répondre à l’échelle des besoins en matière de santé, d’éducation, d’adaptation au changement climatique.

Même si elle demeure incontournable, en particulier en direction des pays les plus fragiles et vulnérables, l’APD doit avoir un rôle de catalyseur des financements, qu’ils soient publics ou privés, en direction de secteurs où les investisseurs traditionnels ne se dirigent pas spontanément (secteurs sociaux notamment). Elle doit permettre la nécessaire mobilisation de tous les acteurs pour le financement du développement.
La France est aux avant-postes de cette transformation. Avec près de 8 milliards d’euros d’aide en 2014, elle reste le 4ème donateur mondial et assume ses responsabilités sur le climat, au Sahel, en RCA ou face à Ebola.

Qu’est-ce que l’aide publique au développement ?

L’aide publique au développement (APD) désigne les dépenses publiques au bénéfice des pays en développement dont le but essentiel est de favoriser le développement économique et l’amélioration des conditions de vie dans les pays concernés. Ces dépenses prennent la forme de dons ou de prêts subventionnés, c’est-à-dire à des conditions plus avantageuses que le marché.

La politique de développement de la France s’inscrit dans un nouveau cadre, qui associe lutte contre la pauvreté et développement durable dans ses trois composantes : économique, sociale et environnementale. Cette politique vise à participer à l’effort international de lutte contre la pauvreté extrême et à réduire les inégalités, en favorisant un développement économique équitable et riche en emplois, en préservant les biens publics mondiaux, en luttant contre le changement climatique et en promouvant la paix, la stabilité et les droits de l’homme. Elle promeut l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle concourt au rayonnement culturel, diplomatique et économique de la France et accorde une attention particulière à la francophonie.

L’APD peut emprunter plusieurs canaux : bilatéral (aide directe d’un pays vers un autre), européen (mis en œuvre dans le cadre de l’Union européenne) et multilatéral (mis en œuvre par les organisations et programmes internationaux).

Le montant de l’APD française est de 7.9 milliards d’euros en 2014 (d’après les chiffres d’APD préliminaires du Comité d’aide au développement de l’OCDE), faisant de la France le 4e contributeur mondial en 2014 (derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne et devant le Japon).

Favoriser l’innovation

Avec la taxe sur les transactions financières et la taxe sur les billets d’avion, la France est en pointe en matière de financements innovants. Elle est également très attentive aux nouvelles formes de financements alternatifs, le don par SMS ou l’arrondi solidaire par exemple.

Les entreprises, notamment celles de l’économie sociale et solidaire, mais également celles qui innovent au service d’un impact sociétal accru, sont des acteurs incontournables de la politique de développement. Il est légitime que l’aide accompagne, sous certaines conditions, ces acteurs économiques responsables qui se lancent dans l’élaboration de nouveaux modèles innovants, conciliant profit, impact sociétal et éthique. Ces modèles, souvent co-construits avec des acteurs de la société civile ou du monde de la recherche, incarnent ce nouveau partenariat à l’œuvre pour un monde plus durable.

Qu’est-ce que le financement du développement durable ?

Afin de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures, la communauté internationale doit mobiliser des ressources pour financer un ensemble plus vaste d’objectifs de développement durable à l’échelle mondiale.

La France promeut une vision prenant en compte l’ensemble des flux concourant au développement - qu’ils soient publics ou privés, domestiques ou internationaux - des pays du Sud afin de favoriser leur complémentarité et d’augmenter leur impact sur le développement local dans un perspective durable. L’Aide publique au développement ne représente ainsi qu’une partie des apports destinés au développement : en 2013, elle représentait un peu moins d’un tiers de l’ensemble des flux publics et privés provenant des 29 pays membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE.

L’agenda de développement post-2015 témoigne de l’entrée dans une nouvelle ère du modèle du financement du développement. Les coopérations Sud-Sud se multiplient, les fondations, l’entreprenariat social et les envois de fonds de la diaspora offrent de nouvelles possibilités et recèlent un grand potentiel de mobilisation des ressources. Le développement durable ne suppose plus seulement que le « Nord » apporte son aide au « Sud » mais que Nord et Sud se mobilisent ensemble pour une planète durable.

L’Agence Française de Développement, une boite à outils innovante

L’Agence Française de Développement (AFD), institution financière publique qui met en œuvre la politique définie par le gouvernement français, agit pour combattre la pauvreté et favoriser le développement durable. En 2014, l’AFD a consacré 8,1 milliards d’euros au financement de projets dans les pays en développement et en faveur des Outre-mer.

Entre 2002 (Monterrey) et 2015, les financements de l’AFD dans les Etats étrangers sont passés de 1 Md€ dont 0,7 Md€ pour l’Afrique à 6,6 Mds€ dont 3,5 Mds€ pour l’Afrique.

L’AFD promeut le soutien direct des acteurs locaux du développement (banques, municipalités, entreprises) et l’élaboration d’outils de financement catalysant plusieurs types de ressources pour créer des effets de levier sur l’investissement et sur l’investissement « vert » en particulier : mixage prêts / dons, prêts bonifiés pour financer des énergies renouvelables et efficacité énergétique, co-bénéfices climat, soutien au système financier domestique, appui au secteur privé « responsable », mobilisation des ressources locales.

Plus de la moitié de ses financements pour le développement génèrent des co-bénéfices pour le climat.

publié le 17/02/2016

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